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La Semaine Européenne de la Vaccination relayée au CHU de Saint-Etienne

© France 3 RA
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Alors que la rougeole revient en force dans la région et que des parents affichent de la méfiance vis à vis des vaccins, se déroule la Semaine Européenne de la Vaccination. Elle a été créée en 2005 par l’Organisation mondiale de la santé. Le CHU de St-Etienne organise ce jour une table-ronde.

Par Dolores Mazzola

La Semaine Européenne de la Vaccination est organisée avec l’implication des professionnels de santé et de nombreuses structures comme les centres de vaccination, les centres de protection maternelle et infantile, les établissements de santé, les organismes d’Assurance maladie ou encore les mutuelles... L’événement est coordonné au niveau national par le Ministère de la santé et Santé publique France, avec le concours des Agences Régionales de Santé. Son objectif : accroître la couverture vaccinale en sensibilisant à l’importance de la vaccination les parents, les professionnels de santé, les responsables politiques. 

Semaine de la Vaccination : une table-ronde au CHU de Saint-Etienne


Ce mardi 30 avril, le CHU de Saint-Etienne profite de la Semaine Européenne de la Vaccination pour organiser une table ronde pour sensibiliser une nouvelle fois sur l'importance de la vaccination. Dans cet hôpital, depuis janvier, l'absence de vaccination a conduit deux patients adultes touchés par la rougeole à une hospitalisation. La vaccination est aujourd'hui un sujet qui divise.
Semaine Européenne de la Vaccination : une table-ronde au CHU de Saint-Etienne


Vaccination : piqûre de rappel à propos de la rougeole


La rougeole est une maladie grave et très contagieuse qui peut conduire au décès du patient. La maladie se manifeste par une forte fièvre puis une éruption de plaques. Elle est contagieuse quatre jours avant et après cette éruption. Il n'existe pas de traitement curatif. Souvent bénigne, la rougeole peut toutefois entraîner des complications graves, respiratoires et neurologiques (encéphalites), en particulier chez les personnes fragiles. Depuis 2016, le nombre de cas a sensiblement augmenté dans la région.
 
  • Négligence ou défiance ... la couverture vaccinale baisse
Les autorités sanitaires mondiales insistent sur l'importance du vaccin, au niveau individuel mais aussi collectif: une couverture vaccinale élevée (95% de la population) protège les personnes qui ne peuvent elles-mêmes être vaccinées, notamment car leur système immunitaire est affaibli. Or, ce taux de couverture globale (pour la première dose de vaccin) stagne depuis plusieurs années à 85% selon l'OMS. Pour la deuxième dose, ce taux atteint 67%.
Dans les pays occidentaux, les opposants à la vaccination s'appuient notamment sur une publication de 1998 liant le vaccin contre la rougeole et l'autisme. La défiance peut aussi avoir des motifs religieux.
  • Le nombre de cas de rougeole progresse dans le monde
Selon l'OMS, les cas de rougeole dans le monde ont été multipliés par quatre au premier trimestre 2019 par rapport à la même période de l'an dernier. "A ce jour, en 2019, 170 pays ont signalé 112.163 cas de rougeole à l'OMS. L'an dernier à la même date, 28.124 cas de rougeole avaient été recensés dans 163 pays", a détaillé l'organisation.

Jusqu'en 2016, la maladie était pourtant en diminution.  Aujourd'hui, la rougeole resurgit un peu partout dans le monde à cause d'une défiance envers les vaccins dans les pays riches et d'un mauvais accès aux soins dans les pays pauvres. 
L'Afrique et l'Europe sont les régions les plus touchées. L'Afrique est la région la plus touchée par la flambée de cas, avec une hausse de 700% au cours des trois premiers mois de l'année (en comparaison annuelle), suivie par l'Europe (+300%), la Méditerranée orientale (+100%), les Amériques (+60%) et la région de l'Asie du Sud-Est/Pacifique occidental (+40%). L'OMS estime que moins d'un cas sur dix est signalé dans le monde, ce qui signifie que l'ampleur de l'épidémie est bien plus importante que les statistiques officielles.

