Inquiétude chez des vignerons du Puy-de-Dôme : « On va vite être en rupture sur certaines cuvées »

La météo a encore cette année causé des dégâts dans les vignes des Côtes d'Auvergne. Entre le gel d'avril, la sécheresse de mai, et la pluie de cet été, le rendement est faible : dans certains secteurs, comme dans le sud du Puy-de-Dôme, les pertes sont estimées à environ 70%.
Dans les vignobles du Puy-de-Dôme, des incertitudes sur la production se font sentir après la série d'intempéries connues par la région cette année.
Dans les vignobles du Puy-de-Dôme, des incertitudes sur la production se font sentir après la série d'intempéries connues par la région cette année. © L.Khelfaoui/FTV

Ce mercredi 8 septembre, à deux semaines seulement des vendanges, Boris Boy, vigneron dans le Puy-de-Dôme, constate les dégâts des différents épisodes climatiques de cette année. Gel, sécheresse et pluies estivales ont fortement dégradé ses récoltes : « Par exemple, sur un cep en Chardonnay, on avait laissé 8 boutons pour produire. Après le gel à -7°C, il ne nous en reste plus que 4. Les autres n’ont pas redémarré du tout. » Le constat est le même sur toute l’exploitation, et le gel n’est pas le seul responsable : « On a souffert de la sécheresse. On a des baies qui sont très petites donc très peu de jus je pense. La maturité est très hétérogène, ça ne va pas suivre du tout. Il faut que le climat nous aide ».

Jusqu'à 70% de la récolte perdue

Sur ses 8 hectares de vignes à Boudes, il estime qu'il perdra environ 70% de sa récolte. A quelques kilomètres de là, Samuel Gatinois, lui aussi vigneron, établit le même constat : il vendra environ moitié moins de bouteilles par rapport à l'année dernière. « On va vite être en rupture sur certaines cuvées et on ne pourra sûrement pas satisfaire tous nos clients. » Samuel Gatinois reste pourtant optimiste : « On a de la chance, c’est vrai qu’on devrait avoir une belle qualité, si la météo se maintient et si on n’a pas de problèmes. C’est vrai qu’on est dans une phase un peu critique au niveau de la fin de maturité donc, maintenant, il nous faut de belles conditions. Si on a de belles conditions et qu’on ne se trompe pas sur les dates de vendanges, on peut faire de très belles choses. »

Pas d'influence sur le prix des bouteilles

Le syndicat des Côtes d'Auvergne reste lui aussi optimiste : bien que le rendement soit faible cette année, la plupart des vignobles n'ont pas souffert de certaines maladies comme le mildiou. Le vice-président du syndicat Pierre Goigoux rassure : « On est assez chanceux par rapport à beaucoup d'autres régions septentrionales où il y a eu plus de dégâts que ça. Habituellement, on est un département où on a la chance de ne pas avoir à traiter beaucoup donc on n‘a pas vraiment de pression maladie ». Tous l'assurent : si les stocks risquent d'être vite épuisés, ces faibles récoltes n'auront pas d'incidence sur le prix des bouteilles.

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