Pourquoi la bûche de Noël va coûter plus cher cette année

Publié le
Écrit par Emilie Mechenin .

Farine, œuf, beurre : tous les ingrédients qui composent la bûche de Noël connaissent une forte inflation. Alors que le prix de l'énergie explose, comment les pâtissiers se préparent pour les fêtes de fin d'année ? On fait le point dans le Puy-de-Dôme.

Prix de l'énergie à la hausse et cours des matières premières qui s'affolent : pour la bûche de Noël, les pâtissiers surveillent leurs recettes de près. "C'est surtout pour le beurre et la crème qu'on a des inquiétudes. Les produits laitiers représentent entre 20 et 60 % d'une bûche de Noël et on pourrait en manquer d'ici la fin de l'année, prévient Xavier Bordet, président de la Fédération des artisans boulangers du Puy-de-Dôme. On risque la rupture, car on ne stock pas du beurre sur quatre mois."

Des matières premières plus cher

Les produits laitiers ne sont pas les seuls ingrédients touchés par l'inflation détaille Xavier Bordet. L'huile coûte trois fois plus cher qu'il y a un an et les œufs ont doublé de prix, avec les épisodes de grippe aviaire. Après une forte augmentation, le coût de la farine devrait rester stable dans les mois à venir. Pour le chocolat et les amendes, aucune nouvelle hausse n'est annoncée.

"Évidemment, ce ne sont que des prévisions. Le prix des matières premières est décidé sur le marché international, donc ça peut changer, explique l'artisan. Par exemple, la France produit suffisamment de farine pour la panification, mais comme il y a de la farine qui ne sort pas d'Ukraine, il y a de la spéculation." 

Malgré cette flambée des prix, la bûche de Noël ne devrait prendre que quelques centimes cet hiver. "La matière première c'est 30 % du prix de la bûche, donc même si son coût double d'ici la fin de l'année, on pourra temporiser. On reste un commerce de proximité, on veut limiter le coût pour le consommateur."

"Notre chance en tant que pâtissier, c'est qu'on fait beaucoup de petits produits. Donc, on étale les surcoûts et on arrive à une augmentation de moins de 10 centimes sur l'année."

Coût de l'énergie

Autre poste de dépense qui a fortement augmenté pour les professionnels : l'énergie. "En moyenne, c'est 20% de plus. Dans mon cas, la facture devrait passer de 21 000 € à 25 800 €." La situation est d'autant plus difficile pour ceux qui renouvellent leur contrat en ce moment ou qui doivent changer de fournisseur, car les prix n'ont cessé d'augmenter.  

Ce sont les fours et les plaques de cuisson qui demandent le plus d'énergie. Ils représentent 60% de la consommation. "Les machines, comme le pétrin, c'est 30%, et l'électricité, c'est 10%." C'est donc sur les points de chauffe que les économies doivent être trouvées, mais impossible d'arrêter ou de baisser les fours. 

"En baissant de 5°C la cuisson, on économise 2 % d'énergie. Mais, si on cuit plus bas ça assèche la pâte. On ne fait pas des biscottes !"

À la différence de l'électroménager grand public, il n'existe pas d'étiquette pour savoir combien consomme le matériel professionnel. La fédération espère donc la mise en place d'écolabels pour permettre aux artisans de mieux choisir. En attendant, les économies sont cherchées ailleurs. Parmi les pistes, il y a le dégivrage la nuit des vitrines de la boutique, pour économiser 5 % d'énergie. 

Plafonner

La fédération souhaite aussi que le gouvernement mette en place un plafond pour l'énergie et ainsi limiter la flambée des prix pour les professionnels. Ce mercredi 5 octobre, les fournisseurs de l'énergie et l'État se sont rencontrés et ont signé une charte, mais aucun plafonnement n'est prévu.

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a cependant promis d'apporter des "solutions ciblées et efficaces" aux entreprises. Il a également rappelé la mise en place européenne d'un plafonnement des prix de l'électricité. Les producteurs d'énergie devront la vendre à 180 euros le mégawattheure. La différence entre ce plafond et le prix de gros du marché sera récupérée par l'État, qui devrait être reversée en aides aux entreprises et aux collectivités, qui ont du mal à faire face à la flambée des prix de l'énergie.

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer des newsletters. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas des e-mails. Notre politique de confidentialité