En 2017, 110.000 décès imputables à la rougeole ont été enregistrés dans le monde, selon l'OMS. Avant que la vaccination ne soit introduite en 1963 et généralisée, le monde enregistrait tous les deux ou trois ans d'importantes épidémies de rougeole qui pouvaient causer environ 2,6 millions de décès par an, selon l'organisation.

L'invitée du 12/13 Rhône-Alpes :

Béatrice Van Oost, Directrice des centres examens de santé CPAM du Rhône (interview B.Bourgeot)

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>> Il y a encore de la défiance, de la méfiance par rapport aux vaccins ?

Les maladies infectieuses étaient la première cause de mortalité. Grâce à la vaccination en France, en Rhône-Alpes, nous avons aujourd'hui, ce sont plutôt le cancer et les maladies cardio-vasculaires qui sont (cause) de fortes mortalités. Les vaccins sont maîtrisés. Ils ont montré leur inoccuité. Aujourd'hui se vacciner, c'est se protéger et c'est protéger aussi les autres. De la méfiance... oui. Mais c'est aussi parce que nous sommes très protégés et que les maladies infectieuses sont beaucoup plus rares en France.

>> La rumeur a encore la dent dure tout de même ...

Les rumeurs ont la dent dure. Il y a aussi les contre-rumeurs. On a vu (dans le reportage) ce papa faire confiance au système de santé. Un système de santé qui a éradiqué la variole. On essaie d'éradiquer la polyo aussi. Alors il faut continuer à se faire vacciner et surtout faire son rattrapage vaccinal car le problème aujourd'hui est là...

>>
Même les adultes ... Quand on a 25, 45 ou 75 ans, tout au long de sa vie il faut continuer à se faire vacciner ?

Tout à fait. On parlait de la rougeole. Le problème aujourd'hui c'est le rattrapage vaccinal. Le rappel des vaccinations qui est souvent oublié. Pour le tétanos, c'est pareil. Il faut faire les rattrapages de vaccinations. Les cas de tétanos concerne les personnes âgées. Dyphtérie - Tétanos- Coqueluche - Polyo, c'est 25 - 45 - 65 ans et après tous les dix ans. 

>> En Rhône-Alpes, la couverture vaccinale reste bonne ?

Oui, elle reste bonne. On est sur les vaccins obligatoires encore à 95%. Ce sont sur les nouveaux vaccins obligatoires qu'il faut qu'on améliore cette couverture vaccinale. Heureusement avec les onze vaccinations des jeunes enfants, des nourrissons, on devrait améliorer notre couverture vaccinale. Mais n'oubliez pas d'aller voir votre médecin pour faire le point sur vos vaccins et faire les rattrapages nécessaires. 

>> On est passé de 3 à 11 vaccins car de "vieilles" maladies reviennent ... comme la variole ou la rougeole ?

La variole non. La rougeole, on n'a jamais réussi à suffisement vacciner car ce n'était pas obligatoire. La vaccination a été rendue obligatoire en particulier avant l'entrée en collectivité. On va ainsi améliorer la couverture et pouvoir éradiquer de nouvelles maladies. Puisque d'autres maladies apparaissent, il faut de nouveau vacciner. Par exemple la méningite. Il y a eu aussi des cas en Rhône-Alpes. Il faut vacciner les jeunes de 25 ans contre la méningite. 

>> La semaine européenne de la vaccination s'arrête aujourd'hui mais l'Assurance Maladie du Rhône continue d'accueillir le public dans les centres de santé pour des vaccinations gratuites. 

Tout à fait. Les vaccins sont gratuits, pris en charge par l'Assurance Maladie dans sa politique de prévention. Et effectivement nous accueillons, en particulier aujourd'hui (30 avril) et mardi prochain (7 mai),  dans nos quatre centres d'examen de santé pour faire des vaccins. Mais nous accueillons aussi tout au long de l'année. En allant sur le site ameli.fr vous pouvez prendre un rendez-vous d'examen de prévention, bénéficier d'un bilan de vaccination et vous faire vacciner également.

 
Béatrice Van Oost Directrice des centres examens de santé CPAM du Rhône
Béatrice Van Oost Directrice des centres examens de santé CPAM du Rhône - France 3 RA

    

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