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Fatigue, pression, salaire : le ras-le-bol des policiers du Puy-de-Dôme

Avec le mouvement des gilets jaunes et la menace terroriste, les policiers sont mis à rude épreuve. / © GEORGES GOBET / AFP
Avec le mouvement des gilets jaunes et la menace terroriste, les policiers sont mis à rude épreuve. / © GEORGES GOBET / AFP

Après un mois intense de manifestations et la gestion constante de la menace terroriste, les policiers sont épuisés. Dans le Puy-de-Dôme, le syndicat Unité SGP Police FO demande que la parole des policiers soit enfin écoutée.
 

Par Catherine Lopes

Alors que le mouvement des gilets jaunes semble marquer le pas sur les ronds-points, le gouvernement doit gérer une nouvelle mobilisation : celle des policiers qui dénoncent leurs conditions de travail et de rémunération. Dans le Puy-de-Dôme, Frédéric Saby, secrétaire départemental Unité SGP-Police-FO, a du mal à cacher sa colère : « En 29 ans de police, je n’ai jamais vu ça, autant de fatigue et de pression sur les collègues. C’est quasiment inhumain le traitement qu’on leur inflige ».


Des départs non remplacés



Il explique que les difficultés se sont multipliées à cause de la fréquence des mouvements sociaux et de la menace terroriste. Il affirme : « En un peu plus de 10 ans, dans le Puy-de-Dôme, entre 70 et 80 gradés gardiens de la paix n’ont pas été remplacés suite aux départs à la retraite ou aux mutations. Les missions se multiplient et les effectifs fondent comme neige au soleil ».


Le problème des heures supplémentaires



Le syndicaliste rappelle que 23 millions d’heures supplémentaires, au plan national, n’ont pas été payées. « En fin de carrière, certains collègues ne sont plus en service actif un an ou un an et demi avant leur retraite. C’est colossal. Les compteurs individuels sont gigantesques. Quand vous partez le matin, vous ne savez pas à quelle heure vous rentrerez à la maison. Les policiers sont corvéables à merci » précise-t-il.


Une prime jugée insuffisante



Mardi 18 décembre, le gouvernement a proposé une prime de 300 euros pour les 111 000 policiers et gendarmes mobilisés lors de la crise des gilets jaunes. Une mesure qui ne satisfait pas entièrement Frédéric Saby. Il indique : « Cela fait toujours plaisir une prime. Sauf que ce n’est pas ce que l’on demande. C’est bien de nous féliciter mais il faut que cela se traduise en bas de la fiche de paie. De plus, va-t-on accorder cette prime aux adjoints de sécurité ? Donner à tous semblerait plus juste et mérité ».



Des unités sous-équipées



Le représentant syndical déplore également le manque d’équipement qui touche certains services. Il ajoute : « Pour les unités qui pratiquent le maintien de l’ordre, les équipements sont plutôt satisfaisants. En revanche pour les autres unités, les effectifs des voies publiques, c’est problématique. On manque de protections, de jambières, de casques ».
La colère gronde chez les policiers si bien que certains ne cachent pas leur sympathie pour le mouvement des gilets jaunes. Frédéric Saby conclut : « Certains collègues s’y retrouvent parfaitement avec les gilets jaunes pacifiques. Il y a parmi eux des amis, des voisins. Ils comprennent leurs revendications ». Après les gilets jaunes, aura-t-on un mouvement des gilets bleus? Le gouvernement cherche à désamorcer la crise puisque mardi 18 décembre, en fin d’après-midi, le ministre de l’Intérieur devait rencontrer les 3 principales organisations syndicales de police.
 

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