Sommet de l’élevage. A Clermont-Ferrand, dialogue de sourds entre antispécistes et éleveurs

Une 27e édition du Sommet de l'élevage sous fond de tensions économiques et sociales. Les antispécistes se sont invités au Sommet de l'élevage pour défendre leurs idées et leur volonté de défendre l'intérêt des animaux. / © Aurélie Albert
Une 27e édition du Sommet de l'élevage sous fond de tensions économiques et sociales. Les antispécistes se sont invités au Sommet de l'élevage pour défendre leurs idées et leur volonté de défendre l'intérêt des animaux. / © Aurélie Albert

Le Sommet de l’élevage à la grande halle d'Auvergne, près de Clermont-Ferrand, continue dans le calme. Mercredi 3 octobre, les antispécistes se sont eux aussi invités à la manifestation. Et le conflit avec les éleveurs continue lui aussi malgré l’interdiction d’entrer pour les activistes. 

Par Aurélie Albert

Le calme est revenu après la première journée du Sommet de l’élevage mercredi 3 octobre. Pour la deuxième année, certains activistes de l’association Earth resistance se sont invités au Sommet de l’élevage à Cournon-d'Auvergne, lors d’une conférence sur l’import/export avec la Turquie, invitée d’honneur de l’événement. 
 


Depuis, l’association a reçu l’interdiction par voie d’ordonnance en référé du tribunal de grande instance de venir au Sommet de l’élevage. Sous peine de payer 10 000 euros par infraction constatée dans le cas de gêne, d’entrave ou de blocage à la grande halle de Cournon. 

« C’est impossible pour nous de retourner au Sommet. Nous allons refaire des actions, mais en dehors de la halle », explique Emilie Pujol, présidente de l’association Earth resistance. « On a bien conscience des problématiques que les éleveurs ont, la plupart d’entre eux sont victimes du capitalisme. Nous, on est contre l’agriculture industrielle et l’exploitation des animaux. Notre objectif est de proposer une démarche alternative », continue l’activiste de Earth resistance. 
 

Des éleveurs aussi sous tension


Face à eux des éleveurs qui sont déjà sous tension dans un contexte de sécheresse et de difficultés économiques. « On aime nos bêtes, on les traite du mieux possible. Ils ont droit de s’exprimer, mais ils n’ont pas à nous empêcher d’être éleveur. Les gens font leur métier avec passion et du mieux possible », nous explique Olivier Andrieu, éleveur sur le canton de Salers. 
« Je pense que ces gens-là ne respectent pas le travail des éleveurs. Ils ont le droit d’avoir leur opinion. Ils n’ont pas à juger les gens, ils vont un peu trop loin et ils ne respectent pas le travail des autres », insiste Jacques Phialip, éleveur dans le bassin d’Aurillac. 

Ce jeudi matin 4 octobre, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, en visite sur le Sommet de l’élevage, a lui aussi été interpellé sur cette question des antispécistes. « Je condamne tous les effets de violence. Je condamne les associations qui veulent imposer leur choix de vie. Tout acte de violence qui engendre la volonté d’interdire ou d’abolir l’élevage ça ne va pas dans le bon sens, ce n’est pas l’image que je me fais de l’agriculture française. Je condamne avec la plus grande véhémence les actions qui sont menées », insiste le ministre. 

En attendant, d’autres actions doivent être menées dans les prochains jours en dehors du Sommet de l’élevage. Mais une autre association Boucherie abolition est intervenue pendant le Sommet lors d'un concours. Les activistes ont été emmenés vers la sortie par les forces de sécurité sur place. 

Sur le même sujet

Me Edouard Bourgin, avocat des parties civiles

Les + Lus