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Santé. Cinq choses à savoir sur la sclérose en plaques

L'IRM permet de diagnostiquer une sclérose en plaques dans la plupart des cas. / © Jérémie FULLERINGER / MAXPPP
L'IRM permet de diagnostiquer une sclérose en plaques dans la plupart des cas. / © Jérémie FULLERINGER / MAXPPP

En France, la sclérose en plaques touche 100 000 personnes. Des traitements sont disponibles, mais aucun remède n’existe à ce jour. La journée mondiale de cette maladie auto-immune se tient le 30 mai : l’occasion de faire le point sur les symptômes ou encore les signes avant-coureurs.
 

Par Richard Duclos

Le 30 mai se tient chaque année depuis dix ans la Journée mondiale de la sclérose en plaques. Cette maladie neurologique est l’une des plus fréquentes chez les jeunes adultes. 100 000 personnes en souffrent en France, dont 1 800 en Auvergne. Xavier Maillet, neurologue au CHU Gabriel-Montpied à Clermont-Ferrand, nous en parle.
 

Une maladie neurologique


"C’est une maladie inflammatoire qui touche le système nerveux central, c’est-à-dire le cerveau ou la moelle épinière, et elle peut toucher toutes les zones du cerveau ou de la moelle, c’est pour cela qu’elle peut donner des signes très variés. Elle peut toucher les sensations, la force, l’équilibre, la vue. Il n’y a pas deux patients qui ont la même maladie, en fonction des zones d’inflammation.

Normalement le système immunitaire nous protège contre les infections, fait des anticorps qui vont se débarrasser d’un virus ou d’une bactérie. Avec la sclérose en plaques, le système immunitaire se trompe de cible : les anticorps et les cellules de défense vont attaquer le cerveau ou la moelle épinière. C’est une maladie auto-immune : le système se retourne contre le propre corps du patient.
"
 

Vivre normalement, c’est possible


"La sclérose en plaques n’est pas mortelle. Avec un traitement, l’espérance de vie est normale. Mais si on laisse évoluer la maladie naturellement, c’est sept ans d’espérance de vie en moins que la population générale.

L’image qu’on a souvent des malades, c’est le fauteuil roulant. Si on ne traite pas la maladie, si on la laisse évoluer, il y a beaucoup de patients qui au bout de 15 ou 20 ans auront besoin d’une canne voire d’un fauteuil roulant. Mais la majorité des gens ont une vie complètement normale même avec la sclérose en plaques. Ils travaillent normalement, ils ont le droit d’avoir des enfants, d’avoir une activité physique ce qui est même plutôt conseillé
."
 

Les jeunes et les femmes sont les plus touchés


"Les premiers signes de la sclérose en plaques apparaissent souvent chez les adultes jeunes. Le diagnostic est posé en général entre 25 et 30 ans, même si certains ont une sclérose qui commence après 50 ans. On ne sait pas pourquoi, mais les femmes sont aussi plus touchées que les hommes : la proportion est de trois quarts de femmes contre un quart d’hommes. Les hormones sexuelles peuvent jouer mais on ne sait pas exactement pourquoi."
 

Les signes avant-coureurs


"S’il y a une perte de force, une perte de sensibilité qui s’installe progressivement et qui dure plus de 24 heures, il faut voir son généraliste, et il prescrira sûrement une IRM. C’est le meilleur examen pour voir les zones d’inflammation dans le cerveau. Si l’IRM montre cette inflammation, il faudra confirmer avec une ponction lombaire pour avoir tous les éléments, mais l’IRM à elle seule permet d’avoir le diagnostic chez un grand nombre de patients."
 

Des traitements mais pas de remède

"Aucun remède n’existe à ce jour. On peut en revanche bloquer l’inflammation. S’il n’y a plus d’inflammation il n’y a plus de nouveaux symptômes et les malades peuvent vivre des années sans être gênés par quoi que ce soit.

Il y a bien sûr des contraintes qui peuvent être liées au traitement. Les premiers traitements se faisaient uniquement par piqûre, maintenant il y a des traitements par voie orale. Il y a aussi des traitements en perfusion, une fois tous les six mois. Niveau confort cela peut être plus léger que ce qui existait, mais il y a toujours cette contrainte du traitement pour ne pas que la maladie reprenne.

Les pistes de recherches portent actuellement sur des traitements qui permettraient de réparer les dégâts, et pas seulement de bloquer la maladie. Mais ce n’est pas encore disponible, cela prendra encore au mieux trois ou quatre ans
."

 

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