Rentrée littéraire : «La dernière fois que j’ai vu Adèle», d’Astrid Eliard

© MAXPPP
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Quand Marion reconnait les yeux de sa fille qui a récemment disparu derrière le hidjab dans un reportage TV relatant un attentat en plein Paris, sa vie bascule. 

Par Franck Giroud

Ne cherchez pas de réponse à la question : «Pourquoi Adèle est partie à Raqqa en Syrie ?». Là n’est pas vraiment la démarche d’Astrid Eliard dans son roman qui souligne l’incompréhension que soulève bon nombre d’engagements de jeunes Français dans la folie meurtrière de Daech.

Ce livre nous entraine dans ce processus d’incompréhension aux côtés de la mère d’une adolescente parisienne. Lorsque Marion constate la disparition d’Adèle, 16 ans, commence pour elle un long chemin d’interrogation. Et lorsqu’un attentat commis par Daech au forum des Halles à Paris tue 25 personnes, elle craint que sa fille soit l’une d’entre elles. Mais tout bascule à la vue d’une image de vidéo-surveillance du lieu captant un regard sous un hidjab. Celui de sa fille.
 

Adèle  est devenue Hasna

Cette image change évidemment le destin de celle qui devient malgré elle, la mère d’Adèle devenue Hasna Bellaouar complice d’attentat pour l’opinion publique. Elle va jusqu’à se dire «les choses ne seraient-elles pas plus simples si elle avait perdu Adèle pour de bon ?».

Astrid Eliard ne fait pas de commentaire, ne porte pas de jugement. Elle nous soumet avec humanité cet état de fait. Elle nous invite à partager le cheminement de son personnage et de ceux qui ont côtoyé la jeune fille juste avant son basculement. Marion, cette mère digne d’une fille indigne pourra-t-elle comprendre ? Pourra-t-elle pardonner ? Ne cherchez pas de réponses à ces questions dans le récit mais elles vous tarauderont une fois le livre refermé.


« La dernière fois que j’ai vu Adèle » d’Astrid Eliard, éditions Mercure de France

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