Clermont-Ferrand : 2500 personnes manifestent dans le calme contre la loi El Khomri

A Clermont-Ferrand, 2500 personnes ont manifesté contre la loi El Khomri le 9 avril. Ils étaient plus de 5000 le 31 mars. / © Marie Morin
A Clermont-Ferrand, 2500 personnes ont manifesté contre la loi El Khomri le 9 avril. Ils étaient plus de 5000 le 31 mars. / © Marie Morin

Samedi 9 avril, ils étaient environ 2000 à manifester dans les rues de Clermont-Ferrand, entre la place du 1er mai et la place de Jaude. La mobilisation est en baisse par rapport au 31 mars dernier, mais les manifestants continuent de dénoncer le projet de loi travail de Myriam El Khomri.

Par avec AFP

Dans les rues de Clermont-Ferrand, le slogan "pour embaucher, il faut pas licencier" a été repris en chœur par des milliers de manifestants. Depuis la place du 1er mai jusqu'à la Place de Jaude, le cortège enfle et s'élance. Bien décidé à faire tomber le projet de loi travail.

Au coeur des inquiétudes des personnes rencontrées au sein du cortège : la flexibilité à tout va pour les jeunes et les licenciements facilités arrivent en première place.

Dans la rue, il y a moins de monde que le 31 mars dernier. Mais les manifestants ne sont pas forcément les mêmes. Ce samedi après-midi, à Clermont, la mobilisation contre la loi El Komri est essentiellement familiale. En fin de cortège, malgré le début des vacances, quelques jeunes étaient là. Pour eux, cette loi, c'est avant tout la peur de lendemains difficiles.
Environ 2500 manifestants à Clermont-Ferrand contre la loi travail
Samedi 9 avril, ils étaient environ 2000 à manifester dans les rues de Clermont-Ferrand, entre la place du 1er mai et la place de Jaude. La mobilisation est en baisse par rapport au 31 mars dernier, mais les manifestants continuent de dénoncer le projet de loi travail de Myriam El Khomri. - Reportage : Marie Morin, Christian Darneuville. Montage : Dominique Leyerloup
Mobilisation en baisse dans toute la France

Plusieurs dizaines de milliers d'opposants à la loi travail ont de nouveau manifesté samedi, mais les défilés, organisés pour la première fois un week-end et pendant les vacances scolaires, émaillés d'incidents, ont nettement moins mobilisé que ceux du 31 mars.

L'intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL, Fidl) avait appelé à plus de 200 manifestations et rassemblements partout en France contre ce projet qu'elle juge trop libéral. Il s'agissait de la sixième journée d'action depuis le 9 mars, la troisième réunissant jeunes et travailleurs, mais aussi des retraités et des
familles.

La "mobilisation importante" attendue était loin d'égaler celle de la précédente journée unitaire, qui avait rassemblé le 31 mars entre 390.000 et 1,2 million de manifestants.

À Paris, plusieurs milliers de personnes ont défilé l'après-midi de la place de la République à celle de la Nation, sous un ciel menaçant et dans une ambiance bon enfant malgré des incidents isolés (un policier blessé, une personne interpellée) et des jets de projectile en fin de cortège. Vers 17H00, le face-à-face avec les forces de l'ordre, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, n'était pas terminé.

À Rennes, des heurts ont opposé manifestants et policiers, faisant des blessés de part et d'autre. À Nantes, les forces de l'ordre ont essuyé des jets de projectiles pendant plusieurs heures.

"On entame le deuxième mois" de mobilisation, "on est optimiste et déterminé", a souligné le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, en tête du cortège parisien. À son côté, Philippe Martinez (CGT) a appelé à "remettre les compteurs à zéro pour un vrai code du travail qui permette de protéger les salariés".

Partout la baisse de participation était patente, y compris dans les zones où les vacances n'ont pas commencé, comme à Toulouse où les manifestants étaient entre 8.000 selon la police et 20.000 d'après la CGT, contre 20.000 à 100.000 le 31 mars. Les cortèges ont réuni également quelques milliers de manifestants à Lyon (4.000), Marseille (3.800), Nantes et Grenoble (environ 2.500), Lille et Rennes (1.700), selon les chiffres des autorités.

"On n'a pas peur que ça s'essouffle", a assuré M. Mailly, rappelant qu'en 2006, pour le retrait du contrat première embauche (CPE), la mobilisation avait duré trois mois, y compris pendant les vacances scolaires.

"Ce qu'a réveillé la loi, c'est le refus de la précarisation et du bizutage social", "je ne pense pas que ça va disparaître en quelques jours de vacances", a assuré le président de l'Unef, William Martinet. À Paris, parmi les slogans, au milieu d'une foule de tous âges, on pouvait lire "Game over - le peuple se réveille". Certains portaient des écriteaux avec simplement écrit "non" et des jeunes, nombreux, scandaient "on lâche rien".

"Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère. De cette société, on n'en veut pas!" criait une jeune femme au haut-parleur dans la manifestation lyonnaise. "Il y en a marre de l'exploitation capitaliste qui ne fait que s'aggraver", expliquait à Lille Gérard, retraité de l'enseignement.

Dans le cortège toulousain, des salariés de Continental en grève étaient là, mais aussi des agents hospitaliers, territoriaux, de la CAF, La Poste, des télécoms, de l'Éducation nationale, des cheminots, chômeurs et intermittents.

En soirée, des rassemblements citoyens "Nuit Debout" devaient prendre le relais dans près de 60 villes, notamment pour la première fois à Lille et Nancy, et pour la quatrième nuit consécutive à Toulouse. Ce mouvement citoyen lancé le 31 mars place de la République à Paris dépasse largement les opposants à la loi travail, (réfugiés, mal-logement, précarité, exercice de la démocratie...).

L'Unef et les autres organisations étudiantes et lycéennes seront reçues lundi matin par Manuel Valls, après l'avoir été déjà mercredi par plusieurs ministres. Pendant ce temps, le projet de loi porté par Myriam El Khomri poursuit son parcours législatif. Les députés de la commission des Affaires sociales ont terminé jeudi son examen, apportant des modifications, notamment sur les mesures les plus polémiques: clarification des licenciements économiques, accords dits "offensifs", référendums d'entreprises...

D'ici à l'ouverture des débats le 3 mai, l'intersyndicale compte maintenir la pression avec une "nouvelle journée de grève et de manifestations" le 28 avril.

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