Proxénétisme: jusqu'à 7 ans de prison pour les anciens champions de taekwondo jugés à Grenoble

Moussa Cissé, Amine et Adam Manai / © Réseaux sociaux
Moussa Cissé, Amine et Adam Manai / © Réseaux sociaux

La cour d'assises de l'Isère a condamné à des peines allant jusqu'à 7 ans de prison les trois anciens membres de l'équipe de France de taekwondo jugés pour proxénétisme de mineurs. Le procès a eu lieu à huis clos. 

Par France 3 Alpes avec AFP

Les accusés étaient poursuivis pour avoir obligé des mineures en rupture familiale à se prostituer via des annonces sur internet.

La peine la plus lourde, sept ans de prison ferme, a été requise à l'encontre d'Amine Manai, 25 ans, ancien champion de France (-68 kg) et champion d'Europe (-21 ans) de taekwondo. C'est moins que les dix ans de réclusion requis par le ministère public. Amine Manai, considéré comme l'un des chefs du réseau, a, en revanche, été acquitté des accusations de viol et tentative de viol pour lesquelles il était également poursuivi.

Son frère, Adam Manai, lui aussi taekwondoïste de haut niveau, a été condamné à deux ans de prison avec sursis. L'avocat général avait requis deux ans de prison dont un ferme.

La cour a prononcé une peine de 6 mois avec sursis à l'encontre de Moussa Cissé, vice-champion d'Europe des moins de 58 kg, contre des réquisitions de deux ans avec sursis et 1.500 euros d'amende.

Outre les sportifs en cause, sept autres protagonistes étaient poursuivis. Deux ont été acquittés dont une jeune prostituée qui était soupçonnée d'avoir favorisé le recrutement de jeunes filles pour le réseau.

Les autres peines s'échelonnent de 1 an de prison ferme à 6 ans de prison ferme.

Me Arnaud Lévy-Soussan, avocat d'Adam Manai, a  déploré que la cour "ait adopté une logique de responsabilité collective et pas de responsabilité individuelle".

Un réseau parti de l'agglomération de Grenoble

Rappelons que les jeunes filles victimes du réseau étaient recrutées dans un foyer éducatif de Saint-Egrève, et devaient se prostituer dans des hôtels, principalement dans le sud-est de la France.

Ce réseau de proxénétisme était dirigé par Amine Manai, aujourd'hui âgé de 25 ans, et par Sofiane Cherifi, 24 ans, déjà condamné pour des faits similaires et qui continuait à officier depuis sa cellule. Des complices étaient chargés de surveiller les filles et de récolter l'argent de la prostitution.

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