Le 1er mars 1967, le Général de Gaulle signe le décret donnant naissance aux Parcs Naturels Régionaux. Dix ans plus tard, le 25 octobre 1977, le territoire des volcans d’Auvergne est officiellement créé. C’est le 20ème à voir le jour en France. 

Qu’est-ce qu’un parc naturel régional ?

Le concept de Parc Naturel Régional est né à la fin des années 1960, en pleine vague écologique en France. La Datar (Délégation interministérielle à l'aménagement du territoire et à l'attractivité régionale), une toute nouvelle et innovante structure interministérielle, veut créer "une alternative aux parcs nationaux alors réservés aux seuls espaces non habités". Ce nouvel outil d’aménagement du territoire alliera développement économique et protection de la nature.
 
Pour concevoir cette nouvelle structure, la Datar entreprend une démarche inédite en faisant appel à des personnes d’horizons très divers : sociologues, économistes,  urbanistes, hommes d’Etat, agriculteurs et forestiers, artistes... Tous sont réunis en octobre 1966 à Lurs-en-Provence (Alpes de Haute Provence) pour une semaine intense de « brainstorming ».

Qu’est-ce qu’un parc naturel régional ?
Le concept de Parc Naturel Régional est né à la fin des années 1960, en pleine vague écologique en France. Pour concevoir cette nouvelle structure, la Datar entreprend une démarche inédite en faisant appel à des personnes d’horizons très divers : sociologues, économistes, urbanistes, hommes d’Etat, agriculteurs et forestiers, artistes...  - INA



Ces travaux aboutiront le 1er mars 1967 à la signature, par le Général De Gaulle, du décret instituant les parcs naturels régionaux, "un texte comportant seulement 7 petits articles mais qui aura l’immense atout de donner aux parcs la possibilité de créer et d’inventer…" Et ces derniers ne vont pas s’en priver.

Pendant les vingt années suivantes, les parcs naturels régionaux (PNR) vont inventer des chartes, tester des programmes, expérimenter toutes sortes d’actions en faveur de la protection de l’environnement. Ce n’est qu’en 1993 que les PNR obtiennent une légitimité officielle avec la loi Paysages et se voient fixés sur leurs 5 missions principales, à savoir concourir à la politique de protection de l’environnement, d’aménagement du territoire, d’éducation et de formation du public, et de développement économique et social respectueux de l’environnement.

Au fil des années, les PNR ont fait du développement durable leur credo et "aspirent aujourd’hui à devenir des outils de réconciliation entre les institutions et leurs habitants".
En 2017, 50 ans après la signature du décret de 1967, la France compte 51 parcs naturels régionaux couvrant 15% de la superficie du pays et 6% de sa population. D’autres projets de création sont à l’étude.

Pour décrocher le sésame, un territoire doit se distinguer au plan national par la qualité et la fragilité de son patrimoine naturel, paysager et culturel. Avec ses massifs montagneux, ses nombreux lacs et rivières, ses tourbières, sa biodiversité remarquable, et grâce à la richesse de ses savoir-faire traditionnels et de son patrimoine bâti, le parc naturel régional des volcans d’Auvergne a trouvé sa place parmi eux.

 

Acte de naissance

Le 1er mars 1967, le Général de Gaulle signe donc le décret donnant naissance aux parcs naturels régionaux. 10 ans plus tard, le 25 octobre 1977, le territoire des volcans d’Auvergne est officiellement créé. C’est le 20ème à voir le jour en France.
Il doit son nom aux 4 régions volcaniques qui le composent : le Cézallier, les Monts du Cantal, les Monts Dore et les Monts Dômes. A cela s’ajoute la région granitique de  l’Artense.


© Le Parc Naturel des Volcans d'Auvergne
© Le Parc Naturel des Volcans d'Auvergne

► Carte interactive du Parc Naturel des Volcans ICI


Les premiers jalons du futur parc sont posés dans les années 1960 lorsque des universitaires et des géologues s’alarment du grignotage des puys par la prolifération légale ou non des carrières de pouzzolane. Au nom de la science et de l’intérêt patrimonial des volcans, ils entreprennent des démarches pour mettre fin à cette activité économique vieille de plusieurs siècles. L’idée de créer un « parc d’Auvergne et des volcans » émerge alors.



