Levothyrox : le témoignage de deux Auvergnates affaiblies par la nouvelle formule du médicament

Disponible en plusieurs dosages, le levothyrox est controversé depuis le changement de sa formule en mars 2017. / © Josselin Clair/Maxppp
Disponible en plusieurs dosages, le levothyrox est controversé depuis le changement de sa formule en mars 2017. / © Josselin Clair/Maxppp

Le levothyrox, médicament prescrit pour les malades de la thyroïde, a changé de formule durant l'été, au grand dam des patients. Ceux-ci voient leurs maux accentués depuis qu'ils prennent le nouveau traitement. Deux Auvergnates souffrantes nous ont livré leur témoignage.

Par Valentin Pasquier

Pendant l'été, Marine a fréquemment été prise de nausées et de vertiges. Les symptômes s'accompagnent de grosses migraines et même d'une perte de cheveux. Davantage vulnérable à la fatigue ce dernier mois de l'été, l'Auvergnate de 25 ans, institutrice aux Ancizes-Comps (Puy-de-Dôme) s'inquiète pour sa rentrée.

Marine est sujette à l'hypothyroïdie - une carence d'hormones produites par la glande tyroïde - et prend du lévothyrox depuis près de trois ans pour calmer les maux dus à sa maladie. Mais le calvaire qu'elle a subi cet été coïncide avec la commercialisation de la nouvelle formule du médicament. Comme elle, un un grand nombre de malades de la thyroïde ont vu leurs maux intensifiés.

La nouvelle formule incriminée


Au vu des nombreuses plaintes reçues - plus de 5 000 - par le ministère de la santé et le laboratoire qui commercialise le produit, le laboratoire Merck, un numéro vert a été mis en place par les autorités sanitaires pour prendre en charge les réclamations. Le laboratoire lyonnais, ainsi que la ministre de la santé Agnès Buzyn, excluent de revenir à l'ancienne formule. Ils conseillent aux personnes souffrantes de consulter leur médecin. 


« Les médecins ne m'ont pas vraiment renseignée. Ils n'en savent pas plus que nous, regrète la jeune femme. J'attends de revenir à mon ancien traitement, même s'il n'était pas génial : je fatiguais vite, j'avais des douleurs musculaires... mais au moins c'était supportable. » Certains malades vont chercher le précédent traitement jusqu'en Belgique où en Espagne, où il est encore commercialisé.

Diminuer les doses, quitte à se mettre en danger


Chantal, sa belle-mère, a les mêmes problèmes. Depuis douze ans, elle a successivement souffert d'hyperthyroïdie - excès de glandes thyroïdiennes - puis d'hypothyroïdie, mais n'a « jamais eu ce genre de symptômes ». Elle éprouve des « des vertiges, des troubles de la vision, une perte de cheveux, une grosse fatigue ». Elle aussi s'essouffle très rapidement.

« J'ai jamais eu ça d'un coup, observe Chantal. Pour éviter ces effets secondaires, j'ai décidé de diminuer les doses. Je prenais du 50, je prends du 25 à prsent. Je sais que c'est dangereux, mais j'avais vraiment trop mal à l'estomac, » avoue la cinquantenaire, qui confie avoir déjà signé plusieurs pétitions pour un retour à la formule initiale du traitement. « J'attends qu'ils le remettent en vente. On n'est pas entendus et c'est terrible d'être comme ça. »

Les centres de pharmacovigilance, vers lesquels les patients malades sont orientés, sont à présent saturés. Avec l'ampleur de ce phénomène, une enquête sur le produit a été ouverte. Les premiers résultats seront connues au mois d'octobre. Aujourd'hui, près de trois millions de personnes prennent du Levothyrox. 

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