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Prosegur : fin du conflit après 35 jours de grève

Après 35 jours de grève, les convoyeurs de fonds de Prosegur en Rhône-Alpes ont mis fin à leur mouvement mercredi soir sans avoir eu totalement gain de cause.La direction du groupe espagnol et les représentants des salariés ont signé dans la soirée un protocole de fin de conflit.
 
Le travail devrait reprendre ce matin sur les trois sites de Prosegur Transport de Valeurs (PTV), situés à La Talaudière (Loire), près de Saint-Etienne, Lyon et Valence.Le conflit avait démarré le 10 septembre à l'appel des syndicats CGT et Sud.Il était né d'une erreur de calcul de primes de congés payés, versées depuis une vingtaine d'années à l'avantage des salariés. La correction, effectuée sans prévenir, sur les feuilles de paie d'août, avait déclenché leur colère.

"Tout ce qu'on a fait a simplement servi à faire reconnaître que l'entreprise nous a volé cette année une partie de nos primes qu'elle va devoir nous rendre cette année", lâche l'un d'eux, résumant le sentiment général des grévistes. En définitive , les grèvistes ont obtenu la régularisation de 6 mois de ces primes, qui seront versées en 2016 .

Mercredi matin, une première mouture du protocole de fin de conflit avait été rejetée par les assemblées générales des salariés "en l'absence de garanties suffisantes de la direction à ne pas poursuivre les grévistes", selon les syndicats.Une version amendée a été approuvée lors d'une seconde consultation du personnel dans l'après-midi.

Des grévistes au bord de l'épuisement et asphyxiés financièrement pour certains,ont exprimé soulagement et amertume mercredi, accusant "l'absence de volonté de négocier de la direction d'être responsable de la durée interminable de cette grève".La direction a seulement consenti à prendre à sa charge le jour de grève durant lequel se sont déroulées les obsèques du convoyeur gréviste de Valence, victime d'une collision accidentelle à proximité d'un piquet de grève.

La tension était montée d'un cran ces derniers jours, avec notamment l'installation par la direction d'une trentaine de vigiles sur les sites stéphanois et lyonnais de l'entreprise.Une présence qui ne lui a toutefois pas permis de casser les piquets de grève installés devant l'entrée des sites, empêchant les entrées et sorties de fourgons blindés.Selon Marc Desnus, délégué syndical Sud, "des constats d'huissier et de la Direction du travail ont établi le délit d'entrave que constitue l'interdiction de l'accès de l'entreprise aux instances représentatives du personnel".

Saisis en référé par la société Prosegur pour entraves à la liberté du travail et troubles manifestement illicites, les TGI de Saint-Etienne et de Lyon l'ont
déboutée à trois reprises durant le conflit. 
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