Coronavirus : l'hôpital militaire de Lyon accueillera bientôt l'appareil d'analyses Covid à haut débit

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Écrit par Béatrice Tardy/CC

2400 tests pourront être analysés par jour à Lyon, grâce à la première des machines à haut débit. Implantée dans un premier temps au service virologie de l'hôpital de la Croix Rousse, il sera rapidement transféré à l'hôpital militaire Desgenettes. Explications et interview du Général Kaiser.
 

Dans son allocution du lundi 13 avril au soir, Emmanuel Macron a annoncé que des milliers de personnes, et en priorité les soignants et les résidents des Ehpad, pourraient bientôt être dépistées. Ce dépistage à grande échelle va désormais pouvoir être possible, à Lyon notamment.

Une réalité grâce à la commande en Chine d’une vingtaine d’automates capables d’analyser, en une journée, des milliers de tests PCR, qui permettent de rechercher le virus par prélèvement dans le nez.
 

Un premier appareil à l'Hôpital de la Croix-Rousse à Lyon

La première de ces machines est arrivée il y a une dizaine de jours à l’hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon, dans le service de virologie. Elle est aujourd’hui prête à fonctionner.

« C’est la première à être fonctionnelle en France, il nous a fallu plusieurs jours pour sa mise en route, et nous assurer de sa fiabilité » explique Bruno Lina, virologue, chef du laboratoire de Virologie Est des Hospices Civils de Lyon.
 

2400 tests par jour

« Cette machine analysera 2400 tests PCR par jour, et uniquement des tests PCR. Pour l’instant, elle est la seule à être déployée, il n’a pas encore été décidé si notre région aura une deuxième machine à très haut débit d’analyse comme celle-ci ».

2400 tests, un chiffre qu’il faut comparer, par exemple, aux 400 tests PCR que peut réaliser chaque jour l’un des plus gros laboratoires privés de Lyon. Cela donne la dimension exceptionnelle de cet automate et surtout son intérêt.

 

Un appareil ensuite déplacé à l'hôpital militaire

Reste à savoir si l’approvisionnement en réactifs sera suffisant pour garder une telle cadence à la Croix-Rousse, puis  à l’hôpital militaire Desgenettes à Bron (Métropole de Lyon). Car, il est effectivement prévu que la machine aujourd’hui installée à la Croix-Rousse y soit déplacée.

Ce premier automate est en effet un ensemble de machines, un mini laboratoire qui prend beaucoup de place.

Dans l’urgence, les Hospices civils de Lyon, gestionnaires des hôpitaux lyonnais, l’ont fait installer dans le laboratoire du service de Virologie de l’hôpital de la Croix-Rousse où il a fallu déplacer ailleurs les activités plus classiques de ce laboratoire. Une situation qui ne peut être pérenne.

C’est pourquoi les HCL ont cherché un autre lieu d’implantation de ce mini laboratoire COVID19. L’hôpital militaire de Desgenettes a été choisi. Explication avec le Général Kaiser, médecin qui dirige cet hôpital militaire.

Pourquoi ce choix, Général Kaiser ?
Quand les HCL se sont tournés vers nous, nous avons bien sûr répondu positivement. Nous avons un ancien laboratoire qui va pouvoir accueillir cet ensemble de machines pour traiter les analyses par milliers. Car il y a deux ans, notre activité de laboratoire a été transférée aux HCL, d’où cet espace vacant qui va nécessiter très peu de travaux.

Il n’aurait pas été plus simple que ce laboratoire PCR à haut débit soit directement installé à Desgenettes ?
Les HCL ont été choisis par l’ARS, l’Agence Régionale de Santé, et dans l’urgence ils ont réceptionné cet ensemble de machines à la Croix-Rousse, en toute logique dans le laboratoire virologie. Tout a été testé et cette semaine l’activité intense d’analyse va pouvoir démarrer. Les besoins sont aigüs. Et comme je vous le disais, nous avons très vite dit oui à une implantation pérenne sur notre hôpital militaire mais il nous faut réaliser quelques aménagements de notre ancien labo.

Quand le transfert pourrait-il avoir lieu ?
A Desgenettes nous serons opérationnels en terme d’analyses en juin. Donc ce transfert aura lieu probablement en mai.
Est-ce du personnel militaire qui travaillera pour assurer les 2400 analyses par jour ?
Non, c’est du personnel des HCL.

Réaliser autant d’analyses nécessite énormément de réactifs. Or, on sait qu’il y a une bataille au niveau mondial pour ne pas être en rupture de réactifs. Allez vous être engagé dans ce combat ?
Non, ce sont les HCL. Car l’Agence Régionale de Santé a choisi les HCL pour l’ensemble du fonctionnement.

Est-ce que tout un chacun pourra se rendre à Desgenettes pour être dépisté ?
Absolument pas. L’ensemble des tubes de la région seront collectés et amenés à l’hôpital militaire pour analyse. C’est un partenariat civilo-militaire. Au même titre que nous avons des anesthésistes réanimateurs militaires qui prêtent actuellement main forte à l’hôpital Edouard Herriot. Dans cette lutte contre le COVID19, c’est une situation très satisfaisante.
 
Le test PCR
Le test PCR, Polymerase Chain Action, est un prélèvement nasal, qui détermine à un instant T si le patient a ou n’a pas le COVID19.

Il se fait avec un écouvillon, une espèce de grand coton tige, qui est enfoncé dans le nez. Cet écouvillon est ensuite plongé dans un principe qui va réagir à la présence éventuelle du virus.

C’est un test qualitatif qui n’est pas sûr à 100 % car il dépend de la qualité du prélèvement et du moment où l’on prélève. Car la charge virale est notamment plus importante au début de la maladie.

Contrairement à une analyse de sang, le test PCR ne permet pas de dire si une personne est immunisée .