Coronavirus : « Le gouvernement a enfin pris les choses en main », Andréa Innorta cardiologue à Clermont-Ferrand

Cardiologue au CHU de Clermont-Ferrand, Andrea Innorta avait, avec des confrères, tiré la sonnette d’alarme face à l'épidémie de Coronavirus COVID-19, samedi 14 mars. Les fermetures annoncées sont une "bonne nouvelle", même si, selon le médecin, tout n'est pas encore gagné. 
Une dizaine de médecins de Clermont-Ferrand ont tiré la sonnette d'alarme samedi 14 mars quant à l'évolution de l'épidémie du virus Coronavirus COVID-19. Après les mesures prises par le gouvernement, les médecins sont rassurés.
Une dizaine de médecins de Clermont-Ferrand ont tiré la sonnette d'alarme samedi 14 mars quant à l'évolution de l'épidémie du virus Coronavirus COVID-19. Après les mesures prises par le gouvernement, les médecins sont rassurés. © M. Besse / FTV
« Je vous demande de considérer que seulement une fermeture totale de tous les lieux publics pourra nous sauver d’une catastrophe sans précédent ». C’est ce qu’Andrea Innorta, cardiologue au CHU Gabriel-Montpied de Clermont-Ferrand, a écrit samedi 14 mars, sur les réseaux sociaux. Il s’adressait alors aux pouvoirs publics et une dizaine de médecins ont co-signé ce texte. 
Quelques heures après cet appel, le Premier ministre, Edouard Philippe, annonce le passage en stade 3 et la fermeture « de tous les lieux recevant du public non-indispensables à la vie du pays »
 

« Une fermeture totale de tous les lieux publics pourra nous sauver d’une catastrophe sans précédent »

Une "bonne nouvelle" pour le cardiologue de Clermont-Ferrand « soit on est devins, soit ils nous ont écoutés, mais c’est très bien. Le gouvernement a enfin pris les choses en main. Il fallait qu’ils prennent cette décision ». Samedi, Andrea Innorta, originaire d’Italie et en contact régulier avec ses anciens collègues de Milan, expliquait son inquiétude « pour éviter ce qu’il se passe en Italie, il faudrait tout fermer. Au début, ils ont dit que ce n’était pas grave et en 10 jours, ils se sont retrouvés dépassés par l’afflux des malades. Le chef de service de réanimation de l’hôpital de Milan me racontait que tous les lits étaient pris par des personnes atteintes du COVID-19 »
 

« Le problème, c’est le contact avec les gens »

« Le problème, c’est le contact avec les gens. Le virus reste sur la surface pendant plusieurs heures. Si un patient est infecté par le Coronavirus COVID-19 et qu’il prend le tramway, qu’il touche quelque chose ou qu’il s’assoit, même s’il porte un masque, le virus, lui, restera sur le siège pendant trois heures », ajoute Andrea Innorta. 
S’il est rassuré des mesures prises par le gouvernement français, il s’inquiète pour les élections municipales. « On n’est pas en mesure d’empêcher la propagation du virus dans les isoloirs. Et on ne pourra pas empêcher les petits rassemblements »
 

Eviter au maximum les déplacements 

« La prochaine étape est de convaincre les plus de 70 ans et les plus fragiles, comme les personnes diabétiques, les personnes immunodéprimées, de limiter au maximum les déplacements. Pour les autres, il faut surtout éviter de propager le virus », termine le cardiologue qui recommande d’éviter les contacts entre les individus. 

Pour rappel, selon les derniers chiffres de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, 449 cas confirmés au COVID-19 ont été recensés samedi 14 mars et 12 décès dans la région.

Il faut limiter la circulation du virus et se protéger, les gestes barrières restent les plus efficaces : 
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