Municipales à Thiers (Puy-de-Dôme): avant le second tour, ce qu’il faut retenir du débat diffusé sur France 3 Auvergne

A Thiers dans le Puy-de-Dôme, trois listes se maintiennent pour le second tour des élections municipales du 28 juin. Les candidats Stéphane Rodier, Eric Boucourt et Abdelhraman Meftah ont débattu vendredi 19 sur le plateau de France 3 Auvergne.
 
Sur le plateau de France 3 Auvergne, les 3 candidats pour l’élection municipale de Thiers : Eric Boucourt, Abdelhraman Meftah et Stéphane Rodier.
Sur le plateau de France 3 Auvergne, les 3 candidats pour l’élection municipale de Thiers : Eric Boucourt, Abdelhraman Meftah et Stéphane Rodier. © P.O. Belle - FTV

A Thiers dans le Puy-de-Dôme, il y avait 5 listes lors du premier tour des élections municipales le 15 mars. Elles seront trois pour le second tour le 28 juin après une campagne atypique dans sa durée à cause de la crise du coronavirus Covid 19.

Ces deux listes ont fusionné pour créer la liste d’union de la gauche "OSONS ENSEMBLE THIERS 2020"

La crise du coronavirus et les programmes

Les candidats ont repris la campagne après près de 3 mois d’interruption, la crise du Covid 19 a-t-elle modifié leurs programmes et comment ?

Stéphane Rodier répond le premier : "Si on regarde mon programme, il a bien vieilli. Nous avions prévu un certain nombre de choses. Les thématiques que nous portions à l’époque en particulier sur la santé, sur les services publics de qualité, sur les liens sociaux à renforcer au sein de cette ville, toutes ces thématiques se trouvent renforcées par la crise. Ce que nous avons fait, c’est rajouter un certain nombre de points, parce qu’il y a des mesures d’urgence à prendre à cause de cette crise, mais véritablement, ce que nous pensons c’est que les 110 propositions pour Thiers que nous portions au 1er tour sont encore d’actualité. Nous savons les difficultés sanitaires, sociales, économiques, nous sommes un bassin économique fortement touché par la crise qui est en train de commencer, il faut donner des réponses, des appuis à tous les secteurs du bassin thiernois".

Eric Boucourt enchaîne : "Je ferai une réponse assez proche. Notre programme initial présentait beaucoup d’éléments sur la préoccupation majeure qui est la santé actuellement. Bien entendu le soutien à l’économie plus que jamais. J’ai le sentiment que cette crise renforce nos préconisations".

Pour Abdelhraman Meftah : "Une des mesures qu’il va falloir prendre pour protéger les personnes fragiles, c’est augmenter le budget du CCAS, c’est mettre des mesures d’urgence, aider les commerçants et les entreprises en difficulté. Sur la crise, c’est des valeurs de gauche que nous portons".

Un projet pour la santé

Dans leurs professions de foi , les propositions des candidats sont différentes : maison ou centre de santé avec des professionnels libéraux ou salariés ?

"Aujourd’hui plus que jamais il faut relancer le contrat local de santé qui est un contrat de prévention, de coordination de l’hôpital et de la médecine de ville" dit Eric Boucourt.

Abdelhraman Meftah précise : "Il y a plusieurs solutions : il y a la maison de santé avec des acteurs du privé, il y aussi ce que porte actuellement le département, ce qu’on appelle des maisons médicales où le département salarie des médecins. Il faut vraiment plusieurs flèches à son arc : la maison de santé que nous proposons, que l’on porte depuis 3 ans, le centre de santé évoqué par Monsieur Boucourt et il y a le soutien inconditionnel à l’hôpital, on l’a bien vu pendant la crise. Sans l’hôpital, on ne sait pas où on en serait aujourd’hui et tous les services publics qui vont derrière".

Eric Boucourt reprend : "Aujourd’hui il y a beaucoup moins de médecins libéraux, ils sont vieillissants et on n’en trouve pas pour monter une maison de santé pluridisciplinaire. Il faut recourir à d’autres solutions. Je suis néanmoins d’accord qu’il n’y a pas une solution unique, le projet du département est un bon projet. J’ai d’autres projets avec plusieurs supports possibles et je proposerais à l’intercommunalité de relayer cela en fonction des problèmes locaux".

