Les salariés d'Ecopla à la recherche de leur patron : l'insaisissable Jerry Ren

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A St-Vincent-de-Mercuze en Isère, les 77 salariés d'Ecopla s'alarment. Ils produisent 10 fois moins de barquettes alu qu'avant. Les salaires de janvier seront payés in extremis. Et du chômage technique sera imposé en février. Pas de dialogue possible avec Jerry Ren.

Depuis 1960 dans le Grésivaudan, Ecopla (ex-Alurec) transforme de l'aluminium en barquettes pour l'agroalimentaire. Parmi ses clients : Brossard, Pasquier, La Fournée Dorée. C'est l'une, sinon la dernière entreprise française, détenant ce savoir-faire. 

Anciennement Péchiney, Ecopla a d'abord été vendue en 1996 à un groupe anglais, Ekco Packaging. Racheté en 2001 par son concurrent NFP, puis cédée en 2006 au fonds de pension américain Audax. Revendue 2 ans plus tard aux banques anglaises créancières, et enfin en 2012 à un businessman sino-américain, Jerry Ren, lui-même propriétaire d'entreprises anglaises à travers la Bawtry Investment Ltd.

En 2014, la fortune personnelle de Jerry Ren est estimée à 900 millions de dollars par le média australien ABC, qui le présente alors comme l'homme le plus riche des Territoires du Nord. Pourtant, 3 des ses compagnies, Australian Ilmenite Resources, Australian Oil and Gas, et Sherwin Iron, semblent en sérieuse difficulté.

Depuis 2 ans, c'est à dire peu après l'arrivée de Jerry Ren, ce sont les salariés isérois d'Ecopla qui s'inquiètent de problèmes financiers dans leur entreprise.  Selon le syndicat CGT, elles seraient liées "aux ponctions de trésorerie effectuées (...) par les autres sociétés du groupe". "Le groupe (...) se contente de maintenir les comptes à flot, afin d'éviter la mise en redressement judiciaire ou la liquidation". 

Reportage Cédric Picaud et Franck Céroni
durée de la vidéo: 01 min 41
Ecopla

Les chiffres fournis par la CGT témoignent en effet d'une chute du chiffre d'affaires. 22,5 millions d'euros en 2012 contre 12,9 millions en 2015. Fin 2015, les salariés apprennent la fermeture d'un société-soeur en Belgique. Mais aussi la perte sur l'exercice 2014/2015 : moins 3,6 millions d'euros. 

Un collectif de salariés travaille sur le projet d'une reprise en SCOP. Ils sont soutenus dans cette démarche par la sénatrice Annie David, le député Pierre Ribeaud, et plusieurs élus locaux. Mais encore faudrait-il obtenir l'accord du grand patron, Mister Jerry Ren.