Soutenu par la préfecture et les départements du Cantal et du Puy de Dôme, le projet de territoire mettra plus de dix ans à aboutir.

Une charte pour régir le parc



"La charte d’un PNR est un contrat volontaire entre les élus du territoire et avec l’Etat. C’est le document de référence qui régit un PNR. Elle est unique et différente pour chaque parc et résume à elle seule le projet de territoire pour une période de 12 ans."
Adhérer au territoire d’un PNR étant un choix délibéré des communes, le périmètre de ce dernier peut donc évoluer dans le temps.


A ses débuts, le parc regroupe 104 communes cantaliennes et puydômoises. Toutes sont situées à plus de 800 mètres d’altitude en territoire volcanique et se distinguent par la qualité de leurs patrimoines.

La première charte du parc (1977 – 1993) est axée sur la lutte contre la baisse démographique et sur une politique de valorisation des ressources locales afin de redynamiser le territoire. La préservation de la chaine des Puys et des crêtes des Monts du Cantal devient une priorité.

Création du Parc des Volcans d'Auvergne : les attentes du Cantal
La première charte du Parc des Volcans d'Auvergne (1977 – 1993) était axée sur la lutte contre la baisse démographique et sur une politique de valorisation des ressources locales afin de redynamiser le territoire. La préservation de la chaine des Puys et des crêtes des Monts du Cantal devient une priorité.  - INA


La mise en œuvre de cette charte est suivie d’une première action concrète dans le Puy de Dôme : la fermeture de la carrière d’extraction du Puy de la Vache. De nombreuses autres suivront et des travaux de réhabilitation seront menés par le Parc pour certaines d’entre elles afin de réparer les dégâts occasionnés par l’activité humaine. D’autres trouveront une nouvelle vocation, à l’instar du Puy de Lemptégy.






De la protection de la nature au développement durable

En 1988, le parc naturel régional des volcans d’Auvergne est étendu à 153 communes afin de présenter un territoire homogène reposant pleinement sur les critères du volcanisme et de l’altitude.


De 1994 à 2012, les chartes mettent le développement durable au cœur de leurs actions. Tout en poursuivant les programmes engagés précédemment, il faut désormais concilier la protection du patrimoine naturel et paysager et les activités humaines.

Sur le plan touristique, le parc aménage des circuits de randonnée, donne son avis en amont des manifestations sportives de plein air… et mène des opérations de sensibilisation aux bons usages dans les sites naturels pour éviter leur dégradation. Ce dernier rôle échoit aux gardes nature.



Sur le plan économique, le syndicat mixte peut donner son avis et conseiller les porteurs de projets amenés à le solliciter. Depuis 1993 en effet, les projets d’urbanisme doivent être compatibles avec la charte. Le parc peut ainsi veiller, dans une certaine mesure, à ce que les activités économiques ne portent pas atteinte à des sites d’intérêt écologique et/ou paysager et à ce qu’elles respectent des normes à haute valeur environnementale tout en produisant, par exemple, des matériaux à haute valeur ajoutée.



La charte actuelle, qui court jusqu’en 2025, veut aboutir à une qualité de vie renforcée et partagée sur tout le territoire. « Vivre ensemble, consommer, se déplacer et habiter autrement », voilà toute l’ambition que nourrit aujourd’hui le parc des Volcans.


Financement et mode de gestion

Avec ses 150 communes (90 000 habitants), le parc naturel régional des Volcans d’Auvergne couvre aujourd’hui une superficie de 388 957 km2. C’est le plus grand des parcs français. Il s’étend sur 120km du nord au sud, à cheval sur le Puy de Dôme et le Cantal, et compte 4 réserves naturelles toutes situées dans le département du Puy de Dôme : Chastreix Sancy, la Vallée de Chaudefour, la réserve des Sagnes de La Godivelle et celle du Rocher de la Jacquette, en bordure du plateau du Cézallier.

