Coronavirus Covid 19 : les cliniques privées de Lyon livrées en masques et en gel, mais blouses et lunettes manquent

Des masques de protection et du gel hydro-alcoolique sont enfin parvenus aux cliniques de la région lyonnaise, qui les demandaient depuis le début de la crise. En revanche, le stock de blouses, lunettes et autres consommables part très vite.

Des masques de protection et du gel hydro-alcoolique sont enfin parvenus aux cliniques de la région lyonnaise, qui les demandaient depuis le début de la crise. En revanche, le stock de blouses, lunettes et autres consommables part très vite.
Des masques de protection et du gel hydro-alcoolique sont enfin parvenus aux cliniques de la région lyonnaise, qui les demandaient depuis le début de la crise. En revanche, le stock de blouses, lunettes et autres consommables part très vite. © Alain Delpey/MaxPPP
Depuis ce mercredi 18 mars au matin, des masques sont arrivés dans les établissements hospitaliers et dans les cliniques privées participant au schéma régional de soins hospitaliers qui jusque là n'en avaient pas. 

A la clinique du Val d'Ouest, à Tassin-la-Demi-Lune, c'est un soulagement pour le personnel médical et les soignants : ces derniers sont en contact constant avec les patients de tous les services, ils peuvent donc être confrontés à des malades porteurs sains, non détectés.

Des bidons de gel hydro-alcoolique ont également été livrés en grand nombre nous confirme-t-on. Du côté des cabinets de ville, le Conseil de l'ordre des médecins a indiqué que des masques étaient à la disposition des praticiens. Il leur convient d'aller les chercher au siège du conseil.
 

Equipements jetables :"nous n'avons même pas de quoi tenir une semaine"

En revanche, les équipements spécifiques aux protocoles de prise en charge des patients atteints du covid 19, manquent cruellement.

Nous n'avons même pas de quoi tenir une semaine. Habituellement, ce sont des équipements (blouse, surblouse,lunettes et masque hermétiques, éléments jetables, etc.) que nous utilisons que très rarement, une fois ou deux par an, et encore sur une semaine


explique le Dr Etienne Fourquet, médecin anesthésiste -réanimateur au Val d'Ouest, et responsable du Syndicat des médecins spécialisés libéraux.

Or les patients du covid 19 sont à haute charge virale, rappelle le médecin.

Certains gestes ou soins, intubation, extubation, ventilation, aspiration trachéale, peuvent avoir lieu plusieurs fois par jour. Parfois il faut plusieurs intervenants pour les réaliser. Et à chaque fois, c'est un équipement complet qui est nécessaire pour chaque soignant ! 

... et une infirmière en réanimation de préciser : "ne serait-ce que tourner un patient pour un soin, ce sont trois personnels qui doivent disposer d'un équipement neuf"  (suite après la photo)
 
"Nous n'avons même pas de quoi tenir une semaine" explique le Dr Etienne Fourquet, médecin anesthésiste -réanimateur au Val d'Ouest, et responsable du Syndicat des médecins spécialisés libéraux.
"Nous n'avons même pas de quoi tenir une semaine" explique le Dr Etienne Fourquet, médecin anesthésiste -réanimateur au Val d'Ouest, et responsable du Syndicat des médecins spécialisés libéraux. © DR
 

8 lits réservés pour les malades du coronavirus

Dans la clinique, 8 lits ont été libérés en vue de l'accueil de patients atteints du covid 19. Quatre ont été pris au sein de l'Unité de soins continus. Quatre autres sont en fait des lits de salle de réveil transformés. (suite après la photo)
 
Dans la clinique du Val d'Ouest, 8 lits ont été libérés en vue de l'accueil de patients atteints du covid 19. Quatre ont été pris au sein de l'Unité de soins continus. Quatre autres sont en fait des lits de salle de réveil transformés.
Dans la clinique du Val d'Ouest, 8 lits ont été libérés en vue de l'accueil de patients atteints du covid 19. Quatre ont été pris au sein de l'Unité de soins continus. Quatre autres sont en fait des lits de salle de réveil transformés. © DR


Les flux ont été inversés pour aboutir à des chambres "basse pression", où il est possible désormais d'intuber et ventiler un patient en toute sécurité. Mais pour l'heure, ils sont vides. "Les CHU absorbent pour l'instant. Mais plus on va se rapporcher du pic de l'épidémie, plus on risque d'avoir du monde également", fait savoir le médecin réanimateur.

Sur la quinzaine de médecins réanimateur du Val d'Ouest, un certain nombre sont dès à présent en disponibilité pour renforcer les équipes des CHU.
 

Quid de la chirurgie d'urgence et de la maternité ?

Dans cette clinique qui comporte un service maternité conséquent, des consignes strictes ont été prises vis-à-vis des futures mamans. Elles sont invitées à rester chez elles.

Les téléconsultations ont pris la relève, via Skype ou les cabinets privés. Dans la quasi-totalité des cas, les examens cliniques sont remis à plus tard. Ils seront pratiqués le jour d'arrivée de la parturiente pour son accouchement.

La chirurgie d'urgence, quant à elle, continue de fonctionner "normalement". Seules, mais elles sont nombreuses, les opérations programmées et non vitales sont reportées à plus tard.

 
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