REPLAY | Montagne. A la découverte du Queyras, l'île sauvage... dans Chroniques d'en Haut

Publié le Mis à jour le
Écrit par Laurent Guillaume

De Mont-Dauphin à Saint-Véran en passant par Ceillac, Chroniques d’en haut nous propose une parenthèse dans un massif intime, préservé et impressionnant : le Queyras. En retrait des grands axes et presqu’isolé en hiver, le Queyras est l’un de ces bouts du monde où il fait bon redécouvrir l’authenticité montagnarde.

C’est vrai, les Hautes Alpes ont une identité bien à part, avec un ensoleillement hors du commun qui confère au ciel une teinte azur qu’on ne voit nulle part ailleurs en montagne.
C’est vrai aussi que l’olive et le pastis se disputent la vedette avec le petit blanc, et que le chant des mots fleure bon le sud naissant.
Mais les Hautes Alpes sont avant tout sacrément alpines. En témoignent les sommets acérés des Ecrins, deuxième plus haut massif de France, qui tranche avec l’aménité des larges vallées comme celle de la Durance qui vient se blottir contre le barrage de Serre-Ponçon pour en faire un des plus beaux lacs de montagne. Mais au-delà de ces deux entités radicalement opposées, le Parc national des Ecrins et les eaux turquoises de la Durance, se dresse un autre monde plus discret, presqu’intime : le Queyras.

Queyras, l'île sauvage

Un monde frontalier marqué par la présence à ses portes d’une forteresse monumentale : Mont-Dauphin. Car ici, au carrefour de plusieurs vallées, il fallait intimider l’envahisseur, surveiller les accès, faire acte de présence. Vauban, l’architecte militaire de Louis XIV, fit donc ériger sur le plateau des mille vents une véritable ville fortifiée, où les soldats de garnison vivaient avec les villageois, entre bordels (il y en a eu jusqu’à 14 !) auberges, église et hôpital.
Mont-Dauphin, avec ses remparts en balcon au-dessus du Guil et de la Durance reste aujourd’hui un lieu privilégié à visiter ou même à vivre, comme en témoignent les nombreux artisans qui occupent désormais à l’année l’ancienne garnison du Roi Soleil.


Passé Guillestre et Mont-Dauphin, les gorges du Guil, avec leur route suspendue, donnent le ton. On quitte la vallée de la Durance large et ensoleillée pour entrer dans un autre monde. La route s’engage à flanc de falaise et le défilé se resserre.
En été, quelques cols permettent d’accéder au Queyras, par le Briançonnais ou via l’Italie voisine. Mais en hiver, une seule et unique route pénètre dans ce massif parfois austère, avec ses montagnes abruptes, sèches, rocailleuses, toujours impressionnantes… La vallée, qui saura s’élargir plus loin, donne le frisson et nous emmène directement dans l’un de ces fameux bouts du monde. Le Queyras, c’est le but du voyage. Au-delà d’Abriès ou Ristolas : point de salut, sauf pour les acharnés de la randonnée à ski, qui s’offriront des horizons vierges et vertigineux à perte de vue sous le regard du Mont Viso, le Seigneur des Alpes du Sud, totalement italien, mais trônant en majesté au fond d’une haute vallée, dans un paysage immaculé et vierge de tout équipement.

Les villages ont su conserver leur âme, loin des autoroutes à touristes - qui d’ailleurs sont étrangères à l’ensemble des Hautes Alpes. On trouve donc quelques belles stations modestes et familiales, au charme authentique comme Ceillac, Molines, Saint-Véran, Abriès, Arvieux, Aiguilles ou Ristolas, dont la taille cumulée des domaines skiables n’arrive pas au premier pylône d’une des méga-stations géantes de Savoie. Et c’est tant mieux ! Nul besoin d’aligner les kilomètres de pistes : quelques-unes, sympas et bien équipées, suffisent au bonheur des amoureux du Queyras, c’est là tout le secret de ce massif à la fois tranquille et très alpin.

L’ensoleillement - qui n’est pas une légende - la pureté de l’air et le faible taux d’humidité ont permis la conservation de nombreux vestiges du passé, comme ces fameux cadrans solaires qui recouvrent bon nombre des murs des villages Queyrassins. Ces œuvres populaires racontent l’histoire des habitants des villages et ne manquent pas, avec leur sentence parfois funeste, de nous rappeler que le temps passe… Un temps qui semble pourtant figé dans ce massif qui mélange à merveille douceur de vivre et haute montagne.

>> "Queyras, l'île sauvage" un magazine présenté par Laurent Guillaume et réalisé par Fréderic Fiol, diffusé le dimanche 10 avril 2022 à 12H50 dans " Chroniques d'en Haut" sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes puis disponible en replay dans cet article et sur  France.tv.

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