Puy-de-Dôme : les indemnités du président du conseil départemental augmentées de 2200 euros par mois

Jean-Yves Gouttebel, président du Conseil Départemental du Puy-de-Dôme (archive) / © PHOTOPQR/LA MONTAGNE
Jean-Yves Gouttebel, président du Conseil Départemental du Puy-de-Dôme (archive) / © PHOTOPQR/LA MONTAGNE

Lundi 29 janvier, le conseil départemental du Puy-de-Dôme a approuvé l’augmentation de 40% des indemnités de son président Jean-Yves Gouttebel. Une décision largement contestée parmi les trois groupes d’opposition qui ont voté contre cette réévaluation.

Par MCP

« Je ne fais qu’appliquer la loi » précise Jean-Yves Gouttebel. Le président du conseil départemental du Puy-de-Dôme fait ainsi référence à la loi de Finances pour 2018, qui permet à chaque conseil départemental de réévaluer l’indemnité de fonction de son président. Le texte concerne également les maires des villes de plus de 100 000 habitants, les présidents des conseils régionaux ou encore de métropoles.

Lundi 29 janvier, le conseil départemental du Puy-de-Dôme a donc voté à la majorité l’augmentation des indemnités de Jean-Yves Gouttebel, qui passent de  5612 € à 7819 € bruts. La réévaluation a été adoptée avec 23 voix contre et deux abstentions.

Parmi les réfractaires, trois groupes issus de l’opposition : Front de Gauche / Gauche Citoyenne, Divers Gauche 63 et Union des Républicains. « Je me suis opposé fermement à cette résolution, s’indigne Jacky Grand, conseiller départemental du canton de Billom et membre du groupe Front de Gauche / Gauche Citoyenne. Dans la situation actuelle, les élus doivent faire preuve de modestie. Ils ne sont pas censés se faire de l’argent ! »

De son côté, Jean-Yves Gouttebel rappelle dans un communiqué détaillé que sa fonction de président du conseil est le seul mandat qu’il exerce depuis 2004 avec « abnégation et rigueur, sept jours sur sept et avec tout au plus une semaine de vacances par an ». Et d’ajouter : « Je tiens aussi à souligner que, contrairement aux parlementaires qui bénéficient d’une immunité, je suis susceptible d’être convoqué, au titre de ma fonction de Président, dans le cadre d’une procédure pénale qui viserait des agissements d’agents placés sous ma responsabilité ».


Des arguments jugés bien faibles par Audrey Manuby, conseillère départementale Union des Républicains du canton de Saint-Ours-Les-Roches : « On a trouvé cette réévaluation indécente. Nous essayons chaque jour de réconcilier les citoyens avec la politique, et c’est un très mauvais message qui a été envoyé lundi soir ». « Ce ne sont pas des arguments, rebondit Jacky Grand. Lorsqu’on se présente, on le fait en toute connaissance des risques. Je ne suis pas bien depuis cette histoire. Là on fait de la publicité pour les extrêmes ! »

Seul le groupe Socialiste, Radical et Républicain, majoritaire dans l’assemblée, a voté en faveur de cette décision. « Cette augmentation n’aura aucun impact sur le budget de la collectivité départementale, rappelle Jean-Yves Gouttebel. Elle est financée à enveloppe constante. Il s’agit simplement d’une redistribution des indemnités des élus du Conseil départemental ».

Des élus qui verront ainsi leurs indemnités diminuer d’une quarantaine d’euros par mois, qu’ils aient voté favorablement ou non cette réévaluation.

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