La silphie, une plante résistante à la sécheresse se veut comme une alternative au maïs pour les agriculteurs de l’Isère

Publié le Mis à jour le
Écrit par J.M avec Chloé Nivard

Valentin, agriculteur dans le nord de l’Isère, cultive depuis presque deux ans maintenant, la silphie. Cette plante qui pourrait bientôt remplacer le maïs trop gourmand en eau et en pesticides. La silphie apparait aussi comme la plante idéale pour faire face à la sécheresse.

C’est un champ comme il est rare d’en voir en ce mois de juillet 2022. Un champ où les plantes atteignent les 3 mètres à certains endroits, où les plantes sont fleuries et colorées : « Cette parcelle, je l’ai ensemencée en mai 2021, c’est la première année de production, et malgré la sécheresse elle se développe très rapidement et elle reste verte, » affirme Valentin, agriculteur à Sainte-Anne-sur-Gervonde, dans le nord de l'Isère.

Cette plante, c’est la silphie, elle suscite la curiosité, mais surtout l’espoir chez les agriculteurs touchés de plein fouet cette année par la sécheresse.

Une plante résistante

Valentin Joly, agriculteur dans le nord de l’Isère, a décidé d’exploiter cette plante comme une alternative au maïs, car elle possède de nombreuses qualités : « Les avantages de cette plante comparée à un maïs, elle ne demande qu’une seule plantation, elle ne demande aucun entretien au niveau des produits phytosanitaires, elle est très peu gourmande en eau et résiste mieux que le maïs aux périodes de sécheresse et de canicule.»

Et paradoxalement, la silphie peut également tenir deux mois et demi les pieds dans l’eau et résiste aux températures extrêmes, "jusqu’à -20 degrés", précise l’agriculteur.

Aujourd'hui Valentin récolte sa silphie pour alimenter les 60 vaches de son troupeau.

Chère mais rentable ?

Si les champs de maïs ne sont pas tous remplacés par la silphie aujourd’hui c’est parce qu’elle est peu connue mais aussi parce qu'elle a un coût, entre 1500 euros et 1800 euros pour un hectare. Valentin, s’est d’ailleurs associé avec deux autres agriculteurs du département. Au total, à eux trois ils possèdent 5,7 hectares de champs de silphie.

Un investissement sur le long terme car une fois qu’elle est implantée, la culture ne se ressème pas : "C’est une plante que l’on appelle pérenne, elle se sème qu’une fois, elle part en dormance l’hiver et au printemps elle reprend sa reprise végétative et repart en floraison chaque année."

Avant de conclure : "Par rapport au prix d’achat, c’est un investissement conséquent au départ, mais ramené sur une quinzaine d’années, ça équivaut à une semence de maïs basique, explique l'agriculteur, mais avec aucun entretien phytosanitaire avec un tout petit peu d’entretien d’engrais minérale ou organique, mais pour une alimentation de troupeau, on peut largement s’y retrouver sur une dizaine d’années."

Malgré son coût élevé, avec le réchauffement climatique, cette plante a tous les atouts pour devenir une culture d’avenir.

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