14-18. Dans le Puy-de-Dôme, la guerre s’écrit au féminin

À l'arsenal des Gravanches de Clermont Ferrand les ouvrières fabriquent des obus. / © Archives départementales 63 / Fonds Gouttefengeas
À l'arsenal des Gravanches de Clermont Ferrand les ouvrières fabriquent des obus. / © Archives départementales 63 / Fonds Gouttefengeas

A Clermont-Ferrand, jusqu’au 14 décembre, l’Hôtel du Département du Puy-de-Dôme propose de se plonger dans le quotidien des femmes pendant la Première Guerre mondiale. Une exposition intitulée : "14-18 : la guerre s'écrit au féminin".

Par Brigitte Cante

 Les femmes en 14-18 : pour célébrer le centenaire de la Première Guerre Mondiale, le Conseil Départemental du Puy-de-Dôme explore le rôle des femmes, Photographies, affiches et témoignages illustrent cette période où les femmes ont remplacé les hommes aux champs et dans les usines. L'exposition s'intitule : " 14-18 : la guerre s'écrit au féminin"
« Debout ! Femmes Françaises ! Remplacez ceux qui sont sur les champs de bataille ! Je fais appel à votre vaillance » L'appel du chef du gouvernement résonne dans les campagnes. Dans le Puy-de-Dôme, les hommes sont au front, les femmes de Puy Guillaume moissonnent, sèment et cultivent. Les femmes sont aussi recrutées par milliers à l'Arsenal des Gravanches à Clermont-Fd où elles fabriquent des obus et des munitions

 « Elles se sont retrouvées à tenir des cadences de travail assez insupportables, à manipuler des charges qui représentaient plusieurs tonnes par jour. Evidemment, leur constitution physique n’était pas faite pour ça », raconte Karole Bezut, Conservatrice du Patrimoine aux Archives Départementales du Puy-de-Dôme. Et de poursuivre : « On a des publicités de certaines pilules qu’elles étaient priées de prendre : la pilule Pink pour vous remettre d’aplomb ».

Dans les usines d'armement, aux Gravanches chez Michelin et Bergougnan, les ouvrières travaillent jour et nuit. On les appelle les « Munitionnettes ». Elles deviennent des héroïnes de la Grande Guerre.

A l'usine, ou au chevet des blessés, les femmes ont nourri l'effort patriotique pendant toute la guerre. Des citoyennes qui s'émancipent… sans convaincre totalement la classe politique.

« Le Président de l’Assemblée Nationale à la fin de la guerre a eu envie de proposer le droit de vote des femmes. Malheureusement, le Sénat, à l’époque, composé d’hommes, a refusé que les femmes aient le droit de vote », rappelle Sylvie Maisonnet, vice-présidente départementale à l'égalité Femme/Homme.

A travers cette exposition, c'est l'histoire des femmes qui s'écrit. Un rôle déterminant salué à l'époque par le Maréchal Joffre : « Si les femmes s'étaient arrêtées de travailler dans les usines d'armement, ne serait-ce que 20 minutes, les alliés auraient perdu la guerre."
14-18. Dans le Puy-de-Dôme, la guerre s’écrit au féminin
A Clermont-Ferrand, jusqu’au 14 décembre, l’Hôtel du Département du Puy-de-Dôme propose de se plonger dans le quotidien des femmes pendant la Première Guerre mondiale. Intervenants : Karole Bezut, Conservatrice du Patrimoine aux Archives Départementales du Puy-de-Dôme / Eddy Oziol Collectionneur / Sylvie Maisonnet, vice-présidente départementale à l'égalité Femme/Homme - B. Cante / A. Martinez / M. Canuto / France 3 Auvergne

 

Sur le même sujet

14-18. Dans le Puy-de-Dôme, la guerre s’écrit au féminin

Les + Lus