Coronavirus COVID 19 : en Auvergne, des vétérinaires qui rejoignent la réserve sanitaire témoignent

Une clinique vétérinaire. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
Une clinique vétérinaire. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

Pour faire face à l'afflux de malades du coronavirus COVID 19 qui s'annonce en Auvergne, le Conseil de l’Ordre des vétérinaires a appelé ses membres à rejoindre la réserve sanitaire. Des volontaires témoignent. 

Par Camille Belsoeur

C'est le calme avant la tempête. Au CHU de Clermont-Ferrand et dans les hôpitaux d'Auvergne, la vague de malades du coronavirus COVID 19 n'est pas encore arrivée. Mais les professionnels de santé voient l'afflux de patients se rapprocher, alors que les cas confirmés continuent de se multiplier dans la région et que les urgences sont débordées dans l'Est de la France. 
 

Pour faire face à la propagation de l'épidémie, c'est donc tout le système de santé auvergnat qui se mobilise. Le 20 mars, le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires a appelé à son tour les étudiants et les vétérinaires volontaires à rejoindre la réserve sanitaire du ministère de la Santé. Regroupant des professionnels de tous les métiers du secteur de la santé, salariés, libéraux ou retraités, elle est mobilisée par les autorités lorsque une situation sanitaire exceptionnelle nécessite l’envoi de renforts. 


"Historiquement, on est une profession qui est là pour protéger l'homme des maladies de l'animal"

"Nous sommes beaucoup à nous être inscrit sur le site du ministère et nous sommes disponibles. À Clermont-Ferrand, le CHU ne nous a pas appelés pour le moment car ils ne sont pas débordés même s'ils ont déjà eu des cas graves", témoigne Hélène Pasquet, vétérinaire à Riom dans le Puy-de-Dôme, et volontaire dans la réserve sanitaire. Elle n'a pas hésité une seconde à repondre à l'appel. "Historiquement, on est une profession qui est là pour protéger l'homme des maladies de l'animal donc faire face à une épidémie comme celle du coronavirus ça nous parle, même si nous ne sommes pas considérés officiellement comme des professionnels de santé", poursuit-elle.

Certains étudiants vétérinaires ont la même envie d'être utiles.

"J'ai répondu sans hésiter. Nous sommes des gens formés à la médecine même si nous sommes formés pour soigner des animaux. Nous avons beaucoup de formations en soin intensif et le fait d'étudier de nombreuses espèces animales permet de facilement s'adapter à quelque chose de nouveau. C'était dur de voir des professionnels de santé être débordés dans les hôpitaux alors que nous devions rester confiné chez nous sans rien pouvoir faire", confie Eloïse Lesca, originaire d'Arronnes dans l'Allier et étudiante à l'école vétérinaire de Lyon.
 

 

"J'ai énormément d'amis qui relaient l'appel de la réserve sanitaire"

L'information circule très vite parmi les étudiants vétérinaires. "J'ai énormément d'amis qui relaient l'appel de la réserve sanitaire sur des pages Facebook et nos professeurs nous disent que c'est bien de se mobiliser", dit Eloïse Lesca. Cette étudiante en 5ème année admet que sa seule peur n'est pas d'être contaminée par le coronavirus, mais de faire face à une forte émotion si elle doit traiter de près ou de loin le cas de patients dans un état grave. "On essaye toujours de faire de notre mieux pour soigner des animaux auxquels sont très attachés leurs propriétaires, mais un être humain c'est encore quelque chose de différent".

Selon l'Ordre national des vétérinaires, la mission des volontaires serait probablement d’aider à la régulation téléphonique dans les centres d’appels, tout en ajoutant que d’autres missions pourraient aussi être confiées.

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