Comment l'association chambérienne Mountain Riders veut arriver à une "montagne zéro déchet" à horizon 2030

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Les chasseurs de déchets des montagnes, dits Mountain Riders, de Chambéry, et la métropole du Grand Lyon font partie des 18 porteurs de projets retenus en France pour lutter contre les déchets abandonnés. Ils vont se partager une enveloppe de financement d'un million d'euros.

"Que ses causes résultent de l'incivisme, de leur dispersion sur les territoires par les animaux ou de leur dispersion par des phénomènes météorologiques, il y a urgence à lutter contre les emballages abandonnés car leur effet est désastreux pour la planète".

L'appel au secours lancé par la société Citeo, l'association des maires de France et de l'Office français de la biodiversité s'est traduit par un appel à manifestation d'intérêt en date de septembre 2021.

Extension de "l'obligation de recyclage aux déchets abandonnés": en janvier prochain

"Les projets lauréats doivent permettre de faire émerger des actions efficaces contre les pollutions générées par ces déchets sauvages", explique Sophie Fabre, Directrice réemploi et nouveaux services de Collecte de la société Citeo, (un acteur central de la gestion des déchets générés par les emballages en France. Citeo travaille avec un réseau de 30 000 entreprises du secteur).

  "D'autant qu'il nous faut anticiper un changement de réglementation qui sera effectif dès janvier 2023. C'est à cette date que la REP (responsabilité élargie des producteurs d'emballages ménagers, ndlr) sera élargie à la lutte contre les déchets abandonnés."

De ce point de vue, l'association Moutain Riders a une certaine expérience à faire valoir sur la collecte en zone de montagne. 

Depuis plus de 20 ans, c'est de Chambéry, où Mountain Riders a installé son siège social et son équipe de 10 salariés (et 80 bénévoles), que l'association pilote ses neuf antennes en France et au Canada. Les Alpes, bien sûr, mais tous les autres massifs français ont également reçu leurs visites à raison d'une 60aine de collectes organisées chaque année.

Le projet primé fait, bien sûr, encore et toujours, la chasse aux déchets sauvages abandonnés en terre montagnarde. Mais pas seulement. 

4 sites retenus dans les Alpes et les Pyrénées

"Ramasser ne suffit plus," explique Emilie Maisonnasse, la responsable du pôle "montagne zéro déchet" chez Mountain Riders. Ce nouveau projet va nous permettre de franchir un nouveau cap. Désormais, on va pouvoir former les stations à organiser leurs propres collectes. D'abord, en identifiant les déchets collectés, (que ce soit des rondelles de bâtons de skis, des masques...), et puis on va aller voir les acteurs locaux, qu'ils soient aux remontées mécaniques ou commerçants de matériels et on va travailler avec eux pour des trouver des solutions qui nous permettrons in fine de réduire ces déchets à la source".

Quatre sites de montagne ont été pré-identifiés, dans les Alpes et les Pyrénées. Dans les alpes: Val d'Isère, Lans en Vercors et Valberg dans les alpes maritimes. Dans les Pyrénées: Font Romeu. 

Il s'agit également de renforcer les territoires pour prévenir cette pollution avec la création de zones "zéro déchet sauvage" en front de neige de stations. En communiquant davantage avec le grand public, grâce notamment à des ambassadeurs du tri, des brigades vertes, et des organisations locales de ramassage.

"Les objectifs du projet de Moutain Riders s'inscrivent parfaitement dans ce que nous recherchons pour aborder la période qui s'ouvrira l'an prochain. En janvier 2023, la charge de la collecte, du nettoiement et de la prévention de ces déchets devra être financée par les entreprises productrices ", commente pour sa part, Sophie Fabre de Citeo.

Comprendre, diagnostiquer et sensibiliser: un triptyque au coeur du projet des Montain Riders chambérien et qui leur a valu d'être sélectionnés parmi 25 dossiers candidats.

"Notre ambition est d’avoir une montagne zéro déchet à horizon 2030", explique encore Emilie Maisonnasse. "Et les presque 50 000 euros que nous avons reçu grâce à cet Appel à Manifestation d'Intérêt (AMI)  vont nous donner un sacré coup de boost!"

Le compte à rebours est donc enclenché pour l'association chambérienne qui est dans les starting-blocks, dans l'attente de la fermeture des stations. Le bon coup de pouce enregistré en ce printemps 2022 ne sera pas de trop pour nettoyer nos montagnes de déchets sauvages, par définition difficiles à capturer. 

Trois lauréats en Auvergne-Rhône-Alpes

Aux côtés de l'association savoyarde, la métropole du Grand-Lyon a également été retenue. Son projet : une étude pour mieux comprendre la présence d’une quantité importante de déchets diffus sur les bas-ports de Saône à Lyon (1er et 2ème arrondissements), évaluer la part valorisable de ces déchets et mener une opération expérimentale pour réduire leur présence.

Enfin, le projet de la ville de Montélimar pour lutter contre les dépôts sauvages a également été retenu. Par l’installation et le monitoring de dispositifs de vidéosurveillances intelligents, on pourra détecter les dépôts sauvages et extraire automatiquement une séquence vidéo de l’incident pour la transmettre à la police municipale en vue d’une verbalisation.