Tests COVID : les pharmacies de Clermont-Ferrand débordées

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Écrit par Aurélie Albert
Parents, enfants, étudiants, cas contacts, personnes symptomatiques au COVID-19, une trentaine de personnes attend devant cette pharmacie de Clermont-Ferrand pour être testée.
Parents, enfants, étudiants, cas contacts, personnes symptomatiques au COVID-19, une trentaine de personnes attend devant cette pharmacie de Clermont-Ferrand pour être testée. © Aurélie Albert / FTV

Cas contact, personnes symptomatiques, parents et enfants, étudiants... les files d’attente s’allongent devant les pharmacies de Clermont-Ferrand pour passer des tests COVID-19. Certaines réalisent plus de 250 tests par jour depuis lundi 3 janvier.

Il est à peine 9 h 30, ce jeudi 6 janvier, et il y a déjà du monde devant la tente installée près de la pharmacie des Salins, à Clermont-Ferrand. Lucie vient d’arriver, elle est étudiante : « Je suis cas contact. Par confort déjà pour les fêtes, je voulais être sûre de ne pas être positive. Même si je suis en période de partiels et  que je n’ai pas trop le temps de passer des tests »Juste devant elle, une autre jeune femme est cas contact. Sa colocataire a été testée positive à la COVID-19. Elle ne cache pas sa lassitude : « J’ai eu la COVID-19 il y a un mois, et j’ai eu mes deux doses. Là, je dois repasser un test pour pouvoir aller travailler. C’est un peu beaucoup pour pas grand-chose ».

Plus de 250 tests par jour

Un peu plus loin au début de la file d’attente, deux parents d’élèves se sont retrouvés avec leurs enfants : il y a un cas positif dans la classe de leurs enfants : « Hier soir, quand on l’a appris, toutes les pharmacies étaient fermées, on est donc venus à la première heure à celle des Salins. On est venus en avance, mais il est déjà 9 h 30 et on n’est toujours pas passés. Je ne sais pas si je vais pouvoir ramener mon fils à l’école »Un père et sa fille sont aussi venus se faire tester. « Mon frère est positif, explique l'adolescente. Hier, on a fait 10 pharmacies, aucun rendez-vous n’était possible. On est venus à 8 heures ce matin pour être là une heure avant et il y avait déjà une dizaine de personnes. On a testé mon frère avec un autotest et il était négatif du coup, on n’a pas trop confiance. En plus, pour l’école, j’ai besoin d’avoir une attestation ».

À quelques mètres de là, Loïc Desplanches distribue dans la file d’attente des autotests pour les cas contacts. « Si les tests antigéniques sont négatifs, ils doivent passer un autotest à J+2 et J+4, et s’ils sont toujours négatifs, on considère qu’ils ne sont plus cas contact, explique l'étudiant en pharmacie. Depuis lundi, depuis le retour des fêtes, c’est assez intense. On fait en moyenne plus de 250 tests par jour »

J’ai donc fait le tour des pharmacies à Aubière et Romagnat, ils n’ont pas voulu parce qu’il fallait prendre rendez-vous

Un père de famille

Dans une autre pharmacie de Clermont-Ferrand, la file d’attente est moins importante. Les personnes ont pris un rendez-vous. « Je suis étudiante en Erasmus au Royaume Uni et je dois passer un test antigénique. J’ai pris le rendez-vous une semaine à l’avance comme ça je le passe deux jours avant mon départ. C’est une organisation en plus, mais comme ça, je protège les autres »Là encore, on retrouve des parents avec leurs enfants : « On a reçu un e-mail hier soir de l’école nous disant qu'il y avait un cas positif dans la classe de mon fils. J'ai fait le tour des pharmacies à Romagnat, où on habite, et même à Aubière, ils n’ont pas voulu parce qu’il fallait prendre rendez-vous. Le problème, c’est que je tiens deux restaurants et ça va être impossible d’ouvrir à l’heure. Je ne veux pas négliger mon fils ».

Devant le laboratoire de la place des Salins, la file d’attente n’en finit pas de s’allonger aussi. Deux jeunes femmes viennent d’arriver : « On présente des symptômes, explique l’une d’elles. Pour trouver un rendez-vous, c’est très compliqué. Pour avoir un rendez-vous au pied levé avec un test PCR, il faut venir ici. Je viens de Mirefleurs pour passer ce test. Les médecins veulent qu’on passe un test PCR avant de venir les voir, les tests antigéniques ne sont pas assez fiables et pareil pour les autotests ».

Les patients sont très énervés, il y a beaucoup de lassitude et on sert un peu de bouc émissaire

Nicolas Verdier, président du syndicat des pharmaciens du Puy-de-Dôme

Toutes les pharmacies sont prises d’assaut. Nicolas Verdier est président du syndicat des pharmaciens du Puy-de-Dôme, il n’a pas de nouvelles de ses collègues qui sont tous débordés. « On a du mal à voir le bout du tunnel. On n’a plus le temps de faire correctement notre métier. Les patients sont très énervés, il y a beaucoup de lassitude et on sert un peu de bouc émissaire »L’autre difficulté pour le pharmacien c’est la plateforme ministérielle pour déclarer les patients testés et pour générer les QR code, le SI-DEP (Système d’Informations de Dépistage). « Il ne fonctionne pas, il plante tout le temps car il est saturé. Une consœur a dû se réveiller à 4 heures du matin pour donner le QR code à un patient qui devait prendre le bateau ce matin. C’est inadmissible. On perd du temps », s’indigne Nicolas Verdier.

Près de 58 000 tests ont été réalisés dans le Puy-de-Dôme la semaine entre Noël et le Nouvel an. 

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