Nouvelle souche du coronavirus : "On n'a pas de données prouvant qu'elle serait plus dangereuse", selon un infectiologue

Infectiologue au CHU Grenoble-Alpes, le Pr Olivier Épaulard affirme qu'aucune donnée ne prouve que la nouvelle souche du coronavirus apparue en Angleterre "serait plus dangereuse". Et cette mutation n'altérerait pas l'effet du vaccin.

Une modélisation 3D de la protéine Spike du SARS-CoV-2, virus responsable de la maladie Covid-19, délivrée par l'Institut national de la santé (NIH). © HANDOUT / NATIONAL INSTITUTES OF HEALTH / AFP

L'inquiétude monte après la découverte d'une nouvelle souche du coronavirus au Royaume-Uni. Plus contagieuse, elle a entraîné un troisième confinement pour Londres et certaines parties du sud-est de l'Angleterre, mais aussi la suspension des arrivées de toutes les personnes en provenance du pays vers la France.

"Je comprends qu'on soit prudents, je comprends qu'on se pose des questions sur le fait qu'elle pourrait être plus contagieuse. Mais on n'a pas de données prouvant qu'elle serait plus dangereuse", a tempéré le professeur Olivier Épaulard, infectiologue au CHU Grenoble-Alpes, qui était l'invité du 19/20 de France 3 Alpes lundi 21 décembre.

Et de rappeler que le SARS-CoV-2 - le virus responsable de la maladie Covid-19 - "a été surveillé dans le monde entier dès qu'il est apparu pour savoir à quelle vitesse il mutait." Il a connu des mutations "relativement rares" et cette nouvelle souche n'inspire "pas de réel motif d'inquiétude", selon l'infectiologue grenoblois.

Nouvelle souche du coronavirus : "On n'a pas de données prouvant qu'elle serait plus dangereuse"

 

Les effets du vaccin inchangés

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, la transmission cette nouvelle variante est 40% à 70% plus importante. Les scientifiques qui conseillent le gouvernement britannique observent quant à eux une plus forte transmission chez les enfants par rapport aux autres souches et travaillent sur cette hypothèse pour expliquer sa forte propagation. La mutation ne rendrait pas le vaccin inopérant pour autant.

"Avec ces vaccins, on essaye de stimuler la production d'anticorps contre une protéine du virus (...) parce que si on a des anticorps, on est protégés. Même s'il y a quelques mutations dans cette protéine, cela ne va pas empêcher les anticorps de se fixer dessus", détaille le Pr Épaulard.

Les liaisons entre la France et le Royaume-Uni ont été suspendues dimanche pour 48 heures. Selon les informations de franceinfo, la France va instaurer l'obligation d'un test pour ses ressortissants qui veulent revenir. En revanche, les frontières vont rester fermées notamment aux citoyens britanniques.

 

Hospitalisations stables en Isère

Le Pr Epaulard n'imagine pas, pour sa part, "un isolement très durable de l'Angleterre". "On va avoir des données, probablement rassurantes, qui vont faire qu'on ne va pas avoir besoin de confiner l'Angleterre au sein de l'Europe", juge-t-il alors que la seconde vague de Covid-19 peine à être maîtrisée en France. En Isère, le taux d'incidence du virus repart même à la hausse.

Si les hospitalisations étaient "sur une descente" au CHU de Grenoble après la mise en place du couvre-feu et du confinement, elles ne diminuent plus à ce jour. "Elles ne baissent plus, confirme l'infectiologue, et pour ne pas refaire un confinement, on sera très contents d'avoir les vaccins."

 

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