Isère : face aux risques d'éboulement, 3 millions d'euros investis pour la route des gorges du Bréda

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Écrit par Margot Desmas avec Damien Borrelly

Pour limiter les effets des éboulements et glissements de terrain, le Département de l'Isère multiplie les travaux de consolidation de ses routes de montagne. Dans les gorges du Bréda, 3 millions d'euros ont été investis pour prévenir les risques naturels.

Sur la route départementale RD525, plus aucune trace des 100 mètres cube de boue et de rochers qui ont dégringolé sur la chaussée mercredi 29 décembre. La route des gorges du Bréda, en Isère, avait été fermée préventivement à la suite d'une alerte météo. Un intense épisode pluvieux a touché l'Isère, provoquant deux coulées de boue sur cette route et de lourds dégâts à la gare du funiculaire de Saint-Hilaire-du-Touvet.

Les deux falaises de calcaire et d'argile qui surplombent la route des gorges du Bréda ont subi de fortes infiltrations liées aux récentes précipitations. "On a un espèce de feuilletage au sein duquel il y a des venues d'eau et lorsque le substratum s'altère, cela déclenche des glissements. Cela peut venir d'un gel-dégel ou d'une pluviométrie importante", explique Gabriella Chacon, géologue experte en risques naturels au Département de l'Isère.

Travaux de consolidation

Pour consolider la route, un mur de soutènement de plus d'un kilomètre a été construit en bordure de rivière, la canalisation d'assainissement a été déplacée et le pont d'accès aux gorges élargi. "Pendant trois ans, il y a eu des fermetures ponctuelles pour permettre ces travaux de près de 3 millions d'euros pour consolider la route, intégrer dans le revêtement cette fameuse canalisation et intégrer une piste cyclable dans le sens de la montée", détaille Martine Kohly, conseillère départementale du Haut Grésivaudan.

Grâce à un partenariat avec Météo France et les services géologiques, le Département peut à tout moment neutraliser la route et prévenir ainsi les risques d'accident. "On l'a fait deux fois au mois de décembre et à chaque fois, il y a eu des glissements de terrain. De ce point de vue, la route devient intelligente. On ne lutte plus contre les risques naturels mais on s'en prémunit", résume Jean-Pierre Barbier, président (LR) du Conseil départemental de l'Isère.

Avec les risques liés au réchauffement climatique, les gorges du Bréda qui relient l'Isère et la Savoie vont continuer de faire l'objet d'une surveillance particulière. La route départementale supporte un trafic moyen de 2 700 véhicules par jour avec des pointes saisonnières en hiver. Le plus grand glissement de terrain connu s’est produit en 1999. Il a emporté 1 000 mètres cube de matériaux.