Mondiaux d’athlétisme : 3 questions à Renaud Lavillenie

Après une saison marquée par les blessures, le perchiste de Clermont-Ferrand Renaud Lavillenie s'apprête à s'aligner pour les Mondiaux d'athlétisme de Doha. / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP
Après une saison marquée par les blessures, le perchiste de Clermont-Ferrand Renaud Lavillenie s'apprête à s'aligner pour les Mondiaux d'athlétisme de Doha. / © ROMAIN LAFABREGUE / AFP

Du 27 septembre au 6 octobre, les stars de l’athlétisme se réunissent au Qatar, à Doha, pour les championnats du monde. Le perchiste de Clermont-Ferrand, Renaud Lavillenie, sera en lice. Il fera pour une fois non pas figure de favori mais d’outsider.
 

Par Propos recueillis par Jean-Luc Roussilhe

A Doha, au Qatar, les championnats du monde d’athlétisme se tiendront du 27 septembre au 6 octobre. Des Mondiaux décalés à la fin de l’été pour raisons météorologiques. C’est la première fois que Clermont Athlétisme qualifie trois perchistes : Alioune Sène, Valentin Lavillenie et bien sûr Renaud Lavillenie. Le détenteur du record du monde du saut à la perche, à cause de blessures, n’arrive pas en favori. Mais il est prêt à réaliser un exploit. Avant de s’envoler pour Doha, il a accepté de répondre à nos questions.

Question : Cette médaille d’or aux championnats du monde est la seule qui manque à votre palmarès. Pourquoi courrez-vous après cette récompense ?

Renaud Lavillenie : La course je ne sais pas mais c’est à chaque fois une médaille qui m’a échappé. Il y a des fois où ça m’a échappé bêtement par ce que j’ai fait des bêtises et des fois où je n’étais pas au niveau auquel j’aurais dû être. Après, à chaque fois, j’ai réussi à avoir une médaille, donc c’était quand même une consolation. Cette année, il s’agit d’un sentiment différent car à chaque fois je savais que je pouvais gagner, là clairement, je sais que ça va être très compliqué, vu à la fois le niveau des autres et vu mon manque de réglages, dû aux blessures du début de saison. C’est la première fois où je ne suis pas le favori de la compétition. On va voir si ça va me porter chance ou pas…
 

Question : Est-ce que ce statut d’outsider vous enlève de la pression sur cette compétition ?

Renaud Lavillenie : Je dirais que cela enlève une manière de voir la compétition. D’habitude je sais qu’il y a une certaine attente, je suis réglé, j’ai des performances, j’ai des repères qui font que si je fais moins que 3e c’est que vraiment quelque chose s’est mal passé. Je sais que cela va être aussi dur d’être premier que d’être 3e voire 5e parce que j’ai un manque crucial de repères. Après, je sais que par le passé, j’ai réussi à me sortir de situations très difficiles. Je vais y aller plus avec le fait d’y aller avec l’envie de sauter, d’avoir le plaisir de sauter en championnat qui est juste incroyable. Je vais essayer de me transcender barre après barre, pour aller jusqu’au bout de ce que je peux faire.

Question : Avez-vous encore l’envie de marquer les esprits, de réaliser de grandes performances ?

Renaud Lavillenie : Certaines performances appartiennent au passé mais il y a toujours la possibilité d’écrire l’histoire. Cela reste toujours une motivation et c’est toujours plaisant de voir ces unes journaux (NDLR) toutes aussi importantes les unes que les autres. Il n’y a pas de gestion de fin de carrière pour moi. L’objectif est de continuer, de me faire plaisir, de pouvoir sauter jusqu’au maximum que je peux faire. Après, je suis conscient que cela va être de plus en plus dur de faire de grosses performances, mais cela fait partie du jeu. A partir du moment où je prends toujours du plaisir à être sur un stade, je veux aller jusqu’au bout. Dans un premier temps, on va se concentrer sur les Mondiaux, dans une semaine, après il y a les Jeux Olympiques de Tokyo qui vont arriver vite et après je pense aller plus loin, dans une optique différente en termes de compétition purement sportive. Mais toujours avec la volonté de sauter parmi les meilleurs.
 

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