Accident de trottinette : le procès du chef d'entreprise qui a rendu tétraplégique une nonagénaire

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Écrit par Camille Belsoeur .

Un chef d'entreprise était jugé au palais de justice de Lyon jeudi 27 octobre pour avoir renversé avec sa trottinette une nonagénaire devenue tétraplégique suite à l'accident. "Notre maman nous a dit qu'il fallait que cet accident serve à quelque chose", a dit une fille de la victime.

C'est un accident qui a cloué Manou Bouchet, une Lyonnaise âgée de 96 ans au moment des faits, dans un lit d'Ehpad. Renversée le 23 juin 2021 sur la place Bellecour à Lyon par un homme à trottinette, la vieille femme est devenue tétraplégique suite au choc. 

Le chef d'entreprise qui a renversé la nonagénaire était jugé au palais de justice de Lyon jeudi 27 octobre. L'enquête a montré que le chauffeur était en tort après avoir grillé un feu rouge destiné aux vélos. Le procureur a requis quatre mois de prison avec sursis. Mais l'homme risque surtout de devoir rembourser intégralement les sommes versées par le Fonds de garantie des victimes à Manou Bouchet, car il n'était pas assuré pour piloter une trottinette. 

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Accident de trottinette : le procès du chef d'entreprise qui a rendu tétraplégique une nonagénaire ©France 3 Lyon

Jusqu'à 100 000 euros à rembourser

"L'auteur de l'accident n'était pas assuré. Il va devoir rembourser l'ensemble des sommes qui sont versées à la victime. Les sommes peuvent être colossales et atteindre jusqu'à 100 000 euros", a prévenu l'avocat de la famille de la victime, Me Marlène Druilhe. 

Mais plus qu'une histoire d'argent, la famille de la nonagénaire a dit vouloir ce procès pour que la question du danger que représente l'usage des trottinettes sur la route soit abordée. "Notre maman nous a dit qu'il fallait que cet accident serve à quelque chose. Cela fait un an que ça s'est passé et il y a toujours autant d'incivilités", a confié une fille de la victime. 

L'avocate du prévenu a pour sa part confié que son client était rongé par les remords. "Cela le hante. Ce n'est pas un chauffard. Il n'a jamais été condamné, jamais eu d'accident. C'est une faute d'inattention et il se projette beaucoup en disant : "et si ça avait été mes parents"? ", raconte Me Laurence Bornens. 

Le jugement sera rendu le 28 novembre. 

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