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Reprise des librairies Chapitre: A Grenoble, le directeur d'Arthaud suspend son offre... pour l'instant

Jean-Christophe Cantin, directeur d'Arthaud / © France 3 Alpes
Jean-Christophe Cantin, directeur d'Arthaud / © France 3 Alpes

Si tout allait comme il voulait, il avait promis une reprise pour le 15 novembre. A la veille de cette échéance, Jean-Christophe Cantin n'est plus sûr de rien. L'actuel directeur de la librairie Arthaud de Grenoble s'est même demandé s'il n'allait pas jeter l'éponge. Un homme amer témoigne.

Par Franck Grassaud

Jean-Christophe Cantin n'accepte plus les interviews en face-à-face. Le repreneur potentiel de la librairie Arthaud lance simplement des mots par téléphone, "comprenez, je suis redevenu un simple salarié." Cette phrase en dit long sur son état d'esprit: "tout est suspendu!". Que s'est-il passé entre ce jour de fin septembre, date à laquelle le directeur se montrait optimiste, et aujourd'hui?

Il y a eu beaucoup de mauvaise foi"


"Il y a eu beaucoup de mauvaise foi de la part des organisations syndicales", explique Jean-Christophe Cantin, "elles ont dénoncé mon projet de reprise, parlant d'une idée pas construite, pas financée et dont l'objectif final aurait été de licencier un maximum de personnes." L'amertume du directeur s'entend, "n'oublions pas que mon projet prévoyait de maintenir 43 salariés sur 46."

Toujours selon le potentiel repreneur, des experts envoyés par le groupe Chapitre auraient passé le projet au peigne fin et leurs conclusions auraient été très favorables: "même en ces temps de concurrence d'internet, ils ont estimé le projet viable."

 / © France 3 Alpes On le sait depuis l'annonce du plan social de Chapitre, visant à fermer ou céder des librairies en France, les syndicats auraient préféré un repreneur "global" pour l'ensemble des boutiques. 

En attendant, les organisations semblent jouer la montre. Ce jeudi 14 novembre, David Lucchetti, salarié chez Arthaud et délégué CGT, était d'ailleurs à Paris pour un nouvel épisode judiciaire. Le CE a attaqué, en référé, Chapitre sur le déroulement du plan social, les salariés n'étant pas assez informés, au goût des représentants. C'est ce référé qui a ralenti la reprise du site grenoblois d'après Jean-Christophe Cantin.



Une ambiance tendue


Dans ce contexte, l'ambiance n'est pas au beau fixe au magasin de Grenoble. Les relations sont extrêmement tendues entre une partie des salariés et les représentants syndicaux. Avec la suspension du projet de reprise, certains estiment que l'établissement "n'a jamais été aussi proche de la fin." Ils attendaient la date du 15 novembre avec impatience. A la veille des fêtes de fin d'années, un "redémarrage" à cette période aurait été salutaire. D'autant que certaines maisons d'édition refusent de livrer les librairies Chapitre depuis quelques semaine, échaudées par le cas "Virgin". Des comptes chez des éditeurs sont d'ailleurs gelés depuis plus de 10 jours.

Le point sur la reprise de la librairie Arthaud
Intervenantes : Claire Criscuolo, salariée de la librairie Arthaud; Clémence Devingre, salariée de la librairie Arthaud déléguée CGT / Elue au CE

La division est telle parmi les salariés, qu'une employée a adressé une lettre ouverte aux syndicats. Elle y explique que "la situation est dramatique. Le groupe va à la faillite. Quelle est votre stratégie aujourd’hui pour sauver les emplois? Vous êtes élus, vous nous représentez,  vous œuvrez en notre nom."


Dans un dernier élan, le directeur avoue quand même: "tout est suspendu, mais je n'abandonne pas totalement." Jean-Christophe Cantin remet son projet à plus tard. Le printemps lui semble une nouvelle période idéale, à la veille d'une importante pointe dans l'activité avec les ventes estivales. Il lui faudra encore convaincre les banques pour trouver 500.000 euros.

L'échéance que s'est donnée la direction de Chapitre est désormais juin 2014. Passé cette date, des boutiques auront été rachetées, d'autres se seront avérées rentables et demeureront dans le groupe et d'autres enfin fermeront. 

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