Solidarité : 35 ans et les banques alimentaires ont toujours faim

Les banques alimentaires en France vont fêter leurs 35 ans d’existence. C’est le cas aussi de celle de Clermont-Ferrand. L’occasion de constater que les demandeurs augmentent, mais les produits manquent pour les associations bénéficiaires. 
Les banques alimentaires en France vont fêter leurs 35 ans d’existence. C’est le cas aussi de celle de Clermont-Ferrand. L’occasion de constater que les demandeurs augmentent mais les produits manquent pour les associations bénéficiaires.
Les banques alimentaires en France vont fêter leurs 35 ans d’existence. C’est le cas aussi de celle de Clermont-Ferrand. L’occasion de constater que les demandeurs augmentent mais les produits manquent pour les associations bénéficiaires. © ELIOT BLONDET / AFP
C’était le 13 mars 1984 avec une tribune dans La Croix : « J’ai faim », écrit par Sœur Cécile Bigo. C’est alors que naît le premier réseau d’accompagnement alimentaire en France. L’objectif : apporter une aide alimentaire aux personnes en situation de précarité. 
 

2 000 tonnes de nourriture collectées 

Il existe 79 banques alimentaires et 29 antennes, dont celle de Clermont-Ferrand qui s’occupe des quatre départements auvergnats. Pour Michel Renault, le président de la banque alimentaire depuis plus d’un an, « les volumes que l’on collecte et les volumes que l’on donne sont en augmentation. En 2018, on a récupéré 2 070 tonnes de nourriture. Par rapport à 2017, c’est 16 % de plus. 1 800 tonnes de nourriture ont été distribuées, en 2018. 10 % de plus qu’en 2017 », explique le président. 
Sur les 2 000 tonnes récupérées, 55 % viennent des collectes dans les magasins, 13 % de la collecte nationale, 25 % de fonds européens, et 7 % viennent des autres banques alimentaires. 
Les départements de l’Allier et du Puy-de-Dôme sont les principaux concernés par la collecte et par la distribution. En tout, 180 associations de la région sont bénéficiaires des produits de la banque alimentaire. 
 

Sans la banque alimentaire, les services dans les associations n’existeraient pas

C’est le cas de Chôm’actif à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme. Cette association aide et accompagne les personnes en situation de chômage et de précarité. Il propose un restaurant sur place pour les adhérents et des colis alimentaires. « Il y a un restaurant associatif avec des repas réservés aux adhérents, et il y a des familles qui viennent chercher des colis alimentaires tous les 15 jours. En tout, il y a une quinzaine de familles », explique Jean-Louis Mpelingo, directeur de l’association Chôm’actif. 

Les demandes d’adhésion augmentent chaque année : en 2019, il y a 250 adhérents à Clermont-Ferrand et chaque jour, ils servent en moyenne 20 repas. « La situation actuelle est difficile, les chômeurs et précaires ont augmenté, continue le directeur. Les dotations européennes ont baissé. Il n’y a pas forcément ce qu’il faut dans la banque alimentaire. Avant, on avait des dotations viande (porc, volaille, dinde, poissons), aujourd’hui il n’y a pratiquement plus rien. Mais sans la banque alimentaire, le restaurant et les colis alimentaires n’existeraient pas. Mais les demandes augmentent constamment »
 

La pauvreté augmente à 14,7 % en France 

En 2018, les banques alimentaires ont fait une étude. 
47 ans est l’âge moyen du bénéficiaire de l’aide alimentaire. 40 % ont 50 ans ou plus, et 69 % sont des femmes. Ce sont essentiellement des familles monoparentales (33 %). 88 % des bénéficiaires n’ont pas fait d’études supérieures, et 84 % ont un logement stable. 
Il faut aussi savoir que 71 % des foyers bénéficiaires disposent de moins de 1 000 euros par mois (821 euros en moyenne par mois). 
La part des jeunes semble diminuer, même si la banque alimentaire de Clermont-Ferrand a ouvert une épicerie solidaire en 2018, réservée aux étudiants. « Cette population n’était pas prise en charge jusqu’à maintenant. Esope accueille 600 bénéficiaires. Cette année, 120 tonnes de nourriture devraient être distribuées, contre 60 tonnes en 2018 », reprend Michel Renault. 

Il faut rappeler que selon l’Insee, la pauvreté a augmenté en France en 2018 pour atteindre 14,7 % de la population française. Près de 9,3 millions de Français vivent environ avec moins de 1 050 euros par mois pour un célibataire sans enfant. Soit, près de 500 000 de plus qu’en 2017. 

La banque alimentaire de Clermont-Ferrand organise, vendredi 18 octobre, des portes ouvertes pour les bénévoles et pour ceux qui souhaiteraient le devenir. Et la collecte annuelle aura lieu les 29, 30 novembre et 1er décembre dans les grandes et moyennes surfaces de la région. 
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
solidarité société économie crise économique