Réfugiés : un réseau de solidarité se crée dans le nord de la Limagne

Après les terribles images de refugiés syriens morts sur les côtes grecques et alors que l'Europe tente de résoudre la crise des migrants, un réseau citoyen d'aide et d'accueil de réfugiés syriens a vu le jour dans le nord du Puy-de-Dôme. Rencontre.

Regrouper toutes les bonnes volontés du secteur, particuliers, associations ou élus... C'est le principe du réseau de solidarité Nord Limagne.

On ne peut pas rester sans rien faire", selon Marie-France Mercier, bénévole


Marie-France Mercier est déjà bénévole à l'association Emmaüs qui gère le centre d'accueil des demandeurs d'asile de Bussières-et-Pruns. Impossible, pour elle, de rester insensible face aux images des réfugiés syriens essayant de traverser la Méditterranée au péril de leur vie... "On a envie de faire quelque chose, à la limite d'accueillir quelqu'un chez soi", dit-elle. "On sait que ce n'est pas facile, que ce n'est pas la bonne solution. Mais on ne peut pas rester sans rien faire devant ce désastre et ce désarroi", poursuit-elle.

Comme elle, sur ce territoire rural dans le nord Puy-de-Dôme, ils sont plusieurs dizaines à chercher comment aider ces réfugiés syriens... 

Aider les gens, ça demande d'être organisé", souligne l'élu Pierre Lyan

"Aider les gens qui veulent donner du temps, ça demande d'être organisé, sécurisé et je pense que quand on veut aider des personnes, notamment des Syriens, dans un contexte quand même très difficile, très engageant pour les personnes, c'est sécurisant d'avoir une structure associative reconnue qui va pouvoir cadrer les choses, donner de bonnes informations, de bons contacts...", souligne Pierre Lyan, vice-président en charge de l'action sociale au sein de la communauté de communes Nord-Limagne.

La France, le pays des Droits de l'Homme..." pour Mehdi, réfugié Syrien


C'est ainsi qu'un réseau de solidarité vient d'être créé... La France est d'ailleurs un pays en lequel veut croire Mehdi (*). Ce réfugié a quitté la Syrie en janvier 2012. Déserteur de l'armée syrienne, il a fui d'abord au Liban ou il est resté 10 mois, réussissant à faire venir sa femme et ses deux enfants. Il est passé par l'Egypte, l'Algérie, puis le Maroc et l'Espagne, avant d'arriver ici. "Ma soeur est déjà installée en France", dit-il. "En lien avec elle, j'ai pu venir ici. Je savais qu'en tous cas, mes droits seraient respectés en France, j'ai pensé que c'était le pays des Droits de l'Homme et que je pouvais avoir un respect plus important de mes droits", affirme-t-il. 

La proximité fonctionne bien dans des logiques de solidarité", selon Eric Foëx, Emmaüs


Un pays pourtant tenté aussi par le repli sur soi. "Je fais le constat comme tout le monde qu'il y a un rejet général de l'autre (...) Pour autant, dans le quotidien de telle ou telle personne, tel ou tel groupe, les choses sont vraiment différentes. C'est vraiment la complexité de nos sociétés où la proximité fonctionne plutôt bien dans des logiques de solidarité et où le collectif général est plutôt frileux", analyse Eric Foëx, Président de l'association Emmaüs à Bussières-et-Pruns.

En 2015, l'Europe aurait accueilli un million de réfugiés, dont environ la moitié venait de la Syrie.

(*) Mehdi est un prénom d'emprunt

Particuliers, associations ou élus... Le réseau de solidarité nord Limagne entend regrouper toutes les bonnes volontés pour aider les réfugiés. Intervenants : Marie-France Mercier, bénévole Emmaüs ; Eric Foëx, Pdt Emmaüs Bussières et Pruns ; Mehdi, réfugié Syrien ; Pierre Lyan, vice-pdt communauté de communes Nord-Limagne en charge de l'action sociale.