Mort de la petite Hafsa à Grenoble : 12 et 20 ans de prison ferme requis contre les parents de la fillette

Le procès des parents d'Hafsa, accusés de mauvais traitements sur leur bébé, se tient aux assises de l'Isère. / © Yves-Marie Glo / France 3 Alpes
Le procès des parents d'Hafsa, accusés de mauvais traitements sur leur bébé, se tient aux assises de l'Isère. / © Yves-Marie Glo / France 3 Alpes

L'avocate générale a requis 12 et 20 ans de réclusion criminelle contre les parents de la petite Hafsa, accusés d'avoir infligé de mauvais traitements à leur fille, causant sa mort. Le verdict devrait être connu ce jeudi.

Par MD avec Jean-Christophe Solari et AFP

Lors du septième et dernier jour du procès des parents de la petite Hafsa, décédée à Grenoble à l'âge de quinze mois, l'avocate générale a requis 20 ans de prison ferme contre son père Sami Bernoui, 26 ans, et 12 ans contre sa mère Noémie Villard, 22 ans, pour violences volontaires sur enfant de moins de 15 ans par ascendant.

"Vous l'aimez votre enfant, ce n'est pas contesté. Mais votre enfant est devenu un objet entre vos mains", a soutenu Gisèle Auguste dans un réquisitoire d'une heure et demie. La magistrate a considéré que la privation de soins était constituée pour les deux parents, ainsi que les faits de violences "à des degrés divers" contre la petite Hafsa Bernoui.

Fustigeant "l'immaturité totale, l'irresponsabilité globale et complète" des deux accusés, elle a vu chez eux "une sorte de fuite en avant". "L'image que vous donnez (face aux services sociaux notamment, ndlr) n'est pas conforme à votre vie. Rien est normal dans votre façon de vivre", a-t-elle asséné à ce couple de confession salafiste, qui s'était coupé du monde.

 

"Mauvais choix"


Selon les experts entendus vendredi, Hafsa Bernoui est morte d'une péritonite et d'un syndrome du bébé secoué. Mardi après-midi, son père a admis sa responsabilité dans tous ces faits, parce qu'il avait "de la colère", non pas contre sa fille mais "de manière générale""Je me souviens l'avoir secouée, mais pas dans l'intention de lui faire du mal", a-t-il confessé. L'avocate générale a également requis le retrait de l'autorité parentale sur le deuxième enfant du couple, âgé de quatre mois à la mort d'Hafsa.
 

La mort du bébé en 2017 est survenue neuf mois après que Sami Bernoui et Noémie Villard ont récupéré la garde. La fillette avait été placée suite à des suspicions de mauvais traitements avant d'être confiée à nouveau à ses parents suite à un non-lieu, la justice ayant considéré les faits de violences "insuffisamment caractérisés".

La représentante du ministère public a d'ailleurs reconnu que la justice aurait pu mieux agir : le signalement au procureur de Grenoble en janvier 2016 aurait dû être suivi par l'ouverture d'une information judiciaire, "préférable au classement sans suite" décidé alors que huit fractures costales avaient été décelées par le CHU de Grenoble quand la petite fille avait été hospitalisée à l'âge de deux mois. "C'était un mauvais choix, on peut le dire aujourd'hui. Il a manqué un regard croisé", a-t-elle admis.

Le couple, qui comparaît depuis plus d'une semaine devant les assises de l'Isère, est accusé de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, privation d'aliments ou de soins, violences volontaires et habituelles sur leur fille. Si la mère n'est pas condamnée pour violences volontaires, l'avocate générale a requis la peine maximale pour défaut de soins, 7 ans de réclusion criminelle. Les jurés se sont retirés pour délibérer et devraient rendre leur verdict jeudi 14 novembre. Les accusés encourent 30 ans de réclusion criminelle.

 

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