Puy-de-Dôme : comment fonctionnent les ESAT, établissements de service et d’aide par le travail

A Romagnat, dans le Puy-de-Dôme, les clients de l'ESAT sont essentiellement locaux. / © Pascal Franco / France 3 Auvergne
A Romagnat, dans le Puy-de-Dôme, les clients de l'ESAT sont essentiellement locaux. / © Pascal Franco / France 3 Auvergne

Depuis le 18 novembre se tient la semaine européenne de l’emploi des personnes handicapées. En Auvergne, il existe 41 ESAT, établissements de service et d’aide par le travail. Voici le fonctionnement de deux ESAT du Puy-de-Dôme.
 

Par C. L avec Pascal Franco

Du 18 au 24 novembre, se déroule la semaine européenne de l’emploi des personnes handicapées. A 35 kilomètres de Clermont-Ferrand, se tient Rochefort-Montagne, dans le Puy-de-Dôme, un village de 900 habitants au cœur du Parc des volcans. Parmi les acteurs économiques du territoire, on trouve l'ESAT, l'établissement de service et d'aide par le travail. Sa particularité est d’avoir une scierie. C'est ici que travaille depuis 5 ans un jeune homme originaire du Mont-Dore, Aurélien. Déficient auditif avec des troubles associés, il a trouvé ici un travail adapté. Aurélien Barchelard, travailleur handicapé, affirme : « Ca va, c’est un peu fatiguant, il faut aller le plus vite possible. Ca me permet de travailler ».

Des postes de travail adaptés

Les travailleurs sont répartis entre différents ateliers : caisserie pour fabriquer des palettes sur mesure, ou menuiserie pour des travaux plus complexes. Le but est de faire évoluer les personnes selon leurs capacités. Michael Peigue, chef de service à l'ESAT de Rochefort-Montagne, explique : « On a la chance d’avoir des ateliers diversifiés sur lesquels on a des postes de travail qui sont adaptés en fonction des compétences de chacun. Aurélien, en arrivant, a dû commencer par des activités simples puis progressivement il a développé des compétences. Maintenant il est capable de régler les machines, de faire du montage de palettes. Toutes ces démarches sont travaillées dans le cadre de son projet personnel d’accompagnement ».

Presque une entreprise comme une autre

Pas moins de 85 personnes travaillent dans cet ESAT. On y trouve des activités plus classiques pour ce type d'établissement, comme de la blanchisserie ou de l'entretien d'espaces verts. La structure est subventionnée à hauteur d'un tiers par des fonds publics. Pour le reste, L'ESAT s'assimile quasiment à une entreprise comme une autre. Céline Chalandon, directrice de l'ESAT de Rochefort-Montagne, souligne : « Les ESAT sont des structures agréées par l’Etat, sous financement des Agences Régionales de Santé, pour ce qui nous concerne l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes. C’est ce qui nous permet par ailleurs de financer notre personnel et de le former aux particularités du handicap, mais également d’accompagner nos travailleurs par des actions de formation. Ce sont des budgets publics. Pour autant, toute la partie commerciale, la partie outils de production et les projets d’investissement sont portés sur nos budgets commerciaux dont le résultat est issu des ventes ».

Un pas vers l'autonomie

Aurélien Barchelard vit dans une chambre quand il ne rejoint pas sa famille au Mont-Dore. Le jeune homme a un projet d'avenir. Il raconte : « Mon projet est de travailler dans les espaces verts. Je veux aller à Bordeaux pour faire des stages et pour faire une période d’essai. Je verrai comment ça se passe, si ça ne va pas, je ferai un autre stage dans un ESAT ». Pour le déjeuner, ceux qui résident en chambre à l'ESAT se retrouvent au réfectoire. Il s’agit d’un instant de vie collective important qui s'inscrit dans un parcours vers l'autonomie. Céline Chalandon poursuit : « Petit à petit, on va proposer l’intégration dans un studio. On va aider la personne à apprendre à gérer ses courses, se faire à manger, gérer ses activités sociales à l’extérieur, pour éventuellement demain, intégrer un logement du milieu ordinaire et vivre comme tout un chacun avec ou sans l’accompagnement d’un dispositif appelé service d’accompagnement à la vie sociale ».

Des clients essentiellement locaux

A Romagnat, en banlieue de Clermont-Ferrand, il existe un autre ESAT. Ici la particularité est de proposer un atelier de façonnage du papier et du carton. A différents postes, on découpe, on colle, on plie, on relie. Comme à Rochefort-Montagne, dans cet ESAT, les clients sont essentiellement locaux. Sébastien Granier, directeur de l'ESAT Pierre Doussinet, explique : « Dans cet atelier, on a travaillé avec un imprimeur sur un livre sur la Lozère. On travaille aussi sur le judo-club du bassin de Brassac-les-Mines, pour un calendrier. La plupart du temps, tous nos clients sont sur le bassin clermontois ou le Puy-de-Dôme ».

Partager des marchés

Mais dans un monde qui se globalise à grande vitesse, les ESAT doivent voir plus grand. La solution trouvée est un réseau qui regroupe les 41 établissements auvergnats. Les directeurs se rencontrent régulièrement pour parler affaires. Emmanuel Verriere, président du réseau ESAT en Auvergne, conclut : « L’idée est de pouvoir se coordonner entre nous et de se répartir les différents chantiers qui peuvent exister sur l’ensemble des départements, avec une certaine cohérence tarifaire, technique. Pour nos clients il y a une seule tête de pont qui est généralement le coordonnateur du marché, et qui peut être un établissement selon la nature des marchés que l’on décide de partager ensemble ». Lieux de travail, de vie pour certains, structures médico-sociales, avec un fonctionnement qui s'assimile à celui de toutes entreprises locales, les ESAT sont tout cela : des lieux hybrides, où l'économique et le social cohabitent harmonieusement.
 

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