Dans une petite commune du Puy-de-Dôme, comment quatre amis essaient de développer le padel

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Depuis quelques mois, une entreprise créée par quatre amis a transformé un terrain de tennis à l’abandon en terrain de padel, à Malauzat, près de Clermont-Ferrand. Ce sport de raquettes est en plein essor. L’entreprise espère convaincre d’autres municipalités de suivre l’exemple de la petite commune du Puy-de-Dôme.

C’est une belle histoire d’amitié comme on aime en raconter. En 2021, quatre amis ont fondé l’entreprise Access Padel. Leur ambition : développer une pratique qui les passionne, le padel. Ce sport de raquettes, dérivé du tennis, se joue sur une demi-court entouré de parois sur lesquelles la balle peut rebondir. Cette discipline est très ludique et les règles sont simples. Les quatre amis, Jean-Christophe Maillard, Cédric Aupet, Mathieu Faure et Gaël Leclainche, jouaient régulièrement au padel depuis plusieurs années et ont testé de nombreux terrains dans le département du Puy-de-Dôme. Mais la pandémie de COVID est venue contrarier leur projet. Jean-Christophe Maillard, associé d’Access Padel, raconte : “Juste avant la pandémie de 2020, avec trois amis, nous avons découvert le padel. Avec le contexte, on n’a malheureusement pas pu continuer à jouer, car on jouait dans des structures fermées, type H-Park. On a fait une recherche de de terrains extérieurs et on s'est rendu compte qu'il y en avait très qui existaient dans le Puy-de-Dôme. On s’est alors dit qu’il y avait quelque chose à faire. Nous quatre, on adorait jouer au padel et on avait envie de développer du coup l'offre en extérieur”.

"C’est une entreprise de copains, qui n’est pas là pour gagner de l’argent"

Ils décident alors de se lancer dans une aventure entrepreneuriale et de construire et exploiter des terrains extérieurs. Access Padel voit ainsi le jour. Trois membres du quatuor étaient déjà chefs d’entreprise : le projet n’a pas été lancé au hasard. En mai 2021, la société est lancée sous la forme d’une SAS, avec les quatre amis associés à part égales : “C’est une entreprise de copains, qui n’est pas là pour gagner de l’argent. C'est une aventure pour développer un sport qu’on aime apprécie particulièrement. On veut faire en sorte que d'autres personnes prennent autant de plaisir que nous”. Pour eux, pas question d’artificialiser davantage les sols. Ils décident alors de créer un partenariat avec la mairie de Malauzat, près de Clermont-Ferrand, qui possède un terrain de tennis à l’abandon depuis plusieurs décennies. L’emplacement est idéal et ils y voient un triple objectif : 
- réhabiliter un terrain en friche donnant une image négative à l’environnement, 
- redynamiser le village par le sport de proximité, 
- promouvoir cette activité de loisirs qui se joue à 4 et crée du lien social.  

Un vieux terrain de tennis à l'abandon

Jean-Christophe Maillard poursuit : “Cela a encore été une histoire d’opportunité. Parmi nous quatre, il y en a un qui est originaire de la commune de Malauzat, près de Châteaugay. Il avait connaissance d’un terrain de tennis à l’abandon. Nous nous sommes rapprochés de la mairie. Nous leur avons proposé de réhabiliter ce terrain abandonné, avec 30 cm de mousse dessus. La mairie a été assez réceptive et nous avons construit ce projet conjointement. On a réfléchi ensemble. Le projet a pu voir jour et ça a été une grande satisfaction”. Les premiers coups de raquettes ont été donnés en septembre 2021. L’un des associés souligne : “Il y a une vraie demande et les gens sont contents : beaucoup de personnes se sont inscrites sur notre plateforme de réservation. Il y aussi des habitants de Cébazat, Riom mais pas seulement”.  


Une réservation en ligne

Pour réserver, il faut aller sur le site Internet. Il suffit de créer un compte, acheter des tickets, sachant qu’un ticket équivaut à une heure de jeu. Il faut s’inscrire sur un planning de réservation. Cela génère un code sur place qui vous permet d’accéder au terrain. “L’heure de location est à 24 euros pour 4 personnes, ce qui fait 6 euros de l’heure par personne. Un tarif dégressif a été mis en place : ça peut revenir à 5 euros de l’heure par personne si vous achetez 10 tickets” indique Jean-Christophe Maillard. L’objectif est de convaincre d’autres communes. Des discussions sont en cours. Le passionné de padel précise : “On commence à tisser des des relations avec des communes. Il y en a certaines aussi qui nous sollicitent, qui ont eu vent de ce projet de Malauzat et et qui pourrait être intéressées. En fait, l'avantage pour la commune, c'est que ça ne représente pas d'investissement puisque c'est nous qui supportons l'investissement et également la gestion”.

Un investissement de 50 à 60 000 euros

Il ajoute : “On paie la structure, les travaux, les aménagements. La commune de Malauzat nous a aidés pour tout ce qui relève de l’organisation. Notre investissement demande à être rentabilisé sur du moyen et long terme. On établit un partenariat avec la commune pour amortir la structure”. A Malauzat, 50 à 60 000 euros ont été investis. “Il va falloir augmenter l’investissement de 30 voire 40 % à cause de la hausse des prix des matériaux” déplore Jean-Christophe Maillard. Il insiste : “Il y a un potentiel, c’est très clair. Les chiffres du nombre d’adhérents, de licenciés progressent depuis quelques années, de façon significative. En France cela date de 2015 environ. En Espagne, c’est un phénomène plus ancien. C’est le deuxième sport le plus pratiqué derrière le football. Des têtes d’affiche comme Zinedine Zidane ou Cyril Hanouna promeuvent ce sport”.

Un sport "addictif"

Actuellement on compte 25 000 licenciés en France. Le chef d’entreprise rappelle : “La croissance du nombre de licenciés est exponentielle. C’est un sport qui a la particularité d’être addictif. On prend du plaisir rapidement et on peut y jouer sans être un gros sportif”. Raphaël Roussy, adjoint (SE) de Malauzat, raconte comment le contrat a été établi : “C'était un terrain qui était un ancien terrain de tennis, qui était à l'abandon. Ce qui nous a séduit c’est qu’on a pu le réhabiliter.  La proposition était intéressante parce que financièrement, la commune n’avait rien à amener. On participe un peu à l'entretien autour du terrain, mais ça reste vraiment très raisonnable. Ils nous versent quelques charges parce qu'ils sont connectés sur notre électricité. La société amène une visibilité pour notre commune, faisant de la publicité pour nous quelque part”.

L'élu de la commune de 1 200 habitants souligne : “Au début, les lumières étaient mal réglées, donc ça un peu râlé. Depuis, c'est réglé et les gens sont plutôt contents. Oui. Après, je pense que ça ne va pas servir essentiellement aux habitants de Malauzat”. L’adjoint a déjà été contacté par d’autres municipalités pour en savoir plus sur les modalités du contrat. “Une journée par an ou deux est programmée pour les enfants de l'école : cela permettra de faire connaître le terrain et le padel” conclut Raphaël Roussy. Des enfants qui seront peut-être des futurs habitués du terrain de padel, histoire de faire connaître cette discipline en plein essor.