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J’ai testé pour vous la fabrication de savon dans le Puy-de-Dôme

C’est dans la station thermale de Châteauneuf-les-bains, dans le Puy-de-Dôme que nous avons rendez-vous. C’est ici que notre artisan savonnière, Cécilie Munro, a élu domicile et c’est ici qu’est née sa devise : « la nature pour seule parure ». / © Aurélie Albert / France 3 Auvergne
C’est dans la station thermale de Châteauneuf-les-bains, dans le Puy-de-Dôme que nous avons rendez-vous. C’est ici que notre artisan savonnière, Cécilie Munro, a élu domicile et c’est ici qu’est née sa devise : « la nature pour seule parure ». / © Aurélie Albert / France 3 Auvergne

Le savon, on l’utilise tous les jours. C’est notre allié hygiène. Mais, aujourd’hui, difficile de savoir ce qui le compose. Pour percer le secret, direction Queuille, dans le Puy-de-Dôme. J’ai testé pour vous la fabrication de savon avec une artisan savonnière.

Par Aurélie Albert


C’est dans la station thermale de Châteauneuf-les-bains, dans le Puy-de-Dôme que nous avons rendez-vous. C’est ici que notre artisan-savonnière, Cécilie Munro, a élu domicile et c’est ici qu’est née sa devise : « La nature pour seule parure ». Avec ses pâquerettes dans les cheveux, sa robe bleue aux motifs de framboises et sa joie naturelle, la jeune femme l’applique au quotidien.
 

La Belle époque des savons

Avant de commencer notre journée de travail, nous faisons un petit arrêt à la source d’eau chaude de la station thermale. Histoire de s’imprégner de l’ambiance et de prendre des forces. Cette source d’inspiration Belle époque, Cécilie s’est inspirée de l’histoire du village pour fabriquer ses savons.
« Mes savons ce sont mes bébés, ils ont tous une histoire. Lorsque je crée un savon, je pense avant tout à une personne, à un contexte de l’époque. J’essaye d’imaginer et de reproduire l’odeur qu’il pourrait y avoir dans les intérieurs de ces gens. Qu’ils soient notables ou pas », raconte l’artisan savonnière. 
 
Nous allons donc faire la connaissance de Suzanne, Marcel, Zélie, Lucien et les autres. Pour ça nous quittons la ville thermale. A une vingtaine de kilomètres de là, sur le plateau des Combrailles, dans cet écrin de verdure aux portes de la Sioule, se trouve le village de Queuille. C’est ici que se trouve l’atelier boutique de Cécilie, Les Belles de savon. Pour le trouver, rien de plus facile : suivez les odeurs d’huiles essentielles.

Avant de fabriquer le savon, il faut s’équiper, mais pas n’importe comment : une coiffe et un tablier… toujours dans l’esprit Belle époque bien sûr !
 

Une vraie recette de cuisine

Je vais faire la connaissance de Zélie l’orientale. Un savon  au lait d’amande, parfumé au patchouli, à l’orange et à la bergamote. « On va commencer par ajouter aux huiles déjà pesées, le beurre de karité ». Et ce n’est pas une mince affaire parce que comme pour couper une motte de beurre qui sort du réfrigérateur, le beurre de karité fait de la résistance. Mais j’apprends tout de suite qu’à chaque étape de fabrication, il faut de la tendresse. Donc on n’y va doucement jusqu’à… plus de 2 500 grammes.  
 
L’étape suivante, c’est la soude. « Elle sert à fabriquer le savon, c’est le réactif qui va permettre de transformer les matières grasses en savon », continue Cécilie.  C’est ce qu’on appelle la saponification à froid, c’est la transformation d’une matière grasse en savon et en glycérine. C’est la méthode traditionnelle de fabrication du savon.
 

Un souci écologique et une passion pour le travail manuel


Cécilie est tombée dans la marmite du savon il y a une dizaine d’années. Mais avant « J’ai fait des études d’anglais. Après je me suis retrouvée fleuriste, j’ai passé un CAP fleuriste à 30 ans ». C’est juste avant de devenir maman que tout change. « C'est lorsqu'on me disait de faire attention à ce que je mange, à ce que je consomme, ce que je mets sur ma peau que j’ai pris conscience des choses. J’ai commencé à regarder les étiquettes qu’il y avait sur les produits et j’ai pris peur. J’ai donc commencé à faire moi-même mes produits cosmétiques, et mes savons ».

De fil en aiguilles, elle apprend le métier avec un artisan savonnier dans l’Allier. Par manque de place, elle décide d’ouvrir son propre laboratoire dans les Combrailles.
Travailler les matières, faire un travail manuel, c’est aussi ça qui a motivé la jeune femme de 40 ans. « Je voulais avoir une activité tournée vers l’écologie et faire en sorte de maintenir l’artisanat dans le secteur ».

Consciente de la difficulté de son métier et de tout ce que cela implique, derrière son sourire, Cécilie a la tête sur les épaules. « Il y a beaucoup de savonniers en France, on est nombreux, et il y en a toujours qui ouvrent, mais il y en a aussi beaucoup qui ferment. En général ce sont des petites structures, où on est multi-casquettes. On fait de l’administratif, de la fabrication, de la réglementation, de la vente, etc. »
 

De la douceur et toujours de la douceur

Comme en cuisine, après avoir ajouté la soude, les huiles essentielles et le lait d’amande, il faut mélanger le tout avec un mixeur. Au bout d’un moment, « la trace » apparaît : le mélange s’est épaissi au contact de la soude et se blanchit. Il est donc temps de passer au coulage dans des grands tubes préalablement chemisés, ce sera le moule des savons. Selon les préparations et en fonction de la météo ils sècheront plus ou moins longtemps, entre trois et quatre semaines.
 
« On va ensuite le démouler, après que le savon a été déchemisé de son moule, on va enlever le film et le découper grâce à un découpeur. Mais en enlevant le film, il faut câliner le savon pour le lisser correctement », m’explique Cécilie avant de me laisser faire. Là encore il faut être délicat, autant dans le câlinage que le découpage. On les range ensuite dans une caissette pour une nouvelle phase de séchage.
 
Mais le travail ne s’arrête pas là, après le séchage terminé, il faut ranger les savons dans leur boîte et les câliner encore une fois pour les nettoyer. « C’est un travail assez minutieux et apaisant quand on est dans la concentration du geste pour que tout soit parfait, ça permet à l’esprit de vagabonder », évoque Cécilie pendant que l’on range les savons.


Le feutrage des savons

Certains de ces savons ne sont pas parfaits, « un défaut esthétique, c’est le signe que c’est fait main », ajoute en rigolant l’artisan savonnière. Certains de ces savons « imparfaits » ne sont pas perdus, ils vont passer entre les mains de Corinne, la fileuse de laine.
Elle va les feutrer : « Pour remplacer le gant de toilette, on va entourer les savons de laine, des laines de la région bien entendu. On va pouvoir se laver de manière naturelle et en plus c’est antibactérien et antifongique », nous explique Corinne.
 
La journée est maintenant terminée. Et fabriquer du savon n’est pas si simple surtout quand on est loin d’être une chimiste née comme moi. Mais l’expérience vaut d’être vécue, surtout avec Cécilie et Corinne. Et vous pouvez vous aussi apprendre à fabriquer le savon, les Belles de savon proposent des ateliers ouverts à tous. Rendez-vous sur le site internet, dès septembre.  
 

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