Clermont-Ferrand : le combat d'une femme pour sortir de l'alcoolisme

Laurence Cottet, auteure du livre "Non ! J'ai arrêté - Trouver un chemin de sortie face à l'alcool avec la méthode H3D" (éditions Dunod-Inter), lance un cycle de conférences pour faire de la prévention face à cette maladie. / © Laurence Cottet
Laurence Cottet, auteure du livre "Non ! J'ai arrêté - Trouver un chemin de sortie face à l'alcool avec la méthode H3D" (éditions Dunod-Inter), lance un cycle de conférences pour faire de la prévention face à cette maladie. / © Laurence Cottet

Après deux ans de sevrage, Laurence Cottet, a réussi à guérir de l'alcoolisme, selon ses mots. Une période qu'elle a cachée pendant plusieurs années. Finalement, elle a écrit un livre témoignage et a souhaité sortir de l'anonymat pour sensibiliser à cette cause.

Par Marc Taubert

Quand on demande à Laurence Cottet si elle veut bien témoigner à visage découvert, elle répond d'emblée : "Il n'est pas question de rester anonyme. Maintenant que je suis sortie de l'alcoolisme, mon devoir est de sortir du tabou".
Pour le briser, elle a décidé d'écrire un livre, "Non ! J'ai arrêté - Trouver un chemin de sortie face à l'alcool avec la méthode H3D" (éditions Dunod-Inter) et de lancer un cycle de conférences (voir encadré).

L'entrée dans l'alcool


"Avec le recul, je dois reconnaître avoir eu des excès d'alcool très jeune, quand j'avais 15-16 ans lors de soirées. Je ne savais pas que très jeune, j'habituais mon cerveau à l'alcool, je n'ai pas été éduquée par rapport à l'alcool, en tout cas mal éduquée."
Sa consommation va alors augmenter peu à peu. À 25 ans, elle boit 5 à 6 verres par jour. "Avec mon mari, on se considérait comme des bons vivants."
Cela ne l'empêche pas de faire carrière en tant que juriste dans différentes entreprises. Mais un événement va précipiter sa chute dans l'alcoolisme : "À 35 ans, je perds de manière brutale mon mari. C'est une douleur atroce sur laquelle je vais mettre le pansement alcool. En un an, je deviens alcoolique."

Jusqu'à 2 litres de vin par jour


Désormais, elle organise sa consommation quotidienne. "À ce moment-là, j'ai un environnement personnel qui va faciliter cette consommation. J'étais dans un groupe mondial, Vinci, et il y a de multiples occasions officielles ou clandestines pour picoler. Cela va augmenter mon problème avec l'alcool. Tous les jours, je buvais 1,5 litre à 2 litres de vin."

Laurence Cottet pense alors pouvoir cacher son addiction. Mais des proches commencent à lui rapporter des propos de ses collègues qui disent qu'elle a "une bonne descente". "Quand j'ai su, cela m'a fait mal, je ne pouvais plus nier que j'avais un problème. Je n'ai pas demandé d'aide, je me suis encore plus cachée dans ma consommation. Quand il y avait un pot, j'y allais, et je terminais chez moi, pour ne pas me montrer en public. Personne ne se doutait."

Même son médecin traitant n'ose pas lui en parler par peur de ce tabou.

Se faire soigner


Après 13 ans d'addiction, Laurence Cottet n'arrive plus à se cacher. "Le 24 janvier 2009, je m'effondre, ivre morte à la cérémonie des vœux de Vinci. Je perds tout : ma dignité de femme, mon travail, mes amis. Ma maladie est mise en lumière."
Elle est licenciée suite à cet événement. Elle n'est pas amère quant à cette décision : "Ils avaient raison. Mais tout le monde savait, il faut dire aux entreprises qu'il faut aider les salariés, les accompagner."
Un licenciement en forme de prise de conscience. Au chômage, elle peut se consacrer à se soigner. Pendant 18 mois, elle fait un sevrage ambulatoire et une psychothérapie avec un psychiatre.

L'après alcool


L'alcool lui est formellement interdit. Mais elle tient à préciser : "Je ne suis pas contre l'alcool. Je respecte les 9/10e des Français qui n'ont pas de problème avec."
Laurence Cottet s'inquiète malgré tout de la consommation des jeunes "qui font parfois de l'alcool un jeu."
Alors, un verre de vin par jour, est-ce bon pour la santé ? "Un verre de vin, cela ne fait pas de mal, mais il faut que cela reste un verre de vin", prévient-elle.

Conférence à Clermont-Ferrand

La réunion publique "Alcool - Prévenir la dépendance" aura lieu au cinéma CGR Le Paris, jeudi 23 novembre entre 17 et 19 heures en présence de Laurence Cottet et de l'addictologue, Georges Brousse (CHU de Clermont-Ferrand).

Sur le même sujet

RIC

Les + Lus