Puy-de-Dôme : comment des anciennes décharges vont produire de l'électricité solaire

Publié le Mis à jour le
Écrit par Cyrille Genet
Des panneaux solaires par dizaines pour produire de l'électricité seront installés sur 4 anciennes décharges du Valtom / image d'illustration
Des panneaux solaires par dizaines pour produire de l'électricité seront installés sur 4 anciennes décharges du Valtom / image d'illustration © Jean-Pierre Clatot - AFP

Dans le Puy-de-Dôme, le Valtom qui traite les déchets ménagers va installer d’ici 2021 des centrales solaires sur 4 anciennes décharges et les habitants  du département pourront devenir producteurs d’électricité photovoltaïque grâce au financement participatif.
 

La bonne nouvelle est arrivée au Valtom en plein été, le 5 août 2019 lors de la publication de la liste des 107 projets lauréats de l’appel d’offres sur le développement de centrales solaires au sol lancé par le Ministère de la transition écologique et solidaire. Les 3 projets de Puy Long, Ambert et Culhat dans le Puy-de-Dôme s’ajoutent à celui de Miremont déjà validé en février 2019.

Concrètement le Valtom va installer des milliers de panneaux solaires sur des sites de stockages de déchets dont l’exploitation est terminée. "L’idée remonte à 2008" explique Laurent Battut le Président du Valtom, "lorsqu’il avait fallu fermer le premier casier du Sictom de Pontaumur-Pontgibaud et en ouvrir un second. Ce terrain de 2 hectares était quasi-mort, on ne peut plus rien y construire ou y planter d’où l’envie de faire un travail pour le valoriser".

Dès le printemps 2021, ce sont 4 sites sur 18 hectares qui vont produire chaque année 18 GWh d’électricité, l’équivalent de la consommation de 9150 habitants. Un investissement de 15,7 millions d’euros. "L’électricité produite localement contribue à l’autonomie énergétique des territoires, le Valtom s’inscrit dans une démarche plus globale, non plus uniquement de traitement et de valorisation des déchets mais aussi de production d’énergie, ici électrique mais ailleurs de la chaleur ou du bio-méthane" précise Laurent Battut.

La construction et la gestion ont été déléguées à la société Sergies (crée par les 265 communes du syndicat Energies Vienne) qui gère déjà plus de 150 centrales photovoltaïques. Elle portera l’investissement et reversera une partie des bénéfices aux communes et collectivités qui pourront financer d’autres projets.

Vers une épargne populaire

D’ici le printemps 2020, un mécanisme de financement participatif sera proposé aux habitants du Puy-de-Dôme afin de promouvoir le développement des énergies renouvelables. "C’est en même temps une épargne placée dans un produit vert et on sait à quoi elle sert" explique Julien Méry, responsable du développement de Sergies. Tout en rappelant par précaution que tout investissement comporte un risque, il précise que "ces projets adossés à des collectivités publiques ou des organismes qui ont pignon sur rue sont particulièrement intéressants".

Le Valtom et Sergies choisiront une plateforme financière spécialisée (comme Lumo, le DAT Crédit Agricole ou Energie Partagée) qui collectera l’épargne et gèrera la rémunération. L’opération fait l’objet d’un contrat qui définit le montant de la part, "elle pourrait être de 25 euros pour ouvrir le système à tous" dit Laurent Battut, le taux d’intérêt serait compris entre 4 et 5 % (alors que le Livret A ou le Livret de Développement Durable et Solidaire ont un taux de 0,75%) et la durée, 10 ans selon les hypothèses de travail avec le remboursement d’un dizième du capital chaque année.

L’électricité solaire en pleine mutation

"On voudrait que la population s’approprie ces sujets-là" dit Laurent Battut, "qu’il y ait une sensibilisation aux questions de la transition écologique, des déchets et de l’avenir du nucléaire par exemple".

Ce à quoi d’autres opérateurs dans le Puy-de-Dôme ont déjà réfléchi, comme 3 PME auvergnates de Cournon-d’Auvergne qui partagent depuis janvier 2019 l’électricité produite par l’une d’entre elles, les compteurs analysant en temps réel la part achetée au réseau et celle qui vient des panneaux solaires. En France où l’énergie solaire représentait 1,9% de la production en 2018, la région Auvergne-Rhône-Alpes compte 67 400 installations photovoltaïques raccordées. Et la tendance à l’autoconsommation augmente régulièrement, chez les particuliers d’abord, mais qui se heurtent à la question du stockage en cas de surplus de production (il faut alors un parc de batteries ou une voiture électrique à recharger). L’autre solution c’est le partage à double sens, le système du Tiers de confiance : l’électricité produite sur le toit des maisons est consommée par l’école ou les entreprises du quartier pendant la semaine, qui alimentent à leur tour les logements et le gymnase le week-end.

Mais il restera toujours ceux qui ne peuvent pas installer de panneaux chez eux, qu’ils soient locataires ou dans un immeuble collectif, la proposition du Valtom faite aux habitants du Puy-de-Dôme d’investir dans ses nouvelles centrales est une solution pour qui veut participer à sa mesure à la transition énergétique.

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

Participez à la consultation citoyenne sur la présidentielle 2022

Faites-vous entendre ! France 3 Régions s'associe à la consultation Ma France 2022, initiée par France Bleu sur la plateforme Make.org. Le but ? Vous permettre de peser dans le débat démocratique en mettant vos idées les plus plébiscitées au centre de la campagne présidentielle.