Lyon - Dans l'atelier d'Aldo Peaucelle, restaurateur de tableaux

© France 3 RA
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Observation, conservation, restauration ... réparer une déchirure sur une toile, oter un repeint, nettoyer et débarrasser la toile d'un vernis abîmé, combler des lacunes, appliquer de la couleur... le travail du restaurateur de tableaux est complexe et magique. Découverte. 

Par Dolores Mazzola

Pour lever un coin du voile sur la profession de restaurateur de tableaux, Aldo Peaucelle, installé depuis plus de 20 ans à Lyon, nous donne les clés de ce métier magique, artistique et scientifique. 

Tout commence par une scrupuleuse observation de la toile à l'oeil nu pour comprendre l'oeuvre "malade" qui arrive à l'atelier. Mais pour appronfondir le diagnostic, le restaurateur a notamment recours à un examen scientifique et technique aux ultraviolets. Des taches sombres peuvent alors apparaître sous l'effet du rayonnement UV. Elles révélent des repeints anciens, autant de traces de précédentes restaurations. Plus les taches sont sombres, plus la restauration est récente. Mais à ce stade, le remède à appliquer n'est pas encore déterminé. Le diagnostic est parfois complexe : l'étude de l'oeuvre endommagée passe en effet par différents stades d'observation.



On brûle les étapes : le nettoyage de la toile, sous toutes les coutures ... attention à la précision et à la légèreté du geste ! Le restaurateur doit retrouver les couleurs d'origine sans les endommager ou les altérer. Attention, les produits utilisés pour cette opération délicate (et toujours très spectaculaire) ont leur importance. Exit les recettes de grand-mère à base d'oignon ou de pomme de terre ! 




Le restaurateur agit comme un chirurgien, maniant le scalpel et la loupe binoculaire. Dans notre troisième séquence, Aldo Peaucelle ote un repeint... une opération qui nécessite parfois de retenir son souffle. Toujours à mi-chemin entre art et science, le restaurateur peut également avoir de belles surprises lors d'un examen poussé du  tableau grâce à l'utilisation de la caméra infrarouge. Il peut découvrir une restauration peu visibles aux UV, un "repentir", une composition cachée sous la couche picturale, des inscriptions cachées, une signature ou même des dessins préparatoires. Autant de traces du cheminement de l'artiste lors de l'exécution de l'oeuvre.



De la conservation à la restauration ...  Combler les "lacunes" (les manques sur une toile) à l'aide d'un mastic. Une tâche délicate que la restauratrice Emeline Vigier effectue sous une "lumière rasante". Lumière qui est également utilisée lors du diagnostic pour observer, par exemple, les déformations de la couche picturale. La pose de mastic ou "réintégration structurelle" est un travail préalable à la phase de retouche. 


Pour en savoir plus sur d'autres aspects très techniques du métier de restaurateur de tableaux (consolidation de déchirure, rentoilage... etc), vous trouverez toutes les informations sur le site www.atelier-aldo-peaucelle.com


 

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