Si la politique du parc est élaborée, négociée et mise en œuvre par l’ensemble des élus locaux, sa gestion est confiée à un syndicat mixte. Ce comité exécutif est composé d’élus disposant d’un budget annuel d’environ 4 millions d’euros, issu à 98% de subventions publiques (chiffres de 2016). Avec cette somme, il doit mener à bien les missions « régaliennes » du parc mais aussi réaliser les projets votés en faveur du territoire en fédérant acteurs privés et publics, non sans difficulté parfois en raison d’intérêts divergents.
Gérer un territoire aussi grand n’est pas non plus exempte de difficultés.  Pour chaque projet envisagé, les particularités géographiques et économiques du secteur requérant attention doivent être prises en compte afin d’apporter des réponses adéquates.
L’étalement urbain d’une agglomération se fait souvent au détriment des espaces naturels et/ou agricoles alentours. Comment protéger ces derniers et dans quelles mesures ?

L'espace naturel sensible des côtes de Clermont
Les cotes de clermont ont été récemment labellisées espace naturel sensible, suite à la signature d'une convention entre la Ville de Clermont-Ferrand et le Conseil Départemental du puy de dôme. L' urbanisation n’est donc plus possible sur ce site considéré comme le poumon de la Ville et de l'agglomération. Intervenants : Lucie Le Corguillé, Chargée de mission CEN Auvergne ; Jean-Yves Gouttebel, Président Conseil départemental du Puy-de-Dôme et Nicolas Bonnet, Adjoint au maire de Clermont Chargé de l'écologie urbaine et du développement durable.  - Béatrice Nguyen, Claude Fallas, Laurent Bortolazzo et Stéphanie Salmon.


Dans les campagnes, les pratiques agricoles et la mécanisation très développée ont parfois modifié des paysages traditionnels et mis en péril des espaces naturels sensibles. Toutefois, les agriculteurs peuvent être accompagnés dans la mise en place de pratiques durables. La mise en valeur de savoir-faire traditionnels et des productions de qualité (fromages AOP, viande de qualité) concourent aussi à la redynamisation économique des zones rurales.



Enfin, en montagne, développement économique et protection de l’environnement ne font pas toujours bon ménage. Le succès des activités de pleine nature, été comme hiver, et la surfréquentation touristique des sites naturels fragilisent ces derniers et perturbe la faune sauvage. Comment concilier les deux ?

Dans le Cantal, une portion du GR400 en cours de réhabilitation
Le parc des Volcans d'Auvergne mène, chaque année, des travaux de restauration sur les sentiers de randonnée. Une portion du GR400, en contrebas du Puy Griou, est en cours de réhabilitation. Les travaux vont durer tout le mois de juin. Intervenants : Jean Philippe Reygade gardien du Parc Naturel des volcans d'Auvergne et Philippe Fabre Président du Syndicat mixte du Puy Mary - France 3 Auvergne  - Claude Bernard et Lydie Ribes


Pour un PNR de l’envergure du parc des volcans, œuvrer en faveur du développement durable relève souvent d’un difficile exercice d’équilibrisme mais cela en vaut la peine. De grands espaces, une biodiversité remarquable, d’importantes ressources en eau (4000km de cours d’eau, des lacs naturels, des tourbières et autres zones humides), un riche patrimoine géologique, culturel et patrimonial, des savoir-faire propres, des spécialités gastronomiques reconnues… Toutes ces richesses font du parc des volcans d’Auvergne un formidable outil écologique, économique et touristique pour la région Auvergne Rhône Alpes et concourent à sa renommée…


© THIERRY ZOCCOLAN / AFP
© THIERRY ZOCCOLAN / AFP


Une renommée qu’il espère bientôt étendre à l’international en décrochant une inscription de sa chaine des Puys – faille de Limagne au patrimoine mondial de l’Unesco. La candidature a été posée. Verdict en 2018.