​​​​​​​Mort de Poulidor : “il a été un peu jaloux de moi” raconte Bernard Thévenet après sa victoire dans le Tour

Bernard Thévenet (à gauche) et Raymond Poulidor (en jaune, à droite) en juillet 2019 à Reims à l'occasion du Tour de France / © Sylvie Bassal - Maxppp.
Bernard Thévenet (à gauche) et Raymond Poulidor (en jaune, à droite) en juillet 2019 à Reims à l'occasion du Tour de France / © Sylvie Bassal - Maxppp.

Les hommages se multiplient après la mort de Raymond Poulidor ce mercredi 13 novembre 2019. L'ancien champion Bernard Thévenet se souvient notamment de sa première victoire dans le Tour de France en 1975 qui a rendu "un peu jaloux" Poulidor, "l'éternel second" sur la Grande Boucle.

Par Yann Gonon

Le monde du cyclisme est en deuil. L'ancien champion Raymond Poulidor est décédé à l'âge de 83 ans a-t-on appris ce mercredi 13 novembre 2019. Pour Bernard Thévenet, l'ancien champion aujourd'hui installé à Saint-Ismier près de Grenoble, Poulidor est le sportif français qui a été "le plus adulé". Il se souvient aussi du jour où Poulidor l'a secrètement jalousé.

Le décès de celui qui était surnommé "Poupou" a été annoncé par sa famille. Raymond Poulidor était âgé de 83 ans. Il avait été hospitalisé en octobre dernier en Haute-Vienne où il habitait. L'été dernier, expliquent nos confrères de franceinfo, "il était apparu très fatigué lors du Tour de France et sur le Tour du Limousin qu'il avait tout de même tenu à suivre".
 

L'impression d'être à côté d'un mythe


L'annonce du décès de Raymond Poulidor, ce mercredi, a surpris Bernard Thévenet qui s'est confié au micro de France 3 : "on avait l'impression que c'était un homme indestructible. Je ne l'avais jamais vu malade, j'étais persuadé qu'il allait s'en sortir". Bernard Thévenet explique également avoir un regret, celui de ne pas avoir pris de nouvelles de son ami ces derniers jours alors qu'il le savait malade. "Hier soir, je voulais envoyer un texto à sa fille. Je pensais qu'il était peut-être sorti de l'hôpital et puis je n'ai pas pu le faire. Je pensais le faire ce matin mais malheureusement c'était trop tard".

Bernard Thévenet se souvient de sa première rencontre avec Poulidor en 1970. C'était lors du Grand Prix de Saint-Raphaël, sa première course professionnelle. "Un moment dans la course, je me suis retrouvé à côté de lui. En 70, il avait déjà fait une grande partie de sa carrière. J'avais l'impression d'être à côté d'un mythe. D'être dans la même course que lui, c'était un souvenir presque incroyable".
 

"Tu m'as piqué ma popularité"


Les deux coureurs ont 12 ans d'écart et s'affronteront plusieurs saisons dans les mêmes courses. L'occasion pour tous les deux de s'apprécier. Peut-être à cause de leurs racines paysannes communes ? "Le bon sens qui nous a permis de rester les pieds sur terre" analyse Bernard Thévenet. Raymond Poulidor gardera ainsi la tête froide alors qu'il aura été "certainement le sportif français le plus connu et le plus adulé des foules".

"Chouchou" des Français, Raymond Poulidor n'a jamais remporté la Grande Boucle et n'a jamais porté le maillot jaune même s'il termina à huit reprises sur le podium. Une frustration qui a visiblement nourri une certaine jalousie entre les deux champions. "Il y a quatre ou cinq ans", raconte Bernard Thévenet, "il m'a avoué : quand tu as gagné le Tour, j'ai été jaloux parce que tu m'as piqué ma popularité". Une popularité que "Poupou" regagnera très vite pour ne plus jamais la perdre...

Beaucoup de gens se sont identifiés à Raymond Poulidor, explique encore Bernard Thévenet : "les gens l'ont pris en compassion. Ils se disaient, quand même ce n'est pas normal que ce garçon se batte avec autant d'ardeur et que finalement ça ne lui sourit pas".
 
Réaction de Bernard Thévenet.

Sur twitter, l'INA revient sur la "Poupoumania", ou comment "l'éternel second" est longtemps resté numéro un dans le cœur des Français.
 

 

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