Au CHU de Clermont-Ferrand, des personnels soignants alertent sur l'avenir de l'hôpital public

Mardi 17 décembre, à l’appel du collectif Inter-Hôpitaux et de syndicats, environ 200 personnes ont débrayé entre 13h30 et 14h30 au CHU Estaing de Clermont-Ferrand. Objectif : alerter sur la situation des hôpitaux publics en France.
 

Mardi 17 décembre, environ 200 membres du personnel soignant de CHU Estaing, se sont allongés dans le hall de l'hôpital.
Mardi 17 décembre, environ 200 membres du personnel soignant de CHU Estaing, se sont allongés dans le hall de l'hôpital. © Julien Teiller / France 3 Auvergne
Mardi 17 décembre, pendant une heure, de 13h30 à 14h30, le CHU Estaing de Clermont-Ferrand a tourné au ralenti. Durant cette période, 200 personnes environ ont formé une chaîne humaine à l’aide des personnels soignants : médecins, infirmiers, aides-soignants, internes. Elles se sont aussi allongées dans le hall de l’hôpital pour symboliser la mort de l’hôpital public.

Les revendications n'ont pas changé

Une action du même type a eu lieu au même moment au CHU Gabriel Montpied de Clermont-Ferrand. Nos confrères de France Bleu Pays d'Auvergne ont filmé l'action au CHU Gabriel Montpied. Ce mouvement, lancé à l’appel du collectif Inter-Hôpitaux et de plusieurs syndicats, dénonce la situation des hôpitaux publics en France. Cette action s’inscrit après les mobilisations du 24 octobre et du 14 novembre. Malgré les annonces du gouvernement, les revendications n’ont pas changé : le collectif Inter-Hôpitaux et les syndicats réclament un renforcement des moyens financiers. Sophie Gonnu-Levallois, médecin anesthésiste au CHU Estaing, explique : « On est arrivé au bout de la réorganisation et de l’adaptation. On a l’impression que si on se réadapte, la question est « quelle infirmière, quel service, quel lit supplémentaire je ferme ? ». On a l’impression d’être arrivé au bout des réorganisations possibles sans toucher à la qualité des soins et à la bonne prise en charge des patients ».

Une tribune de 660 médecins

Ils demandent une hausse de 4% de l’enveloppe budgétaire de l’hôpital, une augmentation des salaires et la reconnaissance des qualifications professionnelles. Ils exigent le recrutement immédiat de personnel et la réouverture de lits. Enfin, ils attendent que les soignants et les usagers soient associés aux prises de décision à l’hôpital. Ce mouvement de protestation fait suite à la tribune de 660 médecins publiée dimanche 15 décembre dans les colonnes du JDD. Dans cet article, ils s’insurgent contre les coupes budgétaires dont souffrent les hôpitaux et menacent de démissionner. A Clermont-Ferrand, une quinzaine de médecins figurent parmi les signataires. Etienne Merlin, chef du pôle "femme et enfants" au CHU de Clermont-Ferrand, fait partie de ces signataires. Il indique : « Etre chef de pôle actuellement n’a plus de sens en termes d’aide à la diffusion. J’ai l’impression d’être une courroie de transmission entre des  décisions désagréables prises au-dessus de moi et une application très désagréable à mettre en œuvre en-dessous de moi. Je ne veux plus continuer à cautionner ce système absurde, injuste et qui n’est pas durable. Pour moi, la démission de la chefferie de pôle n’est pas une souffrance ».
 
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