• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • DÉCOUVERTE
  • ECONOMIE
  • CULTURE
  • SPORT

“A quelques secondes près, on était dans la coulée” : les naufragés de la RD1091 racontent leur nuit cauchemardesque

Quatre coulées de boue ont déferlé sur la route départementale qui relie Isère et Hautes-Alpes, sans faire de blessé. / © Yoann GAVOILLE / MAXPPP
Quatre coulées de boue ont déferlé sur la route départementale qui relie Isère et Hautes-Alpes, sans faire de blessé. / © Yoann GAVOILLE / MAXPPP

La pluie, l'orage et des coulées de boue qui frôlent les voitures. A La Grave (Hautes-Alpes), la catastrophe a été évitée de peu, jeudi 25 juillet, quand des centaines de personnes ont été surprises par les intempéries sur une route de montagne, à la frontière avec l'Isère.

Par M.D. avec Jordan Guéant

Près de 200 personnes prises en étau par quatre coulées de boue, sous une pluie battante. La scène presque apocalyptique tourne toujours en boucle dans l'esprit de David. Jeudi soir, avec son fils, il circulait en voiture sur la route départementale RD1091 au moment où un orage s'abat sur les Alpes. Sur cette petite route à flanc de montagne, la catastrophe a été évitée de peu.

"A quelques secondes près, on était dans la coulée, se rappelle-t-il. Et ça nous aurait emmené directement dans la rivière. On y pense forcément et on pense surtout à s'en aller." Pris au piège entre deux éboulements, David et son fils s'en sont sortis indemnes, comme tous les naufragés de la route ce soir-là. Un petit miracle quand on sait que la plus grosse des quatre coulées a drainé plus de 1.000 mètres cubes de gravats.
 

"Ca faisait très peur de voir la coulée venir vers nous, raconte pour sa part Jean-Philippe, un autre automobiliste. Une voiture a même été soulevée par la coulée, on était très proches d'être emportés." Les automobilistes coincés entre les glissements de terrain ont été pris en charge par les secours, 29 d'entre eux ont été héliportés. "C'est impressionnant, surtout qu'on ne sait pas si une autre coulée va venir sur nous, ajoute Johann. On voit que des coulées descendent sur les autres montagnes, il pleut très fort..." Mais le cauchemar n'était pas terminé pour autant.

 

Grêlons "gros comme un pouce"


Une centaine de personnes ont dû dormir dans des hébergements de fortune, dans une auberge de jeunesse à Villar-d’Arêne (Hautes-Alpes) ou à la station des Deux-Alpes (Isère). Ce n'est que vendredi midi que les automobilistes ont pu retourner sur les lieux, affrétés par des bus, et récupérer leur véhicule. "On a peur, surtout qu'ils prévoient à nouveau des orages samedi et dimanche, craint Elodie. On ne savait pas trop ce qui allait arriver à la voiture, mais ça fait du bien de reprendre les vacances normalement."
 
Quatre coulées de boue obstruent la RD1091, entre l'Isère et les Hautes-Alpes, à hauteur du tunnel du Grand Clôt. / © Jordan Guéant / France 3 Alpes
Quatre coulées de boue obstruent la RD1091, entre l'Isère et les Hautes-Alpes, à hauteur du tunnel du Grand Clôt. / © Jordan Guéant / France 3 Alpes

Et ces intempéries sont survenues au moment du passage du Tour de France en Savoie. Donc parmi les naufragés de la route, de nombreux cyclistes venus applaudir le peloton au col du Lautaret étaient présents cette nuit-là. Des naufragés encore plus vulnérables que les automobilistes : "D'abord on avait très froid parce qu'il y a eu un orage violent, des grêlons pratiquement gros comme mon pouce, donc on s'est arrêtés parce qu'on ne pouvait plus rouler. On s'est mis à l'abri sous un premier tunnel. Quand ça s'est un petit peu calmé, on a repris le deuxième tunnel et là c'était la pagaille", explique André qui avait abandonné son vélo dans un tunnel pendant l'orage.

Mais l'histoire n'est peut-être pas terminée. A La Grave (Hautes-Alpes), beaucoup redoutent les conséquences des nouveaux orages annoncés ce week-end. Si la route a été partiellement rouverte, les autorités n'écartent pas des risques d'éboulement sur les parties les plus sensibles de l'itinéraire. Mais ce petit village le sait, l'incident aurait pu être bien plus grave.
 
Les naufragés de la RD1091 racontent leur nuit cauchemardesque

 

A lire aussi

Sur le même sujet

A Moulins, le boom de la vente en vrac

Les + Lus