Maltraitance animale à Clermont-Ferrand : " On voit des cas très difficiles "

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Écrit par S.B avec La Rédaction

Cet été, les cas de maltraitance animale se sont multipliés dans l'agglomération de Clermont-Ferrand. L'association protectrice des animaux (APA) est submergée. Elle tire la sonnette d'alarme face à des signalements quotidiens.

Cet été, à Clemont-Ferrand, les histoires de maltraitance animale se multiplient. Il y a eu ce chien tué par son maître en plein centre-ville, ce cas d'une pet-sitteuse qui a oublié un chien dans une voiture au soleil. Il y a aussi l’histoire de p’tit Loup, un bébé Fitz de 5 mois abandonné dans une poubelle et recueilli par l’APA (association protectrice des animaux). « Sa propriétaire ne pouvait plus le gérer, elle en a eu marre. La solution qu’elle a trouvé, c’est de le mettre dans le container. Il a été trouvé par des passants avec une fracture de la patte arrière », dénonce Juliette Cohade, salariée de l'association protectrice des animaux.

"On a des déclarations de maltraitance qui tombent tous les jours"

Il y a aussi ce jeune chat dont on ne connaît pas le nom. Sa propriétaire ne s’est toujours pas inquiétée de lui, raconte Juliette Cohade : « Il y avait 3 chats au domicile. Il y en a un qui, malheureusement, est passé par la fenêtre et qui est décédé sur le balcon de la voisine du dessous. On s’est aperçus que la propriétaire était absente depuis une quinzaine de jours. Quand on a fait une ouverture de porte, on s’est aperçus qu’il restait 2 chats au domicile, lui et un autre, qui malheureusement est décédé de malnutrition. » Et puis Rayko, laissé dans une cage sans eau en plein soleil sur un balcon. Et le gentil Sultan, enfermé dans un appartement pendant 2 ans sans jamais sortir… Cet été, l’association protectrice des animaux à Gerzat est débordée par les cas de maltraitance animale. Le nombre de dossiers a tout simplement doublé. « On a des déclarations de maltraitance qui tombent tous les jours sur des chiens dans des conditions insalubres, sur des animaux abandonnés dans les domiciles…C’est du quotidien et c’est vraiment un temps énorme pour gérer tous ces dossiers », indique Juliette Cohade.

"Il y en a de plus en plus et de plus en plus graves"

Que se passe-t-il donc en cet été 2022 dans la tête des propriétaires ? A l’APA on est en peine d’avoir la réponse, mais on déplore l’absence de sanctions. « La législation se durcit chaque année mais, malgré tout, il n’y a rien qui se fait. On met un gros point d’exclamation là-dessus. Toutes nos plaintes reviennent classées sans suites », s’indigne Caroline Filleton, elle aussi salariée de l'association protectrice des animaux. L’APA constate même que de plus en plus d’animaux sont abandonnés dans la nature alors qu’ils sont pucés. Les maîtres sont identifiables mais cela ne les empêche pas de laisser leur chien ou leur chat livré à lui-même.  

Le président de l’APA Ramon Ferrer analyse : « Ce qui a changé depuis 2 ans, c’est le nombre et c’est la dureté. La société s’est beaucoup endurcie, elle a pris certaines distances par rapport à des règles de vivre-ensemble et de bientraitance animale. Aujourd’hui, on voit des cas très difficiles. Ce sont d’abord des drames humains qui se répercutent sur les animaux. On en a encore eu 2 dans la semaine, par exemple quelqu’un qui traînait sa chienne par terre avec une laisse, qui la battait… Il y en a de plus en plus et de plus en plus graves. »

Un chien tué

La série noire des faits-divers liés aux animaux a commencé mardi 9 août. Un SDF a tué son chien en plein centre-ville de Clermont-Ferrand. Vers 14h30, la police a été appelée près de la préfecture car un sans-abri était en train de projeter à plusieurs reprises son chien sur le trottoir. Le chien, un terrier, est mort à la suite des coups qu’il a reçus. Le maître, âgé de 46 ans, était alcoolisé. Il a été placé en garde à vue. Il a expliqué aux policiers que son chien avait été heurté par une voiture. Il voulait donc l’euthanasier par ses propres moyens. Des témoins de la scène ont donné en revanche une version différente. Le sans-abri est ressorti libre du commissariat. Il a reçu une convocation pour être jugé le 13 mai 2023. Il est poursuivi pour acte de cruauté sur animal ayant entraîné la mort. L’association de protection des animaux s’est portée partie civile.

Un pet-sitter mis en cause

A peine quelques jours après, la police de Clermont-Ferrand a saisi 18 chiens et un chat chez un pet-sitter de Clermont-Ferrand, samedi 13 août. Les forces de l’ordre ont d’abord été appelées pour un chien oublié dans une voiture. Les policiers ont trouvé un berger mal en point dans une voiture au soleil. Ils ont également été intrigués par des aboiements en provenance d’une maison. Ils ont découvert 17 chiens dans des cages réparties entre le salon et le garage. Les animaux étaient en bonne santé, ils n’étaient pas agressifs, ils avaient à boire et à manger, les locaux étaient bien entretenus mais la police a jugé que les conditions n’étaient pas réunies pour accueillir des chiens correctement. L'homme de 28 ans, qui s'occupait des animaux au moment de l'intervention de la police, a été placé en garde à vue. Il n'était pas déclaré en tant que pet-sitter. Il a expliqué aux enquêteurs que c’était sa petite amie qui avait en charge les chiens. Il la remplaçait le temps qu’elle était partie au travail. Cette jeune femme avait déjà fait l'objet d'un retrait d'animaux en tant qu'éleveuse et d'un signalement au parquet en tant pet-sitteuse. La jeune femme a été placée à son tour en garde à vue samedi soir. L'enquête a mis au jour qu'elle était déclarée en tant qu'auto-entrepreneuse et qu'elle recrutait ses clients sur les réseaux sociaux et le site Leboncoin. Elle prenait 8 euros par jour.

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