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Education : y a-t-il une pénurie de médecins scolaires dans l’académie de Clermont-Ferrand ?

Depuis quelques années, la profession de médecin scolaire souffre d'un manque d'attractivité, comme par exemple à Clermont-Ferrand. / © Christian Philippe / MAXPPP (photo d'illustrer)
Depuis quelques années, la profession de médecin scolaire souffre d'un manque d'attractivité, comme par exemple à Clermont-Ferrand. / © Christian Philippe / MAXPPP (photo d'illustrer)

Quelque 27 médecins scolaires pour 224 708 élèves dans l’académie de Clermont-Ferrand. Pour les syndicats, ce chiffre est le reflet d’une pénurie de médecins scolaires. Le rectorat concède des difficultés de recrutement.
 

Par Catherine Lopes

Alors que la rentrée des classes vient de se passer, une profession vient également de reprendre le chemin des établissements : les médecins scolaires. Mais bon nombre d’entre eux semblerait avoir le blues. Y compris dans l’académie de Clermont-Ferrand, où ils sont 27 médecins pour 224 708 élèves. Odile Cochetel, secrétaire régionale et académique du syndicat des médecins scolaires SNMSU, explique : « Aujourd’hui un tiers des postes proposés au niveau national sont vacants. Par exemple, en Haute-Loire, il y a 2 médecins scolaires, alors qu’il en faudrait 5. Dans le Puy-de-Dôme, il y a 8 médecins sur le terrain. Ils étaient le double il y a à peine 10 ans ».

Des difficultés à recruter

Du côté du rectorat de Clermont-Ferrand, le langage est beaucoup plus policé. Ainsi, Benoît Verschaeve, secrétaire général de l’académie, souligne : « On ne parle pas de pénurie mais de difficultés à recruter un nombre suffisant de médecins titulaires. On a sur l’académie une petite trentaine d’emplois de médecins scolaires. Ces emplois ne sont pas tous pourvus par des fonctionnaires, on fait appel à des contractuels, à des vacataires ».

Plus loin de la vie scolaire

Pour les médecins scolaires, ce manque de professionnels conduit à un éloignement des médecins de la vie scolaire. Odile Cochetel affirme : « Sur le terrain, nous sommes de moins en moins proches des élèves. Nous les suivons de la maternelle au post-bac. Avant, nous étions très connus dans tous les établissements, nous venions facilement. Nous passions par exemple une fois par semaine dans les collèges. Désormais, si nous passons une fois par mois c’est déjà bien ». Fleur Rouveyrol, médecin conseiller technique du recteur, explique aussi que face au manque de médecins, il faut revoir la façon de travailler : « Est-il toujours nécessaire de se déplacer ? Il faut rationnaliser les choses. On peut aussi travailler par téléphone ».

Un vrai manque d'attractivité

Depuis les années 2000,  la médecine scolaire se trouve confrontée à des orientations nouvelles et essentielles : la promotion de la santé scolaire pour tous les enfants, la scolarisation des enfants atteints de handicaps ou de maladies chroniques, le dépistage des troubles de l’apprentissage ou du langage. Ces orientations se sont ajoutées aux missions antérieures, dont les visites de dépistage ne sont plus qu’une des nombreuses tâches imparties à la médecine scolaire. Le rectorat de Clermont-Ferrand semble conscient que cette filière est en souffrance ; le médecin conseiller technique du recteur déclare : « Il y a un vrai manque d’attractivité. Mais on y travaille. L’image semble poussiéreuse et n’est pas valorisée ni connue. Pour cela il faut la faire découvrir. Cela passe par des cas cliniques montrés dès l’UFR de médecine, avec des sujets comme la petite enfance, la veille sanitaire ou encore la pédopsychiatrie ». Benoît Verschaeve, secrétaire général de l’académie, ajoute : « L’attractivité est liée à une problématique plus large du manque de médecins. Certes il y a le problème de la rémunération, mais par rapport aux autres médecins, il y a un mode de vie et des horaires différents ».

Une rémunération qui pose problème

La rémunération, c’est justement là où le bât blesse. Selon Odile Cochetel « Un médecin scolaire débutant touche 2 000 euros net. Avec ça on n’arrive pas à attirer. Le syndicat des internes demande de ne pas accepter un poste en-dessous de 3 000 euros. Vous comprenez la suite… ». Fleur Rouveyrol poursuit : « Une Formation Spécialisée Transversale en médecine scolaire vient d’être créée. La surspécialité pour les internes débute en novembre. Notre espoir est de mieux recruter d’ici 5 ans ». Odile Cochetel conclut : « Notre métier doit être mieux reconnu et notre grille salariale doit être revalorisée. Nous devons faire le bilan des 5-6 ans. Mais par manque de temps et d’effectifs, nous ne voyons que 20 % des grandes sections. C’est dommageable ».

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