« Vivent les vents d’hiver » : le joli conte d’un auteur et éditeur auvergnat

Julien Millanvoye, auteur et éditeur auvergnat, vient de publier une nouvelle « Vivent les vents d’hiver » aux éditions des Répliquant(s). Un conte de Noël qui imagine un monde qui a surmonté l’effondrement.

Julien Millanvoye, auteur et éditeur auvergnat, vient de publier "Vivent les vents d'hiver" aux éditions des Répliquant(s).
Julien Millanvoye, auteur et éditeur auvergnat, vient de publier "Vivent les vents d'hiver" aux éditions des Répliquant(s). © Julien Millanvoye

« Vivent les vents d’hiver » : c’est le titre d’une nouvelle qui vient d’être publiée aux éditions des Répliquant(s). Ce conte de Noël a été écrit par 4 auteurs, journalistes à PostAp mag. Parmi eux, se trouve l’éditeur et le rédacteur en chef du magazine, Julien Millanvoye. Il a fait ses débuts dans l’édition, puis a travaillé pour le magazine Blast et ensuite a été embauché à Lui Magazine. Puis il a créé son propre titre, PostAp mag, et une société de production de contenus numériques.

Les questions de l'effondrement

Longtemps basé à Paris, il vient de retrouver ses racines auvergnates. Il explique : « PostAp mag est un petit noyau dur de 4 personnes. Au total, une dizaine de pigistes collaborent. C’est un magazine de société, culture, d’art et sciences humaines. Il s’interroge sur les questions d’effondrement. Ce n’est pas pour dire attention le monde va s’effondrer, car on en sait rien du tout. Il y a des gens pessimistes et des gens optimistes dans l’équipe. On ne prend pas position. On part du principe qu’un changement radical est en train de se produire dans nos sociétés, dans le monde occidental. Pour ne pas refaire les mêmes erreurs, pour ne pas retourner dans le même mur qu’en ce moment, il faut repenser l’être humain lui-même : comment on se perçoit, comment on se comprend, comment on peut faire une société avec nos faiblesses et nos contradictions. On interroge des penseurs, des sociologues mais surtout des artistes qui sont finalement des gens qui réfléchissent à ça ».

D'abord un feuilleton

La nouvelle est née de ses interrogations au sein du magazine. Julien Millanvoye souligne : « Cette nouvelle est l’émanation des réflexions, des choses qu’on a vues passer, des angoisses et des espoirs qu’on a, par rapport à l’avenir. C’est paru l’hiver dernier en épisodes sur le site de PostAp mag. Il y a eu des bons retours et on a eu l’idée de l’éditer. J’avais interviewé par le passé pas mal de collapsologues et quand je leur demandais ce que je pouvais faire pour éviter l’effondrement, la réponse qui venait souvent est qu’il est hyper important de stimuler l’imagination des gens. Il faut qu’on ait des images de ce qu’est un avenir optimiste pour avoir simplement envie de se lever le matin et de construire un avenir. Le format du conte permet cela. On a pu écrire en toute liberté et aller dans toutes les directions possibles ». Il précise : « L’écriture s’est faite avec ce noyau dur de 4 personnes. Cela s’est fait par beaucoup d’échanges d’idées et de références. C’est moi qui ai signé la mise en forme, la mise en écriture. Ecrire à 8 mains c’est compliqué ».

Une soirée de 2050

Le texte se déroule un soir de Noël, dans le futur : en 2050, l’humanité a enfin vaincu le changement climatique. Ce soir-là, donc, tout le village imaginaire de Champigny-sur-Oise se prépare à fêter Noël. Seul dans sa cellule, un homme ne peut participer à la fête : éditorialiste à la télévision, il attend son jugement pour Complicité de Crime contre la Nature. Mais on frappe soudain à sa porte : pour ce soir, il est libre de rejoindre la célébration. Le lecteur suit alors avec attention le sort qui l’attend et la société qui a beaucoup changé.

Deux références

Pour l’écriture, l’auteur a gardé deux références majeures en tête : « La première inspiration est venue des mots de Rob Hopkins qui a écrit un livre sur la question de l’imagination dans « From what is to what if ». Il y dit qu’il est urgent de réveiller l’imagination. En même temps est venue l’idée du « Conte de Noël » de Dickens. C’est un livre qui m’a marqué quand j’étais enfant. Je me suis repenché dessus sans relire le texte. On a voulu aussi partir d’un personnage maléfique qui va trouver la rédemption. On a suivi l’exemple de Dickens. Il a écrit ce conte pour parler des conditions sociales de l’époque, à la fin du XIXe en Angleterre. C’est un conte qui évoque des choses très dures et très réelles et cela nous a un peu légitimé. On n’a pas fait l’impasse sur la dureté des choses ».

Ca va être chouette

Julien Millanvoye rappelle ses ambitions : « Le but était de parler d’avenir à la fois avec un peu de gravité, car c’est un sujet sérieux, mais aussi avec de la légèreté, de la fantaisie et de l’espoir. A 30 ou 40 ans on arrive à se débattre, on est un peu armés pour faire face à la dureté du monde. Les adolescents que j’ai pu rencontrer sont à la fois très inquiets et prêts à assurer la relève. C’est aussi à eux que j’avais envie de m’adresser en disant « Ca va être chouette » ». Ce qui est justement chouette dans son écriture, c’est justement le savant dosage de gravité et de légèreté. Dès le début de la nouvelle, le lecteur est embarqué dans cette histoire et ne sait pas où ça va le mener.

Des notes d'humour

Julien Millanvoye a aussi distillé avec humour de jolies références à ses racines. "Whisky auvergnat", "vaches salers", "rats-taupiers", un lecteur attentif saura retrouver les clins d’œil à l’Auvergne. Il ne faut pas oublier de saluer le travail d’Inès Kimpe, une jeune illustratrice de 18 ans. Elle a travaillé les dessins du conte. Des illustrations en noir et blanc très épurées apportent de jolies respirations.

Développer la maison d'édition

La maison d’édition vient aussi de publier le « Paris Apocalypse City Guide » de Sabine Palace : il s’agit d’un livre de 30 dessins qui imaginent Paris comme dans une série B. « Je voudrais développer cette maison d’édition. Ca fait 15 ans que je vis de ma plume. Je me suis trouvé pris à mon propre piège. C’était mon rêve. Mais quand on écrit toute la journée pour gagner sa vie, il est très difficile d’écrire pour soi. J’ai envie de me transformer en éditeur pour gagner ma vie et ensuite retrouver le plaisir d’écrire pour moi-même » confie Julien Millanvoye. La nouvelle « Vivent les vents d’hiver » est disponible en librairie sur commande mais aussi en ligne.

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