Loire: les élus s'opposent à l'extension du site d'enfouissement de Borde-Matin

Le site de Borde-Matin, le 31/01/2018 / © France3 Loire
Le site de Borde-Matin, le 31/01/2018 / © France3 Loire

Le centre de stockage de déchets de Roche-la-Molière, appelé site de Borde-matin, a une superficie de 70 hectares, il est le seul de la Loire. Le groupe exploitant, Suez, a déposé, en préfecture de la Loire, un dossier de demande de prolongation d'autorisation d'exploitation du site jusqu'en 2051

Par Isabelle Gonzalez

Le centre de stockage de déchets de Borde-Matin est une installation classée au titre d’Installation de stockage des déchets non-dangereux (ISDND). Suezest autorisé à l'exploiter jusqu’à 2026, date à laquelle l’installation, réputée atteindre son seuil de remplissage serait fermée. Alors, Suez, qui exploite cette installation, a déposé le 18 avril 2016, en préfecture de la Loire une nouvelle demande d’autorisation d’exploiter portée à 2051.

Ce dossier de demande de prolongation d'autorisation d'exploitation du site jusqu'en 2051 représente vingt-cinq ans de plus que la durée actuellement autorisée. Par ailleurs, Suez compte porter la capacité de stockage des déchets à 500 000 tonnes par an, soit la moitié des ordures produites par 13 départements. Les élus locaux, ainsi que les acteurs de la société civile, sont fortement mobilisés contre un tel projet.
Ils considèrent que les habitants de la commune ont suffisamment subi les nuisances (olfactives, trafic permanent de poids lourds ou encore pollution visuelle par grand vent) liées à l'exploitation du site depuis 1972.

Plus que la durée, c'est bien l'augmentation de la capacité de stockage du site qui est au centre des préoccupations. L'exploitant demande en effet une rehausse de ses casiers de stockage, ainsi qu'une extension géographique de ses installations, pour une capacité totale de stockage du site qui passerait de 5 355 000 tonnes déjà autorisées à 11 404 000 tonnes, avec une capacité de 500 000 tonnes annuelles au maximum, soit 300 000 tonnes par an en moyenne, jusqu'en 2051.

La question de la durée de l'autorisation d'exploitation n'est pas l'enjeu majeur. Au regard des orientations législatives nouvelles de réduction à la source de la quantité de déchets enfouis, les capacités de stockage actuelles semblent suffisantes pour les opposants et n'appelleraient donc pas à une extension.
Par ailleurs, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte et son décret d'application imposent une réduction des capacités de stockage de déchets autorisées dans les prochaines années.

Le centre d’enfouissement de Borde-matin est autorisé depuis 1972 à recevoir 500 000 t de déchets ultimes ménagers et des entreprises, c’est la base de calcul qui a donné pour terme à l’exploitation la date de 2026, l’installation étant réputée atteindre son seuil maximal. 
Par l’optimisation de la surface, Suez propose d’augmenter sa capacité de 1,7 million de tonnes portant la capacité subsistante à 7 millions de tonnes, que l’opérateur estime atteinte en 2051, date jusqu’à laquelle il demande donc de porter l’autorisation d’exploiter.
Dans son dossier Suez soumet également à autorisation l’ouverture de nouvelles activités de valorisation des déchets. Cette nouvelle méthode d’exploitation qui concernerait deux zones de stockage de 1,3 million de tonnes et 2,6 millions de tonnes, permettrait de conforter la production de méthane extrait des casiers ainsi que sa valorisation.

Actuellement le gaz recueilli alimente huit moteurs et turbines qui  produisent de l’électricité vendue à ERDF équivalente à la consommation de 5 000 foyers et une production de chaleur dirigée vers le réseau de chaleur de Firminy, représentant un tiers de sa production.
Dans son projet Suez prévoit de réaliser une deuxième plateforme de valorisation de gaz pourvue de trois nouveaux moteurs.

Suez propose enfin de développer de nouvelles activités de valorisation: la création d’une unité de stockage déchets de plâtre non-valorisables, une plateforme pour recevoir et valoriser les déchets inertes du BTP, une plateforme de compostage de déchets verts valorisés en plaquettes de bois et méthanisation, et une plateforme de traitement de terres excavées. Suez précise également qu'il est envisagé l’extension de sa capacité de stockage de matériaux amiantés de 20 000 t  à 445 000 t supplémentaire d’ici 2051.

Un sujet sensible pour la population de Roche-la-Molière, commune de 10 000 habitants, un dossier qui se trouve entre les mains du Préfet de la Loire, il devra rendre lundi 5 février un avis. 
Roche la Molière (42) : Polémique autour de la décharge
Roche la Molière, petite commune de la Loire près de Saint Etienne, ne veut pas devenir le dépotoir de la région Auvergne Rhône Alpes. La commune héberge depuis les années 70 un centre d'enfouissement de déchets, géré par le groupe Suez. Groupe qui souhaite prolonger l'exploitation du site jusqu'en 2051 et porter la capacité de stockage des déchets à 500 000 tonnes par an, soit la moitié des ordures produites par 13 départements. Les élus et les habitants montent au créneau. Reportage de Damien Grousson et Stéphanie Loeb

 

Sur le même sujet

LYON RÉUNION 11 FAMILLES CONCERNÉES PAR PROCÉDURES NORDAHL LELANDAIS

Près de chez vous

Les + Lus