Clermont-Ferrand : pourquoi le Planning Familial ne dispensera plus de cours d'éducation sexuelle auprès des scolaires

A Clermont-Ferrand, à partir de 2020 le Planning Familial 63 n'animera plus les séances d'éducation à la vie affective et sexuelle auprès des jeunes. / © Alexandre MARCHI / MAXPP
A Clermont-Ferrand, à partir de 2020 le Planning Familial 63 n'animera plus les séances d'éducation à la vie affective et sexuelle auprès des jeunes. / © Alexandre MARCHI / MAXPP

A Clermont-Ferrand, le Planning Familial 63 vient d’apprendre que l’Agence Régionale de Santé ne financera plus en 2020 ses actions d’éducation à la vie affective et sexuelle dans les collèges et les lycées. Une baisse de subventions qui met en péril son fonctionnement.
 

Par Catherine Lopes

Depuis de nombreuses années, le Planning Familial 63, basé à Clermont-Ferrand, anime des séances d’éducation à la vie affective et sexuelle dans les collèges et les lycées. L’association vient d’apprendre que l’Agence Régionale de Santé ne financera plus ces actions de prévention à partir de 2020. Maud Karinthi, présidente de l’association Planning 63, explique : « Cette baisse de financement représente 30 000 euros en moins pour le Planning Familial 63, soit 10% de notre budget. Nous sommes clairement en danger. Nous sommes inquiets pour nos 4 salariés et nos 2 médecins vacataires ».

A l'Education Nationale de prendre le relais

Sollicitée, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes n’a pas souhaité accorder d’interview mais précise : « L’éducation à la sexualité s’intègre désormais aux enseignements donnés par l’Education Nationale. L’ARS n’a donc plus vocation à financer le déroulement de ces séances qui étaient réalisées dans le Puy-de-Dôme par le Planning Familial 63 ». Maud Karinthi confirme cette information et nous indique qu’il reviendra désormais au personnel de l’Education Nationale de réaliser les séances d’éducation à la vie sexuelle et affective. Elle indique : « Qu’il y ait des formations du personnel en cours, on n’en doute pas. Mais que tout le monde soit formé, on peut en douter ».

Une distance nécessaire qui se crée

Maud Karinthi ajoute : « L’éducation à la vie affective et sexuelle est dans l’ADN de tous les plannings familiaux. Nous pensons que ce n’est pas satisfaisant de se reposer sur l’Education Nationale. De plus, comme nous ne sommes pas des professeurs, il y a une distance nécessaire avec les élèves qui se crée. Qu’en est-il de la libération de la parole pour un élève quand il s’adresse à son professeur ? ». La présidente de l’association Planning Familial 63 est convaincue qu’une intervention d’un partenaire extérieur permet de mieux répondre aux interrogations des jeunes. Avec cette baisse de subventions de l’ARS, le Planning Familial 63 cherche de nouvelles sources de financement, afin de pérenniser son activité.

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