Une marche funèbre des intermittents du spectacle à Saint-Etienne

Ce 4 mars 2021 était une nouvelle journée de mobilisation du monde culturel, privé de toute activité, en raison de la crise Covid-19. A Saint-Etienne, dans la Loire, près de deux cents intermittents du spectacle ont participé à une marche funèbre, d'un établissement culturel à l'autre.

4 mars 2021 : nouvelle manifestation du monde de la culture. A Saint-Etienne, dans la Loire, près de 200 intermittents du spectacle ont participé à une marche funèbre pour exprimer leur détresse de ne pouvoir exercer leur activité depuis un an, en raison de la crise Covid-19.
4 mars 2021 : nouvelle manifestation du monde de la culture. A Saint-Etienne, dans la Loire, près de 200 intermittents du spectacle ont participé à une marche funèbre pour exprimer leur détresse de ne pouvoir exercer leur activité depuis un an, en raison de la crise Covid-19. © FTV

Devant chaque établissement culturel de la ville, ils ont observé une minute de silence. À l'appel de la CGT Spectacles, près de deux cents intermittents ont participé, ce 4 mars 2021, à une marche funèbre dans les rues de Saint-Etienne. Musiciens, comédiens, techniciens, directeurs de compagnie ou de festival exprimaient ainsi leur détresse et frustration de ne pouvoir exercer leur activité depuis un an.

Dans le cercueil, repose toute la culture

Ils se sont d'abord rassemblés devant la salle du Zénith, avant que le cortège ne s'élance en direction de la préfecture de la Loire. Qui dit marche funèbre, dit cercueil. Celui porté à Saint-Etienne est entièrement noir, "RIP la culture" peut-on lire sur un côté. L'un des porteurs confirme : "à l'intérieur, il y a toute la culture que l'on va remettre définitivement à terre". 

- Elle est morte la culture ? - On ne l'espère pas, mais pour l'instant, oui...

Un manifestant pour la culture

Intermittents et professionnels du monde culturel marchent ensemble, puis s'arrêtent devant chaque lieu de la culture de la ville. Une minute de silence à chaque arrêt. Karim, musicien, estime que l'image du cercueil symbolise parfaitement leur situation : "que l'on est petit à petit en train de s'éteindre". Le cortège arrive devant la préfecture. Et là, place au bruit et aux nombreuses revendications. 
 

Réouverture des lieux culturels et prolongation de leurs droits

Hélène est chorégraphe. "Je pense, je sais que les lieux culturels peuvent être ouverts aujourd'hui sans danger. C'est ce qui se passe dans d'autres pays en Europe. Et je pense qu'il est temps que le gouvernement prenne de bonnes mesures et permette à la société de vivre, de sortir et de se cultiver".

Carla Herin, elle, est chargée de production et diffusion à la Comédie. Sa participation à cette marche funèbre ? "Je suis là pour apporter du soutien surtout au monde du spectacle. Et puis, pour défendre aussi mon poste, où j'en ai un peu marre d'être en télétravail, de monter depuis chez moi des projets et des tournées qui ne tournent pas". 

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Marche funèbre de la culture à Saint-Etienne

Cette marche funèbre visait à réclamer, encore une fois, la réouverture des lieux culturels. Autre revendication de taille : la prolongation de l'année blanche qui doit prendre fin le 31 aout prochain. Cette mesure permet aux intermittents de continuer à bénéficier de leurs droits au chômage. "Dans très peu de temps, on n'aura plus de droits, on ne saura pas quoi faire, donc là c'est un peu le réveil quoi", explique Isabelle, administratrice de compagnies. Les professionnels de la culture réclament la prolongation de cette année blanche jusqu'en août 2022.

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