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Lancée à Clermont-Ferrand, la marque “Altitude 1886” s'engage pour le respect des animaux et des éleveurs

Les salers, l'une des races bovines les plus représentées au Sommet de l'élevage de Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme), en train de paître dans un champ du Cantal. / © C. Bernard / France 3 Auvergne
Les salers, l'une des races bovines les plus représentées au Sommet de l'élevage de Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme), en train de paître dans un champ du Cantal. / © C. Bernard / France 3 Auvergne

Autrefois pénalisé par la taille modeste de ses exploitations, l'élevage du Massif central dispose de critères aujourd'hui prisés par les consommateurs de viande. Lancée le 5 octobre au Sommet de l'élevage de Clermont-Ferrand, la marque locale "Altitude 1886" compte respecter animaux comme éleveurs.

Par Valentin Pasquier

Terre traditionnelle d'élevage bovin, le Massif central s'est toujours caractérisé par des exploitations familiales de petite taille. Ce qui peut être considéré comme un handicap si l'on ne se soucie que de productivité, se révèle aujourd'hui être un atout à l'heure où les consommateurs recherchent des produits issus de l'agriculture dite "raisonnée" ou "éthique".

Pour se faire connaître de ces potentiels consommateurs, des producteurs ont lancé ce 5 octobre, à l'occasion du dernier jour du Sommet de l'élevage à Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme), une nouvelle marque. Il s'agit d'"Altitude 1886", un clin d'oeil à celle du puy du Sancy, point culminant du Massif central.

Des bêtes qui broutent de l'herbe

"Nous sommes sortis de notre région pour comprendre ce qu'attendait le consommateur français, raconte Bruno Dufayet, président de la fédération nationale bovine (FNB). Il est apparu qu'il attend essentiellement de la production de viande qu'elle respecte des enjeux environnementaux, qu'elle soit issue de petites exploitations où les troupeaux sont soignés et mangent de l'herbe." Il ajoute : "Ça peut paraître évident, mais ce n'est pas le cas partout, notamment dans les énormes exploitations." 

Ainsi, les viandes Altitude 1886 respecteront une charte éthique. Elles seront issues d'exploitations où le nombre d'animaux n'excédera pas cent bêtes pour un exploitant, "un équilibre pour bien maîtriser à la fois la production et le bien-être animal," juge Bruno Dufayet. Les bêtes sont aussi laissées en pâture sur des surfaces recouvertes à plus de 70% d'herbe, et les éleveurs s'engagent à n'utiliser aucun organisme génétiquement modifié (OGM).
 
Les présidents Bruno Dufayet (FNB), Jacques Chazalet (Sommet de l'élevage) et Patrick Bénézit (FRSEA Massif central) présentaient dans la matinée du 5 octobre les steaks hachés vendus sous la marque Altitude 1886. / © Lydie Ribes / France 3 Auvergne
Les présidents Bruno Dufayet (FNB), Jacques Chazalet (Sommet de l'élevage) et Patrick Bénézit (FRSEA Massif central) présentaient dans la matinée du 5 octobre les steaks hachés vendus sous la marque Altitude 1886. / © Lydie Ribes / France 3 Auvergne

 

Des éleveurs mieux rétribués

Cette philosophie convient tout à fait aux cinq coopératives agricoles et aux trois entreprises d'abattage rangées derrière Altitude 1886. "Les agriculteurs attendent deux choses. Tout d'abord, répondre à la demande des consommateurs, montrer leur façon de travailler afin d'éviter certaines caricatures. Et puis ils cherchent une revalorisation de leur travail, de tirer un revenu correct," note Patrick Benezit, président de la FDSEA du massif central.

Altitude 1886 se dote donc aussi d'un chapitre équitable. Qu'ils soient éleveur, abatteur ou distributeur, les partenaires de la marque seront tous rétribués justement en fonction de leurs coûts de production. "Chacun de nos partenaires s'est engagé à respecter les coûts des un et des autres, sans aucune protestation. Ça participe à l'originalité de la démarche !" souligne Patrick Benezit.

La marque, qui présente pour le moment exclusivement de la viande hachée et en découpe, commencera à être commercialisée au début de l'année 2019. Viendra sans doute ensuite le lait de montagne. "Ce n'est pas impossible que ces valeurs de l'élevage du Massif central puissent être étendues à d'autres produits, estime Patrick Benezit. [...] On verra si le consommateur sera au rendez-vous, seul lui pourra décider !"

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