Les élus écologistes de Francheville demandent la démission du maire Michel Rantonnet qui selon eux "agit contre les intérêts de la ville"

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Écrit par Sandra Méallier .

Les élus du groupe "Francheville Respire" réclament rien moins que la démission du maire, Michel Rantonnet. Ils réagissent au refus de l'édile d'accorder une autorisation de travaux qui gèle l'ouverture d'un hôtel d'insertion sur le site de l'ancien Hôpital Charial, rebaptisé les "Grandes voisines".

"Une opposition municipale n'a pas beaucoup de pouvoir, si ce n'est de crier fort pour se faire entendre, alors nous crions très fort", explique Cyril Kretzschmar, élu écologiste à Francheville. Le groupe "Francheville respire" somme le maire de démissionner, lui reprochant, dans un communiqué de presse, d'agir "contre les intérêts de la ville".

Le motif de leur colère : le refus de Michel Rantonnet de délivrer une autorisation de travaux qui suspend l'entrée en activité de l'hôtel "Le grand Barnum", projet d'une vingtaine de chambres qui prévoit d'engager du personnel en réinsertion professionnelle.

Point important, l'établissement se situe sur le site des "Grandes voisines", un tiers-lieu qui réunit des initiatives culturelles et des entreprises de l'économie sociale et solidaire autour d'un centre d'hébergement d'urgence. Le foyer logement abrite près de 500 migrants depuis la réquisition, en 2020, par la Préfecture du Rhône, de l'ancien hôpital Charial, propriété des Hospices civils de Lyon. 

 Une maison de santé...

Le maire de Francheville a tenté, sans succès, de s'opposer à cette décision étatique. Et depuis, selon ses opposants, "tout est bon de sa part pour mettre des bâtons dans les roues de ce projet". 

Michel Rantonnet s'appuie sur 24 points techniques et de sécurité pour refuser son aval, même si les travaux ont en fait déjà été réalisés avant même l'obtention d'une autorisation. Il entend empêcher l'extension d'une occupation qui a contrarié ses propres projets. "Pendant la campagne pour ma réélection, j'avais promis l'installation d'une maison de santé sur ce site", déclare-t-il. "Une convention m'en empêche jusqu'en 2023 et elle est renouvelable pour 3 ans de plus... De quoi enterrer toute possibilité de lancer cette maison médicale dont la commune a besoin pour attirer généralistes et spécialistes."

Le maire ne cache pas qu'en empêchant l'ouverture de l'hôtel, il entame un bras de fer. Des discussions, dont on ignore la teneur, ont été entamées avec la Préfecture et la Métropole de Lyon.

... plutôt qu'un foyer pour migrants ?

L'opposition écologiste, enthousiasmée, quant à elle, par les "Grandes voisines" et leur mission d'inclusion et de rapprochement entre migrants et habitants (au travers de concerts, d'un festival des solidarités internationales, d'activités artisanales, etc...) condamne le positionnement du maire. Elle y voit un acharnement et ne mâche pas ses accusations : "Monsieur Rantonnet ne semble pas supporter la présence de migrants sur sa commune", lit-on dans leur communiqué.

Le premier magistrat s'en défend, avançant d'autres arguments, comme la concurrence faite aux hôtels de la commune par un établissement rénové grâce à de l'argent public et dont la gestion est assurée par l'Armée du Salut. Il renvoie désormais vers l'Etat "passé en force", selon lui, pour trouver une issue au bocage.

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