Au tour de Stéphane Rodier de préciser : "Une maison de santé, ce n’est pas un projet immobilier et si la maison de santé n’est pas sortie de terre, c’est qu’on a commencé par les murs avant de commencer le projet. Il nous semble qu’avec un centre de santé, parce que la communauté de communes sera le véritable maître d’œuvre, nous serons en capacité de trouver une solution sur la santé à Thiers. Pour l’hôpital, nous avons un schéma directeur immobilier qui n’est pas encore voté, l’ARS a un peu freiné le schéma immobilier, il nous semble que c’est quelque chose d'absolument important et il faudra que le maire, président du Conseil de surveillance de l’hôpital soit aux côtés de l’hôpital de Thiers-Ambert afin de lui donner la vocation qui doit être la sienne".

"Quoi que nous fassions l’essentiel c’est l’hôpital" dit alors Eric Boucourt. "On l’a bien vu pendant la crise. Néanmoins le centre de santé permettra de le soulager un peu sur la bobologie, d’éviter d’aller aux urgences pour des petites choses qui peuvent être prises en charge. Bien sûr tout est difficile, mais je m’engage, je le ferais parce que je connais le mode d’emploi qui n’est pas si évident que ça, et je pense qu’il faut le faire assez vite".

Comment organiser la solidarité

Pour évoquer la solidarité, Fabien Gandilhon qui conduit le débat évoque le dossier du temps périscolaire dont s’empare Abdelhraman Meftah, qui faisait partie de la majorité sortante.

"Ça commence par les écoles" dit-il "par le bâti, rénover les écoles c’est primordial. On a déjà rénové une école sur le mandat qui s’achève, la priorité, c’est d’en rénover une voire deux sur le prochain mandat et à terme rénover toutes nos écoles. Ça passe aussi par tout ce qui est périscolaire, les activités… A la rentrée on va passer à la semaine de 4 jours, on était sur 4 jours et demi et il va falloir trouver et proposer des activités pour le mercredi matin, voire le mercredi après-midi, bien sûr en harmonie avec le tissu associatif, sportif pour que les associations qui travaillaient avec la collectivité au sein des TAP ne se retrouvent pas sur le carreau et pour que les parents trouvent des activités. On était pour le maintien des 4 jours et demi, on a consulté, la démocratie s’est exprimée, les parents, le corps enseignant a préféré passer à 4 jours, dont acte. Maintenant on va accompagner".

Pour Stéphane Rodier :" La solidarité, c’est une vision transversale. On a parlé des écoles évidemment, il faut parler du centre d’action social qui est en train de sortir de terre, c’est un projet ambitieux qui demande à refondre toutes les politiques sociales de la ville. Nous avons un CCAS qui a vocation à s’améliorer et être le navire amiral des politiques sociales sur la ville. Nous avons un certain nombre de chantiers d’insertion, des projets de territoire zéro chômage. Cet ensemble doit être structuré. J’avais commencé à le faire lorsque j’étais adjoint. La ville de Thiers est très touchée d’un point de vue social. Nous avons un revenu médian très bas, 15 000 euros pour l’ensemble des familles, sur le Puy-de-Dôme nous sommes à 20 000 euros. Il y a des enjeux majeurs encore plus depuis que la crise est arrivée. Nous avons des réponses à apporter immédiatement, c’est un engagement que je prends".

"Notre programme s’appelle « Mieux vivre à Thiers pour tous au quotidien », ce n’est pas un slogan c’est tout le programme qui est construit autour de cela" dit Eric Boucourt. "Et notamment bien sûr à partir des plus fragiles : petite enfance, jeunesse, beaucoup de besoins qui ont moins de moyens pour y répondre, le grand âge, les inactifs, l’insertion sociale, professionnelle évidemment. J’ai consacré 30 ans de ma vie à ce sujet et eu l’occasion de m’y impliquer. Et aussi soutenir le tissu social notamment associatif. Nous prévoyons une aide exceptionnelle en plus de ce qui a été budgété et une méthode qui est l’écoute, de travailler avec les autres, pas de penser à leur place".

 

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