Ouverture du procès des « cols rouges », les « Savoyards » de Drouot

Ils étaient chargés du transport et de la manutention des objets destinés à être vendus à Drouot. Ils sont accusés de vols à grande échelle. Le procès, qui s’est ouvert ce lundi 14 mars 2016, à Paris, doit durer jusqu’au 4 avril.

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Ironie du sort, c’est dans la salle des criées, où se tiennent habituellement les ventes aux enchères judiciaires, que s’est ouvert le procès devant le tribunal correctionnel de Paris.

41 anciens commissionnaires de l’hôtel des ventes de Drouot, plus connus sous le nom de « cols rouges » ou « Savoyards », et 6 commissaires-priseurs sont jugés pour vols, recel et association de malfaiteurs.

Les ex-commissionnaires sont soupçonnés d’avoir mis de côté les biens non-répertoriés dans l’inventaire du commissaire-priseur, avant de les stocker à Drouot ou dans leurs containers à Bagnolet. Ils étaient ensuite vendus aux enchères grâce à des commissaires-priseurs, qui parfois sollicitaient les commissionnaires afin qu'ils leur proposent des objets quand il leur en manquait pour compléter une vente.

Quelques 250 tonnes d’objets anciens, du bibelot à la toile de maître (un Chagall, un Courbet) ont été retrouvés par les enquêteurs.

Pour l'accusation, l'enquête a mis au jour un système institutionnalisé de vols, qui aurait perduré pendant des dizaines d'années au sein de la corporation, voire même 150 ans.

Selon Me Léon Lef Forster, qui défend neuf "Cols rouges", un "grand nombre d'entre eux récupéraient des objets non-listés" lors des inventaires qui étaient abandonnés. Selon lui, "tout le monde y trouvait son compte".

En raison du délai de prescription, ne sont poursuivis que les faits à partir de février 2006, trois ans après le début de l'enquête.

Le procès va durer trois semaines.

Qui sont les "Cols rouges"
Ces « cols rouges » appelés ainsi en raison de leur uniforme étaient tous Savoyards. On entrait dans l’Union des Commissionnaires de l’hôtel des ventes (UCHV) de Drouot de père en fils, d’oncle en neveu, par cooptation. Un monopole accordé par Napoléon III.
Au sein de cette communauté de travail, les liens étaient donc très forts et les secrets bien